‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 199 sur 284 · DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL P1NEAL DES TELEOSTÉENS · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL P1NEAL DES TELEOSTÉENS

existe donc chez les Sélaciens une forme embryonnaire multioculée, par laquelle passent sans doute les autres Vertébrés, mais qui chez eux est probablement très fugitive et pour cette raison n’a pas encore été observée. De ces deux paires de vésicules optiques accessoires, la postérieure ( opa 2) disparaîtra sans laisser de traces ; mais l’antérieure (opa1) entrera dans la constitution du cerveau intermédiaire et spécialement formera le diverticule pinéal. L’auteur n’est du reste pas explicite quant à la façon dont cette paire de vésicules se fusionne pour donner naissance au diverticule pinéal impair.

Fig. 270. — Tête d’un embryon de Sàlmo fontinalis, de 7 millim. de long, âgé de 39 jours

(d’après Hill).

Fig. 271. — Tête d’un embryon de Stizostedion vitreum, long de 5 millim., âgé de 10 jours (d’après Hill).

Vue antéro-ventrale de la tête de l’embryon virant. — cm, cavité du cerveau moyen. — • en, cerveau antérieur. — ea, vésicule épiphysaire antérieure. — ep, vésicule épiphysaire postérieure. — op, vésicule optique (œil latéral).

Vue dorsale de la tête de l’embryon vivant. — m, moelle. — ce, cervelet. — cm, cerveau moyen. — ca, cerveau antérieur. — ep, vésicule épiphysaire postérieure. — ea, vésicule épiphysaire antérieure. — op, vésicule optique (œil latéral).

Soit maintenant un diverticule pinéal ou épiphysaire, que l’on supposera, si l’on veut, formé par le processus qu’indique Locy.

Ce diverticule, d’après Holt, se partage incomplètement chez le Hareng en deux vésicules, l’une proximale, l’autre distale, que l’auteur compare aux vésicules supérieure et inférieure des Cyclostomes, sans que cependant Tune se différencie jusqu’à offrir la structure d’un œil.

Avec Hill se trouve confirmée, chez plusieurs Poissons osseux (Salmo, Catostomus , Stizostedion, Lepomis , Coregonus) et chez Amia , l’existence de deux vésicules distinctes composant l’appareil

pinéal (1). Mais au lieu que ces vésicules naissent Y une de l’autre, elles prennent origine sur la voûte cérébrale isolément et en deux points différents. La question se présente donc à nous de la même façon que pour les Gyclostomes : ou bien il n’existe qu'une seule formation segmentée en deux vésicules, ou bien ces deux vésicules sont deux formations indépendantes l’une de l’autre. Nous retrouverons plus tard la même controverse à propos de la genèse de l’appareil pinéal des Reptiles. Tantôt les deux organes sont placés l’un à côté de l’autre, dans un même plan transversal de la tête, comme chez Salmo et Catostomus (fîg. 270, ea, ep) ; ailleurs, par exemple chez Stizostedion , Coregonus , Lepomis , ils sont situés l’un derrière l’autre (fig. 271, ea , ep), la vésicule antérieure étant déplacée cependant vers la gauche, de sorte que ce n’est pas un plan sagittal, mais oblique, de la tête qui les contiendrait tous deux. Sur une coupe qui les intéresserait tous deux, une coupe à peu près sagittale par exemple (tîg. 272), les deux organes (ea, ep) sont en connexion assez intime pour que la paroi postérieure de la vésicule antérieure se continue directement avec la paroi antérieure de la vésicule postérieure, de telle sorte que la paroi antérieure de la première et la paroi postérieure de la seconde sont les seules qui soient en continuité avec la voûte du cerveau intermédiaire. L'auteur suppose que cet état n'est que secondaire ; il est dû à ce que les deux vésicules, en se développant du côté dorsal, ont entraîné avec elles une partie de la paroi cérébrale, ce qui fait comprendre comment la figure 271 peut être réalisée; mais primitivement les deux vésicules étaient, d’après Hill, indépendantes l’une de l’autre. La vésicule antérieure est rudimentaire. La vésicule postérieure au contraire, bien développée, est hautement différenciée et contient des cellules nerveuses arrangées en groupes caractéristiques ; un tractus de fibres nerveuses unit ces cellules à la paroi cérébrale en empruntant la voie de la commissure postérieure.

(1) Studnicka a fait la même constatation chez Perça et Rhodeus.

Fig. 272. — Coupe des vésicules épiphysaires d’un embryon de Stizostedion vitreum (d’après Hill).

ep, vésicule épiphysaire antérieure. — ea, vésicule épiphysaire postérieure. — v3, cavité du troisième ventricule.

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