‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 106 sur 284 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

§ 1 . — Différenciation de l’épiderme et de l’appareil neurosensoriel. — « Une des plus importantes découvertes embryologiques récentes est le fait que le système nerveux central, chez tous les Métazoaires où il est pleinement développé, dérive (avec quelques exceptions douteuses) de l’épiblaste primitif. Comme nous avons déjà vu que l’épiblaste représente principalement l’épiderme primitif, le fait que le système nerveux dérive del’épiblaste implique que les fonctions du système nerveux central, remplies à l’origine par la peau toute entière, se sont graduellement concentrées dans une partie spéciale de la peau, qui s’éloigne progressivement de la surface pour devenir enfin, dans les types supérieurs, un organe bien défini, englobé dans les tissus sous-jacents » (Balfour).

Ainsi, l’épiblaste cumule à Torigine les fonctions d’organe de revêtement et d’appareil sensoriel. Les faits embryologiques que nous connaissons déjà et ceux qu’il nous reste encore à faire connaître montrent comment se dégagent l’une de l’autre les deux fonctions cumulées tout d’abord par un seul feuillet-organe, et comment les éléments de ce feuillet se différencient corrélativement dans deux directions divergentes. Les données anatomocomparatives ne sont pas moins instructives; aussi ne sera-t-il

pas sans intérêt de jeter tout d’abord un coup d’œil sur l’état de l’épiblaste chez les formes les plus inférieures des Métazoaires ; nous y trouverons le point de départ de la marche suivie dans l’évolution phylogénétique de lepiblaste.

On sait que les Cœlentérés (polypiers) sont construits sur le type d’une gastrula et présentent par conséquent deux feuillets, l’ectoderme et l’entoderme, séparés par une couche de peu d’importance, que l’on appelle un mésoderme. L’étude histologique des éléments de l’ectoderme a conduit aux résultats suivants.

Chez un Hydropolype, l’Hydre, on connaît depuis Kleinenberg l’existence, parmi les éléments ectodermiques, de cellules très remarquables par la présence dans leur portion basale ou profonde d’une libre musculaire; aussi ces cellules méritent-elles le nom d 'épithélio-musculaires (fig. 133). Bien plus, suivant Klei-

nenberg, leur partie superficielle, épithéliale, serait impressionnable par les influences extérieures, l’ébranlement reçu par elle se transmettrait directement à la partie profonde, musculaire, qui entrerait en action; de là le nom de « neuro-musculaires » imposé par Kleinenberg à des éléments, qui, cependant, ne méritent que celui d’épithélio-musculaires. Les.

recherches des auteurs qui ont suivi ont en effet montré qu’il existe des éléments nerveux ganglionnaires distincts, jouant le rôle de centres nerveux (Jickeli, C. Schneider) et que d’autre part les nombreuses cellules urticantes réparties dans l’ectoderme sont les éléments impressionnables du tégument (C. Schneider).

L’ectoderme d’un Anthozoaire, de l’Actinie, renferme à son tour, d’après les recherches de Heider et des Hertwig, des cellules sensorielles, neuro-épithéliales (fig. 134, en) disséminées entre les çellules de revêtement (ce). L’extrémité profonde de ces cellules émet des prolongements qui se continuent dans une couche fibrillaire nerveuse sous-jaccente (/). Celle-ci contient à son

Fig. 133. — Cellule tégumentaire épithélio-musculaire ( neuro-musculaire de Kgeinexberg) de l’Hydre (d’après C. Schneider).

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