‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 125 sur 284 · CELLULES ÉPITHÉLIALES ET CELLULES GERMINATIVES · texte numérisé non relu

CELLULES ÉPITHÉLIALES ET CELLULES GERMINATIVES

ont fait connaître depuis. Les cellules, dit par exemple Renaut, sont disposées en chaînes radiées moniliformes constituées chacune par trois ou quatre noyaux allongés et reliés par des filaments protoplasmiques qui les enfilent comme des perles; chaque chaîne moniliforme offre sur ses noyaux l’empreinte de ceux de la chaîne voisine, à laquelle elle est reliée par des anastomoses protoplasmiques latérales. D’ailleurs Renaut insiste beaucoup sur le caractère de ce protoplasma, qui entoure les noyaux et forme les prolongements cellulaires ; ce n’est qu’un « exoplasme », c’est-à-dire du protoplasma desséché, semblable à celui qui constitue les ponts d’union ihtercellulaires dans le réseau muqueux de Malpighi. Les chaînes moniliformes sont appelées par Renaut « chaînes de prolifération », pour rappeler l’origine commune de leurs noyaux constitutifs aux dépens d’un même ancêtre cellulaire. De la disposition radiaire des cellules de la paroi nerveuse et de la direction surtout radiée de leurs filaments d’union résulte l’aspect strié de la paroi médullaire.

Avec His, les cellules épithéliales sont devenues les spongioblasles (fig. 165, sp), et le système formé par l’ensemble de leurs corps cellulaires et des filaments anatomiques qui les unissent a pris le nom de charpente médullaire, neurosponge ou myélosponge (tig. 165 et 169). Pour le constituer, chaque cellule épithéliale ou spongioblaste produit une substance de structure filamenteuse, ayant la figure de travées anastomosées en un réseau avec des travées semblables fournies par les cellules voisines. Ces travées confluent en dehors et en dedans pour former les membranes limitantes externe et interne (fig. 164 et fig. 165, me, mi), dont il a déjà été question ci-dessus.

A l’état de complet développement, on peut distinguer dans la charpente médullaire une région interne, une moyenne et une troisième externe. La première, couche columnaire ou radiée, consiste en fibres radiées, qui, situées dans le prolongement du corps des spongioblastes, s’étalent à leur extrémité interne ou bien se divisent et irradient ensuite dans la membrane limitante interne. La région moyenne de la charpente médullaire, la zone nucléaire, contient les corps nucléés des spongioblastes, disposés radiairement suivant deux ou plusieurs couches (« cellules radiales » de

HISTOGENÈSE DU SYSTEME NERVEUX

Golgi et de Ramôn y Cajal) ; dans cette couche, les fibres radiées forment la masse principale; elles peuvent s’anastomoser par des fibres transversales ou obliques. La zone externe de la charpente médullaire ne contient pas de noyau ; elle consiste, bien qu’on y puisse reconnaître des fibres radiées prédominantes, en un réseau à mailles étroites de fines travées unies entre elles de la façon la plus variable [voile marginal) (voy. fig. 164 et 165).

Fig. 164. — Myélosponge de la moitié dorsale du tube médullaire chez un embryon humain d’environ 3 semaines (d’après His).

En haut, la limitante interne, puis la couche columnaire ; en bas le voile marginal.

Fig. 165. — Coupe de la paroi du tube médullaire d’un embryon de Brebis de 10 millim. de long.

mi, me, membranes limitantes interne et externe. — cg, cellules germinatives (noyaux en division). — n, neuroblastes. — sp, spongioblastes.

Plusieurs observateurs ont décrit d’une manière à peu près identique la structure du tube nerveux embryonnaire : tels Lahousse, qui, dans la paroi du cervelet, trouve une « névroglie embryonnaire » structurée comme le neurosponge de His et lui distingue deux et même trois couches correspondant plus ou moins exactement à celles admises ailleurs par His.

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