RELIEFS DE LA FACE VENTRICULAIRE DU CERVEAU MOYEN 51 S
que par un étroit conduit unissant le quatrième ventricule au ventricule du cerveau intermédiaire (fig. 220. B, aq). G. Retzius a indiqué que chez le Myxine, en raison évidemment de l’état dégénéré de ce Vertébré, l’aqueduc de Sylvius n’est pas un canal reliant deux cavités encéphaliques, mais se termine en avant par un cul-de-sac dans l’épaisseur de la masse cérébrale (voir fig. 198). Sanders représente la même disposition.
Il se produit dans les parois de l’aqueduc plusieurs reliefs. De bonne heure (embryon humain de 10,2 millim.), la paroi inférieure ou ventrale de la vésicule cérébrale moyenne se montre, d’après
ro
Fig. 226. — Section sagittale et médiane du cerveau d'un embryon humain de 10,2 millim. (reconstruction
de coupes) (d'après His).
tg , tori tegmentales ou bourrelets de la calotte. — th, région thalamique. — rg, recessus geniculi. — sth, région sous-thalamique. — m, tubérosité mamillaire. — te, tuber cinereum. — ri, recessus infundibuli. — ro, recessus optique. — It, lame terminale. — es, corps strié. — lie, hémisphère cérébral. — loa, lop, lobes olfactifs antérieur et postérieur.
His, soulevée en deux épais bourrelets, les bourrelets de la calotte ou tori tegmentales (fig. 226 et 227, tg), qui se prolongent jusqu’au niveau du cerveau intermédiaire, à la limite duquel ils se réunissent sur la ligne médiane, pour former un large fer à cheval, le torus intermedius (fig. 227, tï), qui surplombe le fond de la cavité du cerveau intermédiaire.
Sur la ligne médiane, entre les bourrelets de la calotte, le plancher de l’aqueduc de Sylvius est déprimé en une gouttière longitudinale qui continue celle de la fosse rhomboïdale. D’après
CERVEAU MOYEN
Lowe, cette gouttière disparaît ensuite, et ses bords se soudent pour donner lieu à un raphé médian comparable à celui du bulbe.
Fig. 227. — Vue de face de la paroi postérieure du cerveau intermédiaire d'un embryon humain de 10,2 millim. (reconstruction de coupes) (d’après His).
La section a été menée parallèlement au sillon de Monro. — tg, tori tegmentales ou bourrelets de la calotte. — ti, torus intermedius. — sth, région sous-thalamique.
— m, région mamillaire avec sa profonde gouttière médiane suivie d’une crête et ses deux gouttières latérales. — in, entrée de l’infundibulum. — po, point de départ du pédicule optique.
Fig. 228 — ■ Vue dorsale du cerveau d’un embryon humain de 13,6 millim., les ventricules latéraux étant ouverts ( reconstruction de coupes ) (d’après His).
iqa, tubercule quadrijumeau antérieur. — lp, lobe pinéal. — cg, corps genouillés. — am, sillon et pli d’Ammon. — ch, sillon et pli clioroïdien. — lop, lobe olfactif postérieur. — sa, sillon arqué. — bo, partie bulbaire du lobe olfactif.
Mihalkovics indique au contraire qu’elle se conserve malgré l’épaississement des parties latérales du plancher, et peut être
TORI TEGMENTALES, LONGITUDINALES, SEM1-CIRCULARES 517
reconnue même chez l’adulte. Elle existe en tout cas chez les Poissons osseux et les Sélaciens.
