‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 108 sur 284 · DIFFÉRENCIATIONS CELLULAIRES DANS LE SYSTEME NERVEUX · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCIATIONS CELLULAIRES DANS LE SYSTEME NERVEUX

pas cependant de paralléliser, dans la mesure du possible, l’ontogénie et la phylogénie, en indiquant à l’occasion les dispositions transitoires chez l’embryon, qui paraissent avoir une signification ancestrale.

§ 2. — Évolution et organisation générale de l’appareil neuro-sensoriel. Différenciation du système nerveux central et du système nerveux périphérique avec les organes des sens. — Pour devenir nerveuse, une cellule de l’ectoderme subit une certaine différenciation qui la rend capable de recevoir une impression extérieure, de transmettre ensuite, soit directement, soit indirectement rébranlement reçu à un organe le plus souvent musculaire et quelquefois électrique.

Dans le cas de transmission directe, la cellule nerveuse doit nécessairement modifier le mouvement qui lui a été imprimé pour le transformer en mouvement excito-moteur ou excito-électrique. Ce cas paraît très rare, si même il se réalise dans la nature ; car il ne pourrait être représenté que parles cellules épithélio-musculaires, qu’il faudrait alors supposer neuro-musculaires, comme dans l’hypothèse de Kleinenberg (fig. 137, A).

Le plus souvent, la transmission de la surface extérieure sen. sible, où siège la cellule nerveuse, à l’organe musculaire ou élec-r trique est indirecte, et se fait par l’intermédiaire d’une nouvelle cellule intercalée sur le trajet sensitivo-moteur. Cette cellule, qui est aussi d’origine ectodermique, diffère, entre autres caractères, des autres cellules nerveuses, par sa situation profonde. Elle peut porter le nom de cellule nervouse, auquel on ajoutera l’épithète de motrice , pour la distinguer de la cellule nerveuse première existante, la cellule nerveuse sensible ou sensorielle (fig. 137, B).

C’est là le cas qui, dans le paragraphe précédent, nous a été offert par l’Hydre, l’Actinie, le Lombric. Dès à présent, on comprend que la transmission pourra se faire de deux manières entre la surface sensible et l’organe musculaire, soit par continuité entre les différents composants de la chaîne cellulaire, soit par simple contact. Entre la cellule nerveuse sensorielle et la cellule nerveuse motrice on a supposé longtemps qu’il y avait continuité directe; et Hensen, dont Balfour adopta les vues, s’expliqua de la façon

suivante comment dans le développement pouvait s’établir celte continuité. Il supposa que les cellules sensorielle et motrice dérivent de la division d’une cellule mère commune, et que le protoplasma commun à ces deux éléments s’est étiré en une fibre unilive, reliant les deux cellules entre elles, la fibre nerveuse. Cette hypothèse ayant dû être abandonnée, on pensa ensuite (J. Gerlach, Golgi) que les connexions entre les deux cellules s’établissent par l’intermédiaire d’un réseau à mailles très fines et très serrées, dans lequel vient se terminer la fibre nerveuse émanée de la cellule sensorielle, le nerf sensitif en un mot, et par lequel la cellule motrice se met en rapport avec le nerf sensitif. Aujourd’hui, à la suite des recherches de Bis, Forel, Nansen, Ramon y Cajal, v. Kôlliker, v. Gehüchten, Waldeyer, etc., la transmission par contact ou même à distance est seule admise : un feutrage nerveux, le « neuropilème » de His a remplacé le réseau nerveux ; il n’y a plus d’anastomose nerveuse, mais seulement un entrelacement, aux confins de la cellule sensorielle et de l’élément moteur (1).

Quant aux connexions entre la cellule motrice et la celluleorgane musculaire, on peut se les représenter de deux manières différentes. On peut les considérer comme immédiateset primitives, en montrant, par l’étude du développement des terminaisons nerveuses motrices, que ces terminaisons, qui font directement suite à la fibre nerveuse motrice et par conséquent à la cellule correspondante, se développent aux dépens de la même substance que la cellule musculaire. Au contraire, les recherches de plusieurs auteurs et surtout de His ont fait voir : d’abord que la connexion neuro-musculaire est secondaire, parce qu’on voit le nerf moteur pousser son prolongement vers la cellule musculaire qu’il n’atteint que tardivement; ensuite que la connexion est médiate et se fait par simple contact entre la substance du muscle et celle du nerf (Mitrophanow) et non pas par fusion intime de l’une avec l’autre comme J. Gerlach l’avait admis.

En somme, la question doit plutôt être tranchée en faveur de la

(1) Golgi lui-même d’ailleurs a reconnu récemment que la continuité des conducteurs lu courant nerveux n’était pas une condition sine quâ non du passage de ce courant ; >1 regarde comme oiseuse la question de savoir s’il y a entre les éléments nerveux un lacis très serré de fibrilles non anastomosées ou un oc réseau nerveux diffus )).

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