CONFIGURATION GENERALE ET LIMITES
fig. 222) avec une faible dépression de la face ventriculaire « la fossette de l’isthme » (His) : cette voussure et la dépression correspondante appartiennent à l’isthme de l’encéphale; c’est donc juste en avant ou au-dessus d’elle que se trouve la limite du cerveau moyen. Selon Bürckhardt, cette dépression est très accusée et figure une véritable encoche de la surface ventriculaire, surtout marquée chez les Amphibiens (où elle était déjà connue de Stieda) et chez le Protoptère, mais ne manquant pas non plus aux autres Vertébrés.
En avant, les limites du cerveau moyen, tant sur la face externe que sur la face ventriculaire du plancher, ne sont pas mieux précisées. Kupfïer, chez l’Esturgeon, décrit, sur le versant antérieur du pli cérébral ventral qui surmonte le pilier moyen du crâne, un repli épaissi, saillant dans la cavité encéphalique, et déterminant par conséquent sur la face externe de la paroi une encoche correspondante. Le repli, qu’il appelle tubercule postérieur et que nous connaissons déjà (fig. 194, tp), paraîtrait pouvoir représenter la limite antérieure du cerveau moyen. Il n’en est rien cependant, d’après Kupfïer; car le tubercule postérieur fait partie plus tard du cerveau antérieur et n’est pas compris dans le cerveau moyen. Par contre, Bürckhardt, chez le Protoptère, attribue au cerveau moyen cette même région du tubercule postérieur de Kupfïer; il décrit là deux enfoncements de la paroi, qu’il considère comme deux encéphalomères distincts constitutifs du cerveau moyen; chez les Vertébrés supérieurs, il retrouve ces deux enfoncements et les interprète de la même façon (fig. 265 B et C, 1 et 2).
Mihalkovics assigne comme limite antérieure au plancher du cerveau moyen le bord postérieur de la bandelette optique « d’où il résulte, dit-il, qu’une partie aussi du plancher du cerveau intermédiaire est employée à la formation du pédoncule cérébral, savoir celle qui à l’époque de la division du cerveau en cinq vésicules, est comprise entre le cerveau moyen et le bord postérieur de la bandelette optique » (1).
Chez les Poissons, et particulièrement les Poissons osseux, les opinions
(1) Cela nous paraît impliquer une contradiction.
CERVEAU MOYEN
les plus divergentes ont été soutenues quant à l’étendue et aux limites du cerveau moyen (1). Le cerveau moyen, dont la limite forme le toit optique ( tectum opticum), est chez ces animaux très étendu. Tandis que d’un côté v. Baër, J. Müller, Carus, Arsaky, Tiedemann, Serres, Stieda, His, Gottsche soutenaient que le toit optique tout entier représente le cerveau moyen, lequel était donc très volumineux dans ce groupe, Gegenbaur, Miclucho-Maclay (et aussi Fulliquet chez le Protoptère) l’ont considéré comme le cerveau intermédiaire et ont reporté plus en arrière le cerveau moyen, qu’ils ont pris aux dépens du cervelet, dans le cerveau postérieur par conséquent. Fritsch, par contre, a réduit le cerveau moyen ; la partie postérieure seule du compartiment cérébral recouvert par le toit optique représenterait le cerveau moyen, la partie antérieure appartenant au cerveau intermédiaire. Rohon a soutenu une manière de voir toute différente pour les Sélaciens : le toit du cerveau moyen de ces animaux est considéré par lui comme le cerveau intermédiaire ; la partie basale des lobes optiques seule représente la vésicule cérébrale moyenne, qui est ainsi dépourvue de voûte lui appartenant en propre et que surmonte le cerveau intermédiaire. Schulgin enfin, non seulement pour les Poissons osseux, mais encore pour les Vertébrés plus élevés, a défendu une thèse opposée à celle de Rohon : pour lui le cerveau moyen n’est représenté que par la voûte (toit optique) ; la partie profonde du prétendu cerveau moyen appartient au cerveau intermédiaire ; l’ensemble forme un complexe que l’auteur nomme cerveau moyen-intermédiaire.
Toutes ces données reposaient seulement sur l’examen de cerveaux adultes (2). Rabl-Rückhard le premier, en étudiant le développement du cerveau des Sélaciens puis de celui des Poissons osseux, fournit la preuve que le cerveau moyen correspond à l’étendue tout entière du toit optique, et confirma ainsi l’ancienne manière de voir. L’examen attentif des rapports et de la structure du toit optique permit ensuite à Viault, Ahlborn, à Mayser et à Rabl d’établir définitivement le bien-fondé de cette interprétation. Stieda, d’autre part, fixa les limites du cerveau moyen et du cerveau intermédiaire, qu’il plaça pour les Poissons, comme pour les autres Vertébrés, dans le lieu d’origine de l’épiphyse.
§ 2. — Changements dans le volume, dans la forme extérieure et les rapports de la vésicule cérébrale moyenne. Modifications anatomiques dans les parois de sa cavité.
— A. Changements dans le volume et la forme extérieure. — Le
(1) On trouvera dans Viault (voir l'Index bibliographique) un tableau synoptique des opinions très variées qui ont régné sur cette question. Consulter aussi, pour la bibliographie du cerveau de tous les Ichthyopsidés, la liste très étendue que Sanders (voir l’Index) vient de faire paraître.
(2) Schulgin cependant a étudié le développement du cerveau moyen, spécialement chez le Poulet.