SINUS TERMINAL
fibres nerveuses, le faisceau de Goll appartient bien réellement au système du cordon postérieur; il est constitué par les fibres nerveuses des racines postérieures les plus inférieures, lombosacrées, ou d’une façon générale par les fibres qui sont entrées dans la moelle à un niveau plus inférieur que celui où le cordon postérieur est examiné. Par sa charpente médullaire au contraire, le cordon de Goll serait une formation indépendante du cordon postérieur; cette charpente serait produite en effet par les spongioblastes de la voûte du canal central, formant une masse cellulaire distincte du reste de la paroi (His, Barnes).
Quant à la commissure grise ou postérieure, on n’a pas de renseignements précis sur son mode de formation.
Sinus terminal . — Le processus d’organogénèse habituel et typique que nous venons de tracer subit en certains endroits et chez certains animaux d’importantes modifications.
L’une consiste en ce que, dans la partie terminale de la moelle, en un point qui varie d’ailleurs un peu suivant les types observés, le canal épendvmaire conserve un calibre notablement supérieur à celui qu’il offre autre part et paraît relativement dilaté en une cavité, que Ton a qualifiée de ventricule en la mettant sur le même rang que les ventricules cérébraux et que l’on a appelée cinquième ventricule , ventricule terminal (W. Krause), ou encore ventricule de Krause , du nom de l’anatomiste qui, le premier, l’a décrite en détail. Ainsi que le fait observer Saint-Remy, les ventricules cérébraux étant le résultat d’une dilatation vraie, active, du canal médullaire, tandis que la cavité terminale n’est due qu’à un retard dans l’oblitération du canal, il semble qu’on doive refuser à cette dernière le titre de ventricule et la désigner plutôt sous le nom de sinus terminal proposé par Lôwe.
Chez l’Homme, le sinus terminal siège dans le cône médullaire, vers l’origine du fil terminal. Stilling le prit pour une cavité résultant de l’écartement des bords de la scissure longitudinale postérieure et ouverte dans cette scissure, et il l’interpréta faussement en en faisant « une sorte d’imitation du sinus rhomboïdal », cette formation caractéristique de la moelle des Oiseaux, que nous allons retrouver dans un instant. Ce point d’anatomie fut étudié de nouveau par W. Krause, qui retrouva chez les Mammifères
DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE
autres que l’Homme la cavité qu’on ne connaissait jusqu’alors que chez ce dernier; il en reconnut la véritable nature et la compara, quant à son mode de production, aux ventricules cérébraux. Krause considéra ce ventricule terminal comme un reste persistant de l’extrémité inférieure du « sinus rhomboïdal » des embryons de Mammifères (v. p. 401) ; mais il n’est nullement homologue, selon lui, du sinus rhomboïdal des Oiseaux, dont le siège et le mode de production sont autres. 11 pensa en outre, s’appuyant sur les recherches de quelques auteurs, que ce ventricule existe chez tous les Vertébrés. Saint-Remy, qui a repris cette étude, trouva que c’est chez les Mammifères seuls et même chez leurs embryons seulement qu’il existe une dilatation notable du canal médullaire à l’origine du fil terminal; ce sinus terminal est beaucoup plus considérable chez les animaux jeunes que chez les adultes, le travail oblitérateur du canal continuant à se faire après la naissance.
Chez l’Homme adulte, le sinus terminal est une cavité de lcent. de long (W. Krause, Tourneux), ayant un diamètre transversal de 0,S-2 millim. et un diamètre antéro-postérieur de 0, 4-1,1 millim. ; sa coupe transversale est triangulaire (W. Krause). Chez le nouveau-né, sa forme est rectangulaire et ses diamètres sont de 0,720 millim. et de 0,6d0 millim. (Saint-Remy) (fig. 188, B). La
Fig. 188. — Coupes de la moelle d'un enfant nouveau-né, montrant le sinus terminal (d’après Saint-Remy).- A, vers le milieu du cône médullaire. — B, dans la région supérieure du filament terminal.
paroi de la cavité est extrêmement mince du côté dorsal (Krause, Tourneux); le canal est bordé immédiatement par l’épithélium épendymaire; Krause a trouvé cet épithélium vibratile ; Saint-