FORME DE LA LAME CEREBELLEUSE
de fixer dans une certaine mesure ces deux extrémités, de façon que,, lorsqu'ensuite cette lame se développera, elle ne pourra le faire qu’en s’incurvant fortement.
Sur des vues extérieures de la face dorsale du cerveau, la lame cérébelleuse figure une crête transversale qui surplombe en avant la fosse rhomboïdale. Cette crête est bilobée et se compose de deux lobes réunis par une partie médiane, légèrement rétrécie, qui correspond à la plaque du toit (fig. 212).
M ctt
Fig. 212. — Coupe du bulbe et du cervelet chez un embryon de Mouton de 18 mïllim. de long.
C, cervelet formé de deux moitiés développées aux dépens des zones dorsales du tube médullaire. — dt, diverticule du toit. — pi, plaque interne du cervelet. — gcr, couche ganglionnaire et couronne rayonnante fibreuse correspondant au manteau. — emg, enveloppe moléculaire grise répondant au voile médullaire. -r- cm. O, couche de cellules migratrices ou d’Obersteiner. — Ir, lèvre rhomboïdale. — si, se, sillons interne et externe de la lèvre. — pch, plexus choroïdes du quatrième ventricule. — pi, plaque interne du bulbe. — m, manteau. — vm, voile médullaire. — cm, courant de cellules migratrices parti de la lèvre rhomboïdale. — sm, septum medullæ. ch, corde dorsale. — L, labyrinthe membraneux. av, aqueduc du vestibule ou recessus du labyrinthe. — ss, se, canaux demi -circulaires supérieur et externe. — l, limaçon.
Des coupes transversales du cerveau postérieur nous offrent deux épaississements des portions latéro-dorsales de la paroi; ils correspondent à la coupe desdeux lobes droit et gauche de la lamelle cérébelleuse (fig. 212, G). Entre eux règne une partie amincie, la
MOELLE ALLONGÉE, PONT ET CERVELET
plaque du toit; celle-ci est soulevée par un diverticule de la cavité cérébrale, le « diverticule du toit » (dt). Ce dernier n’a du reste qu’une existence transitoire; il disparaît dans la suite par soudure de ses parois épendymaires, de telle sorte que les deux
parties du cervelet, primitivement séparées, se- réunissent, et que le cervelet devient ainsi un organe médian et impair.
Chez les Vertébrés inférieurs, le cervelet ne se complique pas davantage, alors même qu’il atteint, comme chez les Poissons osseux, un volume relativement considérable. Dans ces types inférieurs se conserve ainsi une forme qui n’appartient pour les types plus élevés qu’à une période embryonnaire. C’est, par exemple, chez les Batraciens, une crête transversale, qui surmonte en avant le quatrième ventricule. Chez les Poissons, le cervelet possède encore essentiellement la même forme; mais la lame cérébelleuse, puissamment développée, est épaisse et recourbée en avant.
Chez les Oiseaux et les Mammifères au contraire, le cervelet acquiert une complexité anatomique très grande.
La lame cérébelleuse se détache de plus en plus nettement des voiles médullaires antérieur et postérieur (fig. 211, B) et s’épaissit (fig. 214, A, Ce). Vers la fin du troisième mois chez l’Homme, elle se prolonge à ses extrémités latérales, à droite et à gauche, en deux tubérosités. Celles-ci, d’abord insignifiantes, prendront un développement rapidement considérable et dépasseront bientôt en volume la portion impaire qui les a pro-
Fig. 213. — Vue dorsale du cerveau intermédiaire,du cerveau moyen , du cervelet, de la moelle allongée chez un embryon humain du quatrième mois .
pi, paroi latérale, t, toit décMré du troisième ventricule. — gp, glande pinéale. — tho, thalamus opticus (couche optique). — Cm, cerveau moyen (futurs tubercules quadrijumeaux) déjà divisé en deux lobes bi jumeaux ou lobes optiques. — ce, cervelet bilobé (hémisphères cérébelleux). — ch, toile choroïdienne du quatrième ventricule formant le pli choroïdien. — rh, fosse rhomboïdale ou quatrième ventricule. — t’, sa paroi supérieui-e ou toit (membrane obturatrice) déchirée sur tout le pourtour du quatrième ventricule.