D’autre part, sur la face inférieure ou ventrale de la voûte du cerveau moyen, c’est-à-dire du toit optique, il se forme, chez les Poissons osseux (Stieda) et chez un Poisson ganoïde, YAmia, deux
Fig. 229. — Vue de profil du cerveau d'un embryon humain de 10,2 millim. ( reconstruction de coupes)
(d’après His).
hc, hémisphère cérébral. — loa, lop, lobes olfactifs antérieur et postérieur. — po, pédicule de la vésicule optique. — in, infundibulum. — te, tuber cinereum. — m, éminence mamillaire. — lp, lobe pinéal. — tqa, tubercule quadrijumeau antérieur. — cgi, ege, corps genouillés interne et externe.
bourrelets longitudinaux, qui manquent chez un autre Ganoïde (Acipenser ruthenus ) (Goronowitsch), et chez les Sélaciens (Sanders) ; ce sont les tori longitudinales , brièvement tori(t\g. 230, tl). Rabl-Rückhard pense que ces bourrelets ne sont pas propres aux Poissons, mais existent aussi dans d’autres classes de Vertébrés.
Rabl en effet, ayant trouvé chez les Edentés un bourrelet épendymaire longitudinal de l’aqueduc de Sylvius, croit pouvoir Phomologuer au torus longitudinalis des Poissons osseux. Il pense aussi que ces bourrelets ont pour homologues, chez la Grenouille, diverses espèces de Reptiles, et chez le Pigeon, des épaississements épendymaires qui se produisent sur la voûte du cerveau moyen, de chaque côté de la ligne médiane et immédiatement en arrière de la commissure postérieure, et qui se développent en formant des franges librement pendantes dans la cavité ventriculaire. D’après lui, les tori longitudinales ne seraient donc pas des formations particulières aux Poissons osseux, mais auraient une existence générale. Du reste, nous ajouterons que, par le mode de formation que Rabl assigne
CERVEAU MOYEN
aux tori longitudinales, ces productions nous paraissent identiques à la lamelle du toit et au diverticule du toit, dont nous avons décrit ci-dessus la manière d'être d’après Lowe. Cette supposition se trouve appuyée par les observations qu’a faites Auerbach chez les Téléostéens : il y a ici, sur la ligne médiane de la voûte du cerveau moyen, un îlot cellulaire, qui dans le cours du développement est repoussé en haut; les deux moitiés de la voûte se retroussent alors en dedans vers la cavité cérébrale et forment ainsi les deux bourrelets qui sont les tori longitudinales.
Sur les parties latérales du plancher régnent deux autres bourrelets, les « corps cannelés » (Cuvier), tori semi-circulares (Haller), appelés aussi colliculi , qui sont bien développés chez les Poissons osseux (Stieda, Holt), à peine indiqués chez Acipenser (Goronowitsch), manquant aux Sélaciens (Viault, Sanders) (fig. 230 et 231, ts).
La cavité du cerveau moyen présente encore une autre particularité chez les Poissons osseux et l’Esturgeon. La valvule de Vieussens ou voile médullaire antérieur se développe puissamment chez eux ( valvula ou fornix de Gottsche) et se projette en avant, dans l’intérieur de la cavité du cerveau moyen, sous l’aspect d’un prolongement linguiforme, que Stieda le premier a homologué à la valvule de Vieussens des Mammifères et qu’il a nommé pour cette raison valvula cerebelli (fig. 230 et 231, v). Il en résulte que la cavité du cerveau moyen se trouve divisée, à la hauteur de la valvule, en deux étages superposés : l’un, supérieur, recouvert par le toit optique, plus spacieux, est la vésicule cérébrale moyenne proprement dite ou ventricule optique (fig. 231 A, vo) ; l’autre, inférieur, surmonté par la valvule, est réduit à un canal qui est l’aqueduc de Sylvius au sens étroit du mot ( aq ). La valvule a naturellement deux feuillets : par son feuillet antérieur elle se continue avec le toit optique ; par
Fig. 230. — Coupe transversale du cerveau d'un jeune Bar, simplifiée d’après Herrick .
to, toit optique. — cg, corps genouillé. — tl, torus longitudinale. — ts, colliculus ou torus semicircularis. — v, extrémité antérieure libre de la valvula cerebelli. — hypo, liypoavium. — cm, corps mamillaire.