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LES DIVERS FAISCEAUX DE LA SUBSTANCE BLANCHE

d’être distincte. Elle renferme surtout des fibres arquées venues du côté opposé. A la fin du deuxième mois, une bonne part de ces dernières atteint, sous le nom de fibres arciformes, les parties latérales de la moelle et se continue avec le cordon restiforme.

Dans la trame de la zone marginale blanche, formée par les fibres arquées et les fibres radiaires de charpente, se trouvent aussi des fibres longitudinales, qui s’étendent depuis l’émergence de l'hypoglosse jusqu’à celle de l’accessoire et des nerfs mixtes. Au delà de ce dernier point, se voient des cordons compacts de fibres longitudinales, dont on distingue surtout deux champs principaux, l’un ventral et l’autre latéral.

Le champ ventral, de forme ovale, consiste en trois à quatre couches de fibres interrompues par des fibres arciformes : c’est le traclus intermedius (fig. 202, li). A son côté dorsal, se trouve la substance gélatineuse de Rolando; à son côté ventral, des fibres arciformes; les fibres motrices latérales croisent son bord interne, tandis qu’à son bord externe, ou même le traversant, se trouvent les fibres sensitives du vague et du glosso-pharyngien. Le tractus intermédiaire ne paraît pas une formation univoque. Sa partie supérieure comprend la « racine ascendante (mieux descendante) du trijumeau », qui de la moelle allongée va à la moelle; d’autre part, par sa situation, il répond aussi au « faisceau cérébelleux latéral », allant delà moelle à la moelle allongée.

Il est en partie traversé et en partie recouvert par des fibres arciformes qui, de chaque côté et au delà de lui, se rassemblent en un champ que l’on appelle le cordon restiforme ou pédoncule cérébelleux inférieur (fig. 202, cr), et qui occupe tout l’espace compris entre le lieu d’émergence (mieux d’entrée) des fibres sensitives et le point d’insertion de la lèvre rhomboïdale. Il reçoit les fibres arciformes par son extrémité interne et ventrale, et ses fibres se rassemblent à son extrémité dorsale et externe en un faisceau fibreux longitudinal, qui s’accroît de bas en haut. Ce faisceau est ainsi alimenté par les fibres arciformes.

Systématisation de la moelle allongée. — On voit par ce qui précède que His a réussi, même sur des embryons humains très jeunes, à reconnaître l’existence dans la moelle allongée de certains faisceaux fibreux, indépendants les uns des autres, autrement dit à tracer les premiers linéaments

MOELLE ALLONGÉE, PONT ET CERVELET

de la systématisation de cet organe. Avant His, cette systématisation avait été étudiée par Flechsig, mais sur des foetus âgés. La méthode analytique inaugurée par cet auteur (1) lui a permis de distinguer dans la moelle allongée plusieurs faisceaux différents défibrés nerveuses, qui ne se chargent pas de myéline en même temps. L’ordre de myélinisation de ces faisceaux serait le suivant: le faisceau longitudinal postérieur (prolongement du faisceau fondamental du cordon antérieur de la moelle, voie courte anastomotique lougitudinale) ; — le faisceau cunéiforme ou de Burdach ; — la racine! ascendante (on dit aujourd’hui descendante) du système latéral des nerfs mixtes (nerfs vague et glosso-pharyngien), tractus solitaire ; — la racine ascendante (mieux descendante) du trijumeau ;

— les faisceaux longitudinaux les plus antérieurs de la formation réticulaire; — la partie interne des pédoncules cérébelleux inférieurs; — les faisceaux du cordon restiforme ; — la généralité des faisceaux longitudinaux enfouis dans la formation réticulaire; — les champs moteurs internes, placés entre les olives; — une autre partie des cordons restiformes ; — les pyramides; ces dernières se myélinisent fort tard et nont pas encore de myéline chez les fœtus du huitième ou du neuvième mois.

Le caractère de véritables systèmes, c’est-à-dire de groupes fibreux gagnant leur constitution histologique définitive à des époques différentes delà vie, appartient surtout, d'après Flechsig, aux pyramides, aux faisceaux cérébelleux latéraux directs et aux cordons de Goll.

