‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 203 sur 284 · RÉGION PINÉALE DES SAURIENS · texte numérisé non relu

RÉGION PINÉALE DES SAURIENS

cristallin est formé de cellules cylindriques sans pigment. La rétine est constituée par des cellules fortement pigmentées.

Chez Chamæleo , le nerf a persisté ; mais l'œil ne présente aucune différenciation nette en rétine et cristallin.

L’épiphyse forme un large et long diverticule issu du troisième ventricule. Souvent, comme chez Anguis , elle est coudée à angle droit, de façon que sa partie terminale a une direction horizontale. Ses parois, qui peuvent être pigmentées, consistent en deux couches distinctes : l’interne est formée de cellules cylindriques grêles, comparables à l’épithélium ventriculaire; l’externe est une couche de névroglie délicate renfermant des fibres nerveuses et des cellules ganglionnaires.

Quelques espèces présentent une disposition qui paraît absolument

op, œil pinéal principal, coupé tangentiellement. — opa, œil pinéal accessoire. — pch, plexus choroïdes du troisième ventricule . — ep, extrémité distale de l’épiphyse. — e, d, épiderme et derme de la région de la peau transformée en cornée.

aberrante. Ainsi Phrynosoma coronata , daprès les recherches de Ritter et de Sorensen entre autres, outre un œil bien constitué et différencié en rétine et cristallin, outre encore une épiphyse réunie au cerveau intermémédiaire par une tige épiphysaire, possède (comme l’a vu Ritter) une grande vésicule située juste au-devant et un peu à droite de l’œil, à laquelle Ritter donne le nom d’organe parapinéal, imposé par Studnicka à la vési-

cule inférieure des Cyclostomes. Cette vésicule est sans connexion aucune avec l’œil, avec l’épiphyse et moins encore avec le cerveau intermédiaire. Par sa structure, l’organe parapinéal diffère entièrement de l’œil de Phrynosoma :.car il n’est pas différencié en rétine et cristallin, et manque de pigment.

Enfin, plusieurs auteurs (Duval et Kalt, Leydig, Carrière, nous-même) ont décrit chez Anguis fragilis, à l’état adulte ou dans un stade embryonnaire déjà avancé, des yeux accessoires qui peuvent chezun même individu se trouver au nombre de trois. Ces yeux, plus ou moins gros mais toujours beaucoup plus petits que l’œil principal, ont une structure très simple : quelques cellules cylindriques pigmentées, irradiées autour d’une petite lumière centrale, les constituent (flg. 279, opa). Leur situation est variable, et à . cet égard nous avons distingué quatre variétés d’œil accessoire : « l’œil épiphysaire », situé à l’extrémité même de l’épiphyse ; « l’œil pariétoépiphysaire », de beaucoup le plus fréquent, placé entre l’épiphyse et l’œil principal; « l’œil pariétal » ou interpariétal, inclus dans l’œil principal même ; « l’œil choroïdien », qui fait partie des plexus choroïdes. L’apparition de ces yeux accessoires est une anomalie presque aussi fréquente chez l’Orvet que leur absence.

En outre, de Klinckowstrôm a décrit chez Iguana tuberculata un œil secondaire qui se forme à l’extrémité de l’épiphyse, et qui peut atteindre la perfection de l’œil principal, offrant une rétine et un cristallin différenciés.

Chez Plie a umbra, Spencer avait auparavant signalé aussi l’existence d’une « vésicule oculaire secondaire ».

B. — Le développement de l’appareil pinéal, chez les Reptiles et particulièrement les Lacertiliens, a été très étudié déjà par Leydig, Hoffmann, Selenka, Strahl, Strahl et Martin, Francotte, Béraneck, de Klinckowstrom.

Deux manières de voir diamétralement opposées ont été soutenues tour à tour. Pour Hoffmann, Strahl et Martin, Selenka, de Klinckowstrom, ainsi que pour Leydig, Francotte et Béraneck dans leurs premières publications, la voûte du cerveau intermédiaire ne donne naissance qu’à un seul diverticule, lequel se sépare ensuite en deux segments, dont l’un proximal forme l’épiphyse, et dont l’autre distal devient l’œil pariétal (fig. 280, sp, op).

Au contraire, Leydig, Béraneck et Francotte, dans des travaux plus récents, admettent qu’il se produit deux diverticules dorsaux de la voûte du cerveau intermédiaire, voisins, mais indépendants l’un de l’autre, dont l’un est l’épiphyse, l’autre l’œil pariétal.

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