‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 136 sur 284 · HISTORIQUE DE ^ORIGINE DES FIBRES NERVEUSES · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DE ^ORIGINE DES FIBRES NERVEUSES

éléments fusiformes se sont allongés beaucoup en émettant des prolongements variqueux à leurs deux extrémités ; au 6e jour, la cellule fusiforme s’est transformée complètement par allongement démesuré en une fibre, la fibre nerveuse, tandis que le noyau, dont le sort a échappé à Boll, a disparu .

La formation des nerfs périphériques au moyen de cellules prises in loco fut par contre bientôt reconnue insoutenable, si bien que Gotte, Rouget et-Balfour, et à leursuite Calberla, Beard, Béraneck, Paterson, Dohrn, Herrick, Taft, et d’autres encore lui substituèrentun autre mode histogénétique. Balfour avait observé sur des embryons de Sélaciens que les racines des nerfs rachidiens sont des excroissances cellulaires de l’axe nerveux ; par conséquent un certain nombre de cellules quittent cet axe et prennent part à la formation des fibres nerveuses. Remarquons à ce propos que le fait de la migration ou tout au moins celui de la présence de cellules médullaires dans les racines motrices des nerfs spinaux et dans d’autres nerfs ne doit pas être mis en doute, puisque His lui-même, Beard, Herrick et surtout Dohrn ont fait de telles constatations ; ce qui est en cause, c’est l’utilisation de ces cellules émigrées pour la formation des nerfs telle que la comprend la théorie de Balfour.

Dans l’un et l’autre cas, l’essence delà théorie est la même : les nerfs y sont le résultat de la fusion longitudinale des corps cellulaires de plusieurs cellules, au lieu d’être le prolongement du corps cellulaire d’un élément unique ; du reste, avoue Béraneck, l’un des partisans de la théorie, la phase cellulaire serait de très courte durée, ce qui explique qu’elle ait pu passer inaperçue.

Cette doctrine perdit peu à peu ses défenseurs sur le terrain des nerfs moteurs, après que His eut montré, chez les Mammifères et particulièrement chez l’embryon humain, que les fibres motrices sont au début de simples prolongements cylindraxiles des cellules médullaires absolument dépourvus de noyaux, et après que Kastschenko, sur des embryons de Sélaciens, c’est-à-dire sur le même matériel d’étude qui avait servi à Balfour, fit voir qu’un nerf moteur, le nerf pathétique, se compose primitivement de fibrilles que l’on peut aisément compter, sans mélange de noyaux. Malgré les preuves que Dohrn avait apportées à la défense de la théorie, en montrant les nerfs moteurs des Sélaciens comme des excroissances cellulaires de la moelle, qui peu à peu s’allongent et atteignent la protovertèbre correspondante à laquelle elles s’appliquent (fig. 177), il s’est rallié récemment à la manière de voir de His, à laquelle d’autre part Kôlliker avait adhéré deux ans auparavant, à la suite de ses recherches sur les nerfs de la queue des larves des Batraciens. Beard seul est demeuré, pour les nerfs moteurs, fidèle à la conception de Schwann et de Balfour. Tout récemment encore, il a montré que des nerfs particuliers du Lépidostée (un poisson Ganoïde) et de certains Sélaciens (la Raie), qu’il considère comme moteurs et qui vont de la moelle au myotome, doivent leur origine à des cellules migratrices.

HISTOGENÈSE DU SYSTEME NERVEUX

Cette même doctrine peut encore se retrancher derrière les observations faites sur les nerfs sensibles et spécialement sur certains nerfs sensibles des Sélaciens.

La formation des nerfs sensitifs de la ligne latérale et du canal muqueux et celle des racines sensibles des nerfs chez les Sélaciens ont été décrites par Dohrn d’une façon si détaillée avec figures démonstratives à l’appui, qu’il est difficile de ne pas se laisser convaincre par elles de la justesse de l’interprétation que l’auteur en adonnée. Dohrn montre commentées épais-

Fig. 177. — Coupes horizontales à travers le tube nerveux et les origines des nerfs moteurs de deux embryons de Mustelus d’âge différent (d’après Dohrn).

A droite, embryon de 8 mm. de long. A gauclie, embryon de 10 mm. tn, paroi du tube nerveux. — e, épiderme. — g, ganglions spinaux. — pv, protovertèbres. — v, veines vertébrales. — n, nerfs moteurs. — m, mésoderme (mésenchyme).

sissements épidermiques qui se transforment en ampoules ou papilles du canal muqueux et de la ligne latérale (fig. 178, p, p) émettent profondément un prolongement cellulaire (n, n), qui est l’ébauche de l’un des innombrables ramuscules d’un nerf sensitif desservant ces organes. Les noyaux que l’on y trouve appartiennent en effet à des cellules neuro-formatrices, qui manifestent bientôt leur nature et leur activité en sécrétant à côté de leur noyau une fibrille qui est le cylindre d’axe, pendant que le noyau et le

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