CELLULES SENSIBLES ET MOTRICES
transmission par contact, dans tous les points du trajet sensitivomoteur.
Le schéma G (côté gauche) s’applique particulièrement aux Vertébrés, et représente un stade hypothétique, soit embryonnaire, soit philogénétique, de l’évolution de leur système nerveux. Les cellules ectodermiques qui sont destinées à devenir nerveuses, réunies en une bande compacte, s’invaginent en masse et acquièrent ainsi une situation profonde, prenant part à la formation d’un organe plein ou creux que nous avons appris à connaître sous le nom de cordon ou tube nerveux et dont nous avons étudié la première apparition dans le tome I de cet ouvrage. Les cellules sensorielles (c s) appartiennent à la région de transition entre l’ectoderme tégumentaire (épiderme) et l’ectoderme nerveux (tube ou cordon nerveux). Les cellules motrices sont situées au fond même de l’invagination, d’où elles poussent peu à peu leur prolongement vers les cellules musculaires du mvotome.
Les cellules sensorielles ne demeurent ordinairement pas en cette situation ; mais le plus souvent elles émigrent, elles aussi, dans la profondeur, demeurant en connexion avec la surface par un prolongement périphérique, tandis que leur prolongement central s’enfonce dans l’axe nerveux pour se mettre en rapport avec la cellule motrice. Devenues ainsi profondes, les cellules sensorielles forment un organe des sens profond, un ganglion, et peuvent être appelées ganglionnaires [C, csg à droite) (l). Il arrive souvent dans ce cas, que, pour suppléer dans une certaine mesure à l’insuffisance sensible d’un organe aussi profondément situé que l’est le ganglion, les prolongements périphériques des cellules ganglionnaires sont protégés et renforcés par des cellules ectodermiques spécialement différenciées, qui correspondent aux soi-disant cellules sensorielles (D, à droite).
Deux modifications nouvelles amènent encore un perfectionnement et une complication de plus (schéma D).
(1) On observe une migration semblable des cellules sensorielles disséminées à la surface du tégument chez quelques Invertébrés (Nereis, Limaciens) étudiés par Eetzius à l’aide de la méthode de Golgi. Ces cellules sensorielles profondes, pareilles aux cellules ganglionnaires des Vertébrés, présentent comme celles-ci deux prolongements, l’un central, l’autre périphérique de forme ' parfois très particulière.
L’une consiste en un changement de situation des cellules sen-
Fig- 137. — Schémas représentant la complication et le perfectionnement graduels du système nerveux s'opérant
en quatre stades principaux.
A. Stade le plus primitif. Cellules épithélio-musculaires (neuro-musculaires de Kleinenberg) . — B. Apparition, parmi les cellules épithéliales ordinaires c e, de cellules sensorielles c s, de nature nerveuse ; connexion de celles-ci avec une cellule profonde, d’origine ectodermique, nerveuse également cm; celle-ci ou cellule-motrice anime par un prolongement fibrillaire nerveux la partie contractile d’une cellule épithélio-musculaire cep. — C. Formation d’un système nerveux central (gouttière nerveuse ou médullaire) contenant les cellules nerveuses motrices c m qui vont animer les éléments musculaires desmyotomes ml à gauche de la figure es sont des cellules sensorielles qui demeurent au niveau de l’épiderme; à droite ces cellules se sont enfoncées profondément et sont devenues des cellules sensorielles ganglionnaires, c s g dont l'ensemble forme un ganglion ; dans l’un et l’autre cas ces éléments sont en connexion avec les cellules motrices par des prolongements nerveux flhrillaires. — D. A gauche, on retrouve les cellules sensorielles ganglionnaires du schéma précédent, mais à leurs extrémités périphériques se sont annexées des cellules sensorielles accessoires es a; à droite, quelques-unes des cellules sensorielles es sont restées dans letractus épidermique, les autres csg ont gagné la profondeur et représentent des cellules sensorielles ganglionnaires ; les cellules motrices cm, qui innervent les éléments des myotomes m , ne sont plus, comme dans le cas précédent, directement réunies aux cellules sensorielles, mais indirectement par l’intermédiaire d’une cellule nerveuse centrale en s, appelée cellule nerveuse sensitive.