‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 111 sur 284 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Généralités et premiers temps du développement du système nerveux central.

§ 1. — Le tube nerveux ou médullaire. Constitution générale et signification morphologique. — Le système nerveux central se présente, ainsi qu’il est dit au tome Ier de cet ouvrage (p. 137), d’abord comme un épaississement, puis comme une invagination de l’ectoderme, le plus souvent creuse (gouttière nerveuse), quelquefois pleine (cordon nerveux).

La gouttière nerveuse se ferme ensuite en un canal ; le cordon nerveux se creuse d’une lumière.

Dans les deux cas, le résultat final de ce processus sur lequel nous ne reviendrons pas, est un tube nerveux ou médullaire.

Le tube nerveux s’étend longitudinalement, suivant l’axe de l’embryon. Il est recouvert

par l’épiderme, du côté dorsal; du côté ventral, il est contigu à

Fig. 138. — Coupe transversale du tube médullaire d’un embryon humain de 4 semaines (d’après His).

On distingue supérieurement la plaque recouvrante, inférieurement la plaque basale, toutes deux amincies ; de chaque côté, on voit les plaques latérales très épaisses. — Rp, racines postérieures. — Ra, racines antérieures. Dans la moitié droite de la figure, la couche engainante a été seule représentée; la plaque interne a été négligée.

DÉVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL

la corde dorsale. Sa forme générale est celle d’un cylindre creux comprimé latéralement, de telle sorte que sa lumière est beaucoup plus étendue dans le sens dorso-ventral que transversalement. Les parois du tube sont d’épaisseur très inégale. La paroi dorsale, qui résulte de l’occlusion des lèvres de la gouttière médullaire, est très mince; elle s’appelle plaque du toit on plaque recouvrante (His) (fig. 138). La paroi ventrale (qui peut être à son tour considérée théoriquement comme due à l’oblitération d’une tissure ventrale longitudinale intéressant le fond de la gouttière médullaire) est également amincie; on la nomme plaque du fond ou plaque basale (His). Les parois latérales, au contraire, sont épaisses et font saillie dans la lumière du tube. De cette disposition il résulte que, sur la coupe transversale, l’axe nerveux apparaît composé de deux moitiés parfaitement symétriques, représentant les parois latérales du tube médullaire, réunies par deux étroites commissures, qui forment les parois dorsale et ventrale du tube.

Nous avons maintenant quelques considérations à présenter, relativement aux deux propositions précédentes, savoir d’abord la constitution du système nerveux par deux moitiés symétriques, puis la nature et la signification des deux commissures.

1° Bien que le tube nerveux passe habituellement pour une formation impaire, on doit le considérer comme présentant typiquement une constitution bilatérale. Cela résulte de trois faits principaux d’ordre différent. En premier lieu, ainsi que l’anatomie embryonnaire vient de nous l’apprendre, la forme du tube nerveux définitivement constitué est manifestement bilatérale, à cause de l’importance de ses parties latérales (parois latérales) et de la réduction de ses portions axiales et juxta-axiales (parois dorsale et ventrale). Ensuite, l’étude de la genèse du tube nerveux nous montre que l’épaississement ectodermique nerveux, la plaque médullaire, qui doit s’incurver en gouttière puis se reployer en un tube, est une formation plus ou moins nettement paire, et dans quelques cas (Amphibiens,par exemple, jusqu’à l’évidence. Enfin la constitution paire et bilatérale du tube médullaire est un des résultats fournis par la tératogénie de cet organe ; elle ressort en effet de la constatation, faite par O. Hertwig sur des larves monstrueuses d’Amphibiens, de la disjonction du système nerveux central en deux moitiés parallèles.

On est alors tenté de rapprocher cette conformation bilatérale primitive, qu’offre l’axe nerveux des Vertébrés, de celle qui caractérise le système nerveux central ou chaîne ganglionnaire des Annélides.

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