‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 156 sur 284 · DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE ALLONGÉE ET DU PONT · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE LA MOELLE ALLONGÉE ET DU PONT

§ 1. — Morphogenèse externe de la moelle allongée et du pont. — Nous avons vu déjà que, par suite de rélargissement incessant de la fosse rhomboïdale, la plaque recouvrante, ne pouvant suivre l’expansion de la cavité qu’elle recouvre en demeurant épaisse et continuant même à s’épaissir, s’amincit au contraire toujours davantage et devient une simple membrane épithéliale, à laquelle Kolliker a donné le nom de membrane obturatrice (fig. 199, A et B, moi

La membrane obturatrice recouvre toute l’étendue de la fosse rhomboïdale qui correspond à la région delà moelle allongée. Elle se continue en avant, sur les couches sagittales du cerveau, par cette lame épaissie, appartenant à la région du cervelet et du pont, aux dépens de laquelle se formera le cervelet, et qui n’est autre que le feuillet postérieur de ce que nous avons appelé plus haut le pli cérébral dorsal. La lame cérébelleuse se prolonge antérieurement dans la paroi de la région de l’isthme par une lamelle intermédiaire appelée le voile médullaire antérieur ; en arrière, elle ne se continue pas non plus directement avec la membrane obturatrice, mais par le moyen d’une plaque de passage appelée !e voile médullaire postérieur (voy. fig. 211, vma, vmp).

Au début, ces diverses parties du toit du cerveau rhomboïdal sont à peu près sur une même ligne droite. Tout au plus existe-t-il

MEMBRANE OBTURATRICE ET PLI CHOROIDIEN

une légère dépression au niveau du voile médullaire postérieur, qui s’enfonce quelque peu versla fosse rhomboïdale. Mais, à partir du deuxième mois chez l’Homme, l’accroissement de la courbure pontique fait des progrès tels que le cerveau rhomboïdal est pour ainsi dire ployé sur lui-même, de telle sorte que les faces dorsales de la région du cervelet et de celle du calamus se rapprochent l’une de l’autre et que le cervelet et la moelle allongée arrivent ainsi à s’adosser (fig. 200). La membrane obturatrice subit néces-

Fig. 200. — Beux reconstructions en profil du cerveau et de la tête d'embryons humains (d’après ïïis).

A. Embryon de la dixième semaine. — B. Embryon de huit semaines.

C'a, cerveau antérieur (bémispbère cérébral gauche). — Ci, cerveau intermédiaire. — Ip, lobe pinéal. — tm, tubercule mamillaire. — in, infundibulum. — ft, fosse de Tarin avec ses deux prolongements antérieur et postérieur. — Cm, cerveau moyen. — ta, tp, tubercules quadrijumeaux antérieur et postérieur. — Cp, cerveau postérieur. — mo, membrane obturatrice. — pch, pli choroïdien. — cv, courbure du vertex. — en, courbure nuquale. — cp, courbure pontique. — oi, olive inférieure ou bulbaire. — os, olive supérieure ou du pont. — nf, noyau du facial. — nd, noyau dentelé du pont. — hy, hypophyse. — p h, pharynx. — fn, fosse nasale. — n, narine. — I-XII, les douze paires de nerfs crâniens à leur émergence. — En A et en B le double trait marque la ligne d’insertion du tænia. En A, la ligne ponctuée correspond au fond du sillon externe de la lèvre rhomboïdale.

sairement ce reploiement et forme un pli, le pli choro’idicn de His, qui pénètre entre les faces dorsales adossées de la moelle allongée et du cervelet, et qui figure sur une vue latérale du cerveau rhomboïdal une encoche légère d'abord, puis de plus en plus profonde, du profil dorsal de ce cerveau (fig. 200, pch). Ce profil est alors*

MOELLE ALLONGÉE, PONT ET CERVELET

suivant la comparaison de Mihalkovics, une sorte d’S, dont la branche supérieure épaissie est représentée par la lame cérébelleuse, la branche inférieure amincie par la membrane obturatrice, tandis que le voile médullaire postérieur ligure la portion qui réunit les deux branches.

Le pli choroïdien s’enfonce toujours davantage vers la cavité ventriculaire, et pour plusieurs auteurs les choses ne se compliquent pas autrement. Selon His, au contraire, une complication se produit de la façon suivante. Le pli choroïdien est composé, comme tout repli, de deux feuillets : Lun ( gyrus choroïdeus anterior de Kollmann et Kolliker) forme une enveloppe au cervelet, dont il recouvre la face dorsale; l’autre ( gyrus choroïdeus posterior des auteurs précédents) revêt de même d’une membrane enveloppante la face dorsale de la moelle allongée où il forme le toit de la moitié postérieure de la fosse rhomboïdale. Le feuillet cérébelleux du repli disparaît ensuite, en se fusionnant avec la face dorsale du cervelet qui lui était contiguë. De là résulte qu’à la place du tænia primaire, dont l’insertion suivait dans la région du cervelet le bord externe (éloigné de la fosse rhomboïdale) de cet organe, se forme un « tænia secondaire » inséré sur le bord postérieur du cervelet (qui surplombe la fosse rhomboïdale). De là aussi cette conséquence que la surface du cervelet, d’intraventriculaire qu’elle était d’abord, devient extra ventriculaire.

Dans son ensemble, le pli choroïdien a une forme semi-lunaire. Ses bords, comme ceux de la membrane obturatrice, dont il n’est qu’une partie, sont formés par le tænia. Aux deux points latéraux extrêmes du repli choroïdien, aux deux cornes du pli falciforme, la ligne d’insertion du tænia se retire de plus en plus vers la ligne médiane. Dans la partie latérale du repli se produisent des villosités qui se montrent d’abord sur le feuillet cérébelleux.

La lèvre rhomboïdale, dans la région de la moelle allongée, développe de petites villosités et se déjette du côté ventriculaire, en venant se placer au-dessus de la fosse rhomboïdale. Elle se soude ensuite avec les parties sous-jacentes ou « corps restiformes », si bien qu’il 11e reste rien du sillon interne de la lèvre Ce processus de soudure ne s’effectue cependant pas dans la région de la largeur tnaxima de la fosse rhomboïdale, où le sillon interne

Page 1