RÉGION P1NÉALE DES SAURIENS
Le cristallin ( cr ), qui est constitué par la paroi externe de la vésicule, a la forme d’un cône dont la base est tournée vers la périphérie, tandis que sa pointe plonge dans la cavité oculaire. Spencer l’a considéré comme constitué par de longues cellules cylindriques, tandis que Hoffmann n’y distingue que des fibres courant parallèlement à l’axe de l’œil entre lesquelles se trouvent des noyaux.
Spencer ne distingue pas moins de 6 couches dans la rétine (R), savoir de dedans en dehors : 1° une couche de bâtonnets enfouis dans du pigment ; ces bâtonnets au niveau de l’axe optique de l’œil sont beaucoup plus longs et entrent en rapport par leur extrémité cérébrale effilée avec un groupe de cellules nucléées (ganglion) ; — 2<> une couche d’éléments nucléésqui sont en relation d’une part avec les bâtonnets, d’autre part avec la couche suivante ; — 3° une zone très mince de substance finement grenue, comparable à la couche moléculaire de l’œil pair ; — 4° une couche d’éléments ronds nucléés ; — 5° une assise de corps coniques sans noyau ; — 6° entre les bases de ces derniers, une rangée d’éléments fusiformes nucléés, dont partent des prolongements dirigés en dedans. Dans cette rétine, Hoffmann réduit à trois le nombre des couches que l’on peut distinguer : 1° une de bâtonnets appartenant à des cellules cylindriques dont le corps fortement pigmenté se replonge en une expansion délicate qui s’unit aux éléments de la troisième couche ; — 2° une de gros noyaux disposés sur deux, trois rangs et enfouis dans une masse commune de protoplasma ; — 3° une de cellules coniques, à base périphérique, et dont la pointe est unie aux cellules à bâtonnets. Un nerf puissant (N) vient s’épanouir autour de la rétine et l’entourer comme d’un manteau ; les rapports de ses fibres avec les cellules rétiniennes sont encore indéterminés. Une question controversée est aussi celle de savoir si le cristallin et la rétine sont séparés l’un de l’autre vers l’équateur de l’œil par une fente, ou s’ils sont en continuité de substance; cette dernière manière de voir est plus généralement acceptée.
Au niveau de cet œil le derme est modifié ; il est dépourvu de cellules pigmentaires, transparent, d’une structure spéciale, et ressemble ainsi, avec l’épiderme qui le tapisse, à une véritable cornée (C).
L’œil de Pseudopus (fig. 277) est constitué, d’après Hoffmann, à peu près comme celui d 'Hatteria. Il a la forme d’un ovale à grand axe dirigé transversalement dans la tête. Le cristallin (Cr), de figure lenticulaire, consiste en cellules fusiformes légèrement pigmentées. La rétine (R) a essentiellement la même structure que chez Hatteria.
Chez Anguis (fig. 278), l’œil est isolé, sans connexion avec le cerveau ; car la tige nerveuse a disparu ici à l’état adulte. Le cris-
KLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE.
il — 38
tallin (Cr) est formé de cellules cylindriques qui peuvent être pig-
FiG. 2 77. — Coupe transversale de l’œil pariétal de Pseudopus Pallasii (d’après Hoffmann).
C, cornée. — Cr, cristallin^ — L, espace central de la vésicule pariétale représentant un pseudo-corps vitré. — R, rétine avec ses trois couches. — cp , cellules pigmentées autour de ila vésicule pariétale.
mentées. La rétine (R) comporte, comme dans les cas précédents, trois couches, mais moins nettes.
Fig. 278. — Coupe sagittale de la tête d’un Orvet nouveau-né montrant l’épiphyse et l’œil pinéal.
Cr, cristallin. — R, rétine pigmentée. — C, cornée formée par un amincissement de la peau, qui est en même temps privée de pigment et modifiée dans sa structure. — e, épiderme. — d, derme. — ep, épiphyse. — pch, plexus choroïdes. — th, thalamencéphale.
Chez Lacerta , Toeil est encore plus réduit. L’œil a une forme lenticulaire; il est isolé, sans nerf qui le réunisse au cerveau. Le