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HISTOGENÈSE DE LA CELLULE NERVEUSE

cette expression au sens de Hensen ; c’est-à-dire qu’en réalité il n’y a qu’une simple couche de cellules; mais les renflements nucléés sont situés pour les différentes cellules à diverses hauteurs, d’où l’apparence stratifiée. Les extrémités interne et externe de ces cellules se confondent en une membrane, que l’on distingue respectivement en membranes limitantes interne et externe; celle-ci est la membrana prima de Balfour et de Hensen, ou « membrane basale » séparatrice de l’ectoderme et du mésoderme ; celle-là a été considérée par Renaut comme une « cuticule ».

De très bonne heure on observe qu’entre les parties les plus internes des cellules épithéliales sont situées des cellules rondes (fîg. 163, c#),,dont les noyaux présentent des figures que l’on a pu aisément, malgré leur aspect parfois bizarre» identifier aux figures caryocinétiques habituelles.

Ces figures ont été aperçues pour la première fois par Altmann. Depuis lors, plusieurs travaux se sont succédé sur cette question et ont montré chez différents animaux la division caryocinétique de ces cellules. Il faut ici citer Vignal (Mammifères et aussi Poulet et Sélaciens), Merk (Reptiles), Rauber (Grenouille), Vignal, His (Homme), Lahousse (cervelet du Lapin et du Poulet), Bürckhard (Triton), Lachi (Poulet), Valenti (Sélaciens), Herrick (Poissons osseux), et accessoirement Pfitzner (Salamandre), Uskow (Poulet, Lapin, Saumon), Koganei (rétine). Les figures caryocinétiques sont d’abord limitées, comme Altmann et Uskow l’ont reconnu les premiers, à ces cellules rondes qui sont situées tout à fait contre la lumière du tube médullaire, entre les cellules épithéliales ; peur Altmann du reste, ce fait n’est que l’application particulière d’une loi générale, d’après laquelle les divisions indirectes s’observent dans la couche extérieure de l’ectoderme ou de l’entoderme, la plus éloignée du mésoderme. Cette couche de cellules, étant en voie dÙncessante division, représente donc la partie la plus jeune et en même temps la

Fig. 163. — Paroi du tube médullaire d'un embryon de Lapin de 8 j. 1/2.

cg, cellules germinatives. — sp, spongioblastes.

HISTOGENÈSE DU SYSTEME NERVEUX

matrice génératrice de la paroi nerveuse ; aussi His a-t-il pu donner aux éléments qui la composent le nom de cellules germinatives (fig. 163 et 165, cg). Plus lard, ces cellules ne paraissent plus être les seules à se diviser ; car His a pu voir les cellules épithéliales présenter à côté des cellules germinatives des figures de division. Plus tard aussi, à mesure des progrès du développement, les cellules germinatives en voie de division se limitent de plus en plus rigoureusement à la bordure même du canal médullaire. Au début au contraire, bien qu’elles prédominassent à cet endroit, on pouvait en voir quelques-unes s’avancer isolément plus en dehors (Merk). Chez les Batraciens et les Sélaciens ce serait même là, d’après Pfitzncr, Rauber et Valcnti, la disposition habituelle ; plus tard seulement les divisions se localiseraient à la couche cellulaire la plus interne. Du reste Merk, dans un second mémoire où il examine des représentants de toutes les classes de Vertébrés, trouve que, chez un même animal, la distribution des figures cinétiques est différente suivant les régions du névraxe et caractéristique pour chaque région. — Quant aux plans de division des cellules, ils offrent toutes les orientations; la plupart cependant sont radiaux ; quelques-uns ont une direction tangentielle, parallèle à la surface interne du tube médullaire. Grâce aux divisions qui offrent cette dernière orientation, la paroi nerveuse peut s’accroître en épaisseur, par apposition cellulaire directe; lors des divisions radiales au contraire, l’épaississement de la paroi n’est possible qu’au prix d’un déplacement et d’un glissement des cellules-filles, ce glissement se produisant nécessairement parce que toutes les cellules néoformées \no peuvent trouver place à la surface et sont obligées de gagner la profondeur (Rauber) (1).

L’agencement des cellules épithéliales entre elles a été décrit depuis longtemps ; mais II is a beaucoup précisé les descriptions de ses prédécesseurs. Ces cellules offrent un arrangement radiaire sur lequel déjà Hensen attira l’attention et que Renaut et Vignal

(1) A présent que l’on connaît bien, ainsi qu’on vient de le voir, les conditions de la division cellulaire dans le tube nerveux, on ne peut plus citer que pour mémoire les autres processus de multiplication que l’on a fait intervenir ; récemment encore on a formé des cellules nerveuses par séparation des varicosités nucléées des cellules épithéliales qui bordent le canal médullaire (Magini),

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