V. — Région pinéale et paraphyse
Depuis que la glande pinéale des Vertébrés, si longtemps énigmatique, a pris rang, comme chacun le sait, parmi les organes des sens, l’attention des embryologistes s’est portée avec prédilection sur ce petit organe et sur les parties qui l’avoisinent directement, et des travaux nombreux se sont produits sur le développement de la région pinéale chez les Vertébrés de tous les ordres. On y a trouvé des organes de forme et de constitution très variées suivant les cas. C’est d’une part, comme chez les Reptiles et les Cyclostomes, un organe, dit pinéal ou pariétal, semblable à un œil
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
avec son cristallin, sa rétine, son nerf; c’est l’œil pinéal ou pariétal. C’est ailleurs une formation glandulaire, dès longtemps connue, la glande pinéale des Oiseaux et des Mammifères. C’est encore un organe tubuleux, diverticule du cerveau intermédiaire, nommé l’épiphyse. Il s’agira de reconnaître par l’étude du développement la valeur morphologique de ces divers organes de la région pinéale.
Une autre formation, indépendante delà région pinéale, en avant de laquelle elle est située dans la voûte cérébrale, la paraphyse de Selenka, a excité aussi la curiosité des morphologistes. Bien que cette paraphyse n’ait de commun avec les organes de la région pinéale que son origine aux dépens de la voûte cérébrale, elle a été souvent confondue avec l’un d’eux. Nous l’étudierons en même temps que les organes de la région pinéale, tout en la distinguant nettement de cette région.
Dans cette étude, voici la marche qui sera suivie : d’abord la description des formes adultes et surtout du développement des organes de la région pinéale et de la paraphyse chez les différents types de Vertébrés ; — ensuite la comparaison des résultats obtenus et la signification des organes observés.
§ 1 . — Description des faits concernant l’état adulte et le développement de la région pinéale et de la paraphyse. — 1° Cycloslomes. — Â. — Les organes de la région pinéale de ces animaux nous sont connus depuis les recherches d’Ahlborn. Cet auteur a montré, et tous ceux qui l’ont suivi (Shipley, Beard, Owsjannikow, Whitwell, Gaskell, Studnicka) ont confirmé ses* résultats, que dans la région pinéale de la voûte du thalamencéphale il existe deux vésicules superposées, situées dans une dépression du crâne au-dessous d’une tache blanchâtre de la peau derrière l’orifice externe de la fosse olfactive. Elles reposent sur une masse ganglionnaire, qui a une situation impaire et médiane, mais qui en réalité appartient au côté droit de l’animal ; c’est le ganglion habenulœ droit , connu auparavant sous le nom de « prolongement rostriforme » ; son congénère du côté opposé, le ganglion habenulœ gauche , beaucoup plus petit que le précédent, a été déplacé par suite de l’accroissement considérable du ganglion droit (fig. 267, A, ghd , ghs).