‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 175 sur 284 · HOMOLOGIES DES LOBES OPTIQUES DES VERTÈBRES INFERIEURS · texte numérisé non relu

HOMOLOGIES DES LOBES OPTIQUES DES VERTÈBRES INFERIEURS

l'épaisseur des lobes optiques (Bellonci, Spitzka). Chez les Oiseaux, ce dernier cas est constant (Bellonci). D’après Bellonci, chez la Grenouille, les formations précédentes auraient encore leurs homologues dans les nuclei magni de Reissner. Il convient de remarquer, avec Spitzka, que le développement des lobes postoptiques et celui des lobes optiques, paraissent être en raison inverse. Quand on s’élève dans la série des Vertébrés, on voit en effet décroître les lobes optiques, tandis que les lobes postoptiques deviennent plus puissants. Ajoutons que, d’après Spitzka, il peut exister encore, entre les deux paires de renflements qui nous sont connues, des « lobes interoptiques » ( Iguana ).

Quelques Vertébrés paraissent offrir un état plus simple encore de la voûte du cerveau moyen. Chez le Protoptère, la voûte du cerveau moyen serait en effet lisse, par suite de l’absence du sillon longitudinal (Burckhardt) (1).

Il résulte donc de ce qui précède que, d’après Mayser, Bellonci et Spitzka, les lobes optiques des Vertébrés inférieurs aux Mammifères ne sont pas les homologues du cerveau moyen tout entier de ces derniers, mais seulement des tubercules quadrijumeaux antérieurs; les tubercules postérieurs des Mammifères sont représentés chez les autres Vertébrés par des ganglions ou lobes postoptiques , saillants et visibles à l’extérieur chez les uns, enfouis chez les autres dans la masse cérébrale.

Le plancher du cerveau moyen, d’abord uniforme, permet de distinguer extérieurement, d’après Mihalkovics, dès le troisième mois chez l’embryon humain, deux bourrelets fort épais qui divergent en avant et laissent entre eux une portion triangulaire, qui demeure mince ; les bourrelets sont les pédoncules cérébraux ; le triangle qu’ils délimitent est la substance perforée postérieure , espace interpédonculaire. Au cinquième mois, le développement des pyramides dans l’épaisseur des pédoncules cérébraux épaissit ceux-ci très fortement.

B. — Changement des rapports. — Les changements de rapports qu’éprouve le cerveau moyen consistent surtout en ce que sa voûte, qui était primitivement à découvert et même proéminente

(1) Toutefois chez le Protoptère, Fulliquet représente ce sillon. Dans un genre voisin (Ceratodus), la voûte du cerveau moyen se montre déjà bilobée (Sanders).

D’autre part, Gegenbaur attribue à certains Sélaciens un cerveau moyen indivis ; mais ce qu’il dit. du cerveau moyen parait devoir s’appliquer au cervelet ; car Gegenbaur, nous le savons, a confondu ces deux organes.

ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE

CERVEAU MOYEN

à la face dorsale du cerveau, est peu à peu recouverte par les parties cérébrales voisines, notamment les hémisphères cérébraux et le cervelet, dont le développement est beaucoup plus rapide et plus considérable. Le cerveau moyen, de superficiel qu'il était, devient ainsi de plus en plus profond. Au début du troisième mois, chez l’Homme, les hémisphères cérébraux arrivent jusqu'au bord antérieur du cerveau moyen ; à la fin de ce mois, ce bord est recouvert par les hémisphères ; dès le cinquième mois, ces derniers cachent complètement le cerveau moyen. Par exemple, dans la figure 220 (encéphale d’un embryon humain de trois mois et demi), les hémisphères cachent plus qu’à moitié le cerveau moyen (Cm en A , tq en B).

Le cerveau moyen, d’autre part, prend dans certains groupes un développement tel, par rapport aux autres parties du cerveau, qu’il arrive à les recouvrir. C’est ainsi que chez les Oiseaux, dès le septième jour d’incubation (Poulet), les lobes optiques, c’est-àdire les parties latérales et paires du cerveau moyen, jusqu’alors placés en arrière et au-dessus du cerveau intermédiaire, se déplacent en avant et en bas, débordant en même temps fortement de chaque côté; par leur écartement, prend naissance une mince lamelle, qui est « la commissure » ou « pont de Sylvius ». Ils tendent ainsi à envelopper de toutes parts le cerveau intermédiaire, et particulièrement la région du chiasma optique. Le développement puissant des lobes optiques chez l’Oiseau est évidemment en rapport avec l’importance des nerfs optiques chez ce type, puisque l’écorce des lobes optiques représente le lieu de terminaison centrale des nerfs de la vision (Bellonci).

Le plancher, qui était à cheval sur le pilier moyen du crâne (future selle turcique) et qui était fortement incurvé autour de ce pilier, se redresse par suite de l’effacement de la courbure céphalique qui avait précédemment donné lieu à la forte incurvation du cerveau moyen.

G. — Modifications anatomiques dans les parois de sa cavité. — Il nous reste à examiner les transformations qui s’opèrent du côté de la cavité du cerveau moyen ou aqueduc de Sylvius. Cette cavité, d'abord très spacieuse et ne méritant nullement le nom de canal, se rétrécit ensuite relativement et n'est plus représentée

Page 1