De l’époque de myélinisation des différents faisceaux de la moelle allongée, Flechsig induit hypothétiquement celle de leur apparition, qui est aussi successive pour les différents faisceaux. L’ordre d’apparition qu’il suppose est le suivant: d’abord le faisceau longitudinal postérieur ; — puis en même temps, c’est-à-dire avant la sixième semaine, la partie supérieure des cordons cunéiformes, la racine descendante du trijumeau, les racines descendantes des nerfs mixtes (vague et glosso-pharyngien) ; — de la sixième à la dixième semaine, les faisceaux longitudinaux antérieurs renfermés dans la formation réticulaire, la partie interne des pédoncules cérébelleux inférieurs, le faisceau cérébelleux latéral direct, le corps trapézoïde (voie centripète des fibres du nerf acoustique), la généralité des faisceaux longitudinaux de la formation réticulaire, les fibres transversales ou arciformes internes venues des noyaux des cordons cunéiformes, les fibres de l’entrecroisement supérieur ou sensitif des pyramides (couche interolivaire) ; — plus tard, les faisceaux venus des grandes olives, les cordons resti formes;

— enfin les pyramides. Ces dernières, qui n’existaient pas encore chez l’embryon de 11 centim., font leur apparition chez celui de 25 centim. de

(1) Rappelons que la méthode de Flechsig est fondée sur ce fait que les différents faisceaux fibreux des organes nerveux centraux ne se myélinisent pas en même temps, d’où l’analyse des coupes transversales est rendue aisée et la distinction des faisceaux est devenue possible.

SYSTEMATISATION DE LA MOELLE ALLONGEE

long; leur développement est alors très rapide et très puissant, do sorte qu’elles repoussent latéralement les parties voisines (fig. 204, p).

Les recherches de Flechsig, qui ont tant contribué à enrichir nos connaissances relativement à la systématisation de la substance blanche, ont aussi fourni quelques résultats quant à l’organisation de la substance grise. Les figures 203 et 204, continuées par un dessin de la moelle allongée adulte ou presque adulte, tel que celui de la figure 205, forment par exemple, pour le développement morphologique du système olivaire dans les stades avancés, un ensemble presque suffisant. On y voit (fig. 203, o) : V olive principale, composée de deux feuillets antéro-interne et postéro-interne inégalement épais, continus l’un avec l’autre en une courbe dont la convexité est tournée en dehors ; — les noyaux olivâtres externes ou parolives

Fig. 203. — Coupe transversale passant par le tiers supérieur de la moelle allongée chez un embryon humain de 12 centim. de long (cV après Flechsig).

nv, noyau du vague. — nh, noyau de l’hypoglosse. — fr, formation réticulaire. — r, raphé. — o, grande olive. — oe, oi, noyaux olivaires accessoires externe et interne. — in, couche interolivaire (entre- croisement supérieur ou sensitif des pyramides). — rdm, racine descendante des nerfs mixtes. — rdt, racine descendante du trijumeau. — cr corps restiforme contenant le pédoncule cérébelleux inférieur.

externe et interne (oe, oi). Dans le stade suivant (fig. 204), l’olive principale (o) s’est agrandie et ses feuillets sont devenus sinueux, offrant ainsi la première indication des nombreuses circonvolutions de l’olive adulte; le noyau accessoire interne (oi), ayant pris des relations intimes avec les pyramides récemment formées, mérite le nom de « noyau pyramidal ». La figure 205, prise sur un fœtus de huit mois, montre l’olive principale parvenue à un état de développement presque complet; elle offre un grand nombre de circonvolutions, séparées par de profonds sillons.

Si les stades avancés du développement du système olivaire nous sont à peu près suffisamment connus, il n’en est pas de même des premières phases : la lacune entre le stade très jeune de la figure 202 (embryon de sept à huit semaines) et celui de la figure 203 (embryon de près de quatre mois)

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n’est pas comblée; et en admettant avec His que la plaque limitante (fig. 202, opl ) soit l’ébauche de la formation olivaire, on ne sait encore comment cette ébauche se comporte pour devenir le système assez complexe que forment les diverses olives. Les mêmes remarques s'appliquent à d’autres formations cellulaires du bulbe, dont les dispositions nous sont connues chez des embryons âgés, mais ne sont pas encore déterminées pour des embryons plus jeunes.

Connexions des éléments cellulaires et fibreux de la moelle allongée.

Fig. 204. — • Coupe transversale intéressant le tiers moyen de la moelle allongée d'un embryon humain de 25 centim. de long (d’après Fleciisig).

Mêmes lettres que dans la figure précédente. De plus : ce, cardon cunéiforme. — flp, faisceau longitudinal postérieur. — v, nerf vague. — h, nerf hypoglosse. — p,p, pyramides.

La méthode de Golgi appliquée àl’étude de la texturede la'moelle allongée, principalement chez des embryons âgés et des nouveau-nés, a permis à plusieurs auteurs, et en première ligne à Kolliker, de pénétrer plus avant dans la connaissance de la constitution de cet organe. Voici les conclusions les plus importantes de Kolliker (1).

(1) Bien que les résultats de Kolliker portent de préférence sur des animaux en voie de développement, on comprendra que nous ne puissions songer ici à les trans* crire dans tous leurs détails, sans faire une longue incursion dans le domaine anato-

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