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HISTORIQUE DE L’ORIGINE DES FIBRES NERVEUSES

ce fait, se montre rmcléée, et se transforment ultérieurement en enveloppes protectrices de la fibre, qui de par l’existence de ces enveloppes s’est changée en tube nerveux.

D. Esquisse historique sur l'origine des fibres nerveuses. — Il s’en faut que l’opinion précédente, actuellement classique, se soit établie sans contestation. A sa naissance, elle rencontra peu de faveur; les travaux de Bidder et Kupffer où elle fut émise pour la première fois n’eurent pas d’écho; les idées de Schwann étaient alors seules entendues, et Kôlliker, qui étudiait alors le développement des nerfs dans la queue des têtards, ne pouvait songer à une explication des faits observés par lui qui fût en contradiction avec la conception générale qui dominait alors l’histogenèse. Quand trente ans plus tard His restaura l’opinion de Bidder, en l’appuyant sur des faits précis, elle trouvait encore devant elle, en même temps que la théorie de Schwann tou- M U Wêcc jours debout et défendue par de nouveaux partisans et à l’aide de nouveaux faits, une troisième conception qui, entre temps, avait été émise par Hensen.

A. — D’après la théorie de Hensen, pour laquelle Sedgwick paraît avoir des préférences, les rudiments des fibres nerveuses existent dès le début comme restes persistants des connexions protoplasmiques primitives qui relient les cellules incomplètement séparées de l’œuf segmenté; ces anastomoses des cellules embryonnaires ont été constatées par JM&lcc

Fig. 176. — A, B, C. Allongement des tubes nerveux. Formation des segments intercalaires (d’après Vignal). — D. Division indirecte des noyaux des cellules interannulaires (d’après Kolliker).

A. Etranglement annulaire un peu allongé sur lequel se trouve une cellule connective cc. — B. De la- myéline s’est développée dans la cellule connective cc, qui occupe à présent entre deux étranglements interannulaires la situation d’un segment intercalaire. — C. in, jeune segment intercalaire, a, b, c, nerfs d’un embryon de Brebis, de 47 cm. de long, traités par l’acide osmique. — D. nerf de la queue d’une larve de Batracien.

HISTOGENÈSE DU SYSTEME NEKVEUX

Sedgwick. Ainsi sont unies les cellules nerveuses aux muscles par l’intermédiaire des fibres nerveuses motrices, et les cellules sensitives aux cellules des sens par l’intermédiaire des fibre,s nerveuses sensibles. Les fibres nerveuses ne sont donc jamais libres à une de leurs extrémités (ce qu’on n’a jamais pu constater, remarque Hensen), mais sont toujours des traits d’union entre leurs cellules d’origine et les cellules de leurs organes de terminaison. Sans nous attarder à discuter l'hypothèse de Hensen, qui à l’époque où elle s’est produite ne laissait pas que d’être séduisante, disons seulement qu’elle a maintenant contre elle l’observation précise qu’elle reprochait ne pas avoir à la théorie adverse, savoir, constatation de la terminaison et de l’accroissement libres des fibres nerveuses ; il lui manque, par contre, à présent, la constatation de fibres nerveuses précoces unitives des cellules embryonnaires, qui, à l’aide des moyens actuels d’investigation, n’a pu encore être faite ; on peut de plus, avec Kôlliker, lui objecter que si les fibres sont unies dès l’origine auxx cellules terminales, par exemple aux cellules sensorielles de la peau, on devrait trouver autant de fibres qu’il y a de cellules sensorielles, tandis que le nombre des premières est bien inférieur à celui des secondes.

B. — L’autre théorie, inspirée par les idées de Schwann, a eu plus de retentissement et de nos jours encore a été défendue à l’aide de faits extrêmement sérieux. Elle consiste à admettre, conformément aux vues de Schwann, pour qui toutes les parties élémentaires des tissus étaient formées par la soudure des cellules, que les fibres nerveuses dérivent de cellules fusionnées bout à bout. Ces cellules doivent être nettement distinguées des « cellules nerveuses ganglionnaires » de la moelle et du cerveau aussi bien que des ganglions spinaux (Beard, Apathy, Dohrn) ; on peut leur donner soit le nom de « cellules neuro-formatives » que leur vaut leur destinée, soit celui de « fuseaux nerveux » qui rappelle leur forme (1).

Dans la théorie primitive, telle que l’a soutenue autrefois Kôlliker et sous la forme que lui a donnée Apathy dans ces derniers temps, on a admis que ces cellules étaient des éléments pris sur place pour les besoins de la formation des fibres.

C’était possible pour les nerfs centraux, dont Boll se représenta la genèse de la façon suivante : des séries de cellules polygonales alternant chez le Poulet du 4e jour avec des séries de cellules fusiformes ; au 5e jour, les

(1) La fibre nerveuse est donc formée par un grand nombre de tronçons placés bout à bout, dérivant d’autant de cellules neuro-formatives. C’est là une condition histologique qui, il y a quelques années encore, pouvait paraître inacceptable.; car alors, une voie nerveuse discontinue semblait physiologiquement impraticable. Aujourd’hui la théorie de la genèse pluricellulaire de la fibre nerveuse n’a plus contre elle ce postulat de la physiologie, puisque la coutinuité des voies conductrices n’est plus reconnue nécessaire pour le transport de l’ébranlement nerveux.

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