DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL P1NEAL DES SAURIENS
Suivant Leydig, ces deux organes sont même rapprochés au point de communiquer avec le cerveau intermédiaire par une antichambre commune, comme il l’a vu pour Lacerta , Seps et Anguis. Francotte, chez cette dernière espèce, décrit un processus un peu différent. Pour lui, les deux diverticules pariétal et épiphysaire sont bien indépendants ; mais la paroi postérieure seule de l’évagination épiphysaire appartient en propre à cette évagination, tandis que la paroi antérieure est empruntée aux cellules qui se trouvent à la limite du toit du cerveau intermédiaire et de la paroi inférieure ou postérieure du diverticule pariétal ; ce serait là un mode secondaire propre à l’Orvet et dû à ce que chez cet animal l’épiphyse se forme tardivement. Pour Francotte aussi, l’antichambre commune dans laquelle s’ouvrent l’épiphyse et la vésicule pariétale résulte du rapprochement de la paroi postérieure de l’épiphyse et de la paroi antérieure de la vésicule pariétale ; elle est donc secondaire et non primitive, comme Leydig l’admet.
En fait, chez les différents Sauriens soigneusement examinés (Anguis, Lacerta , Seps , 1 guano ), on n’a jamais vu jusqu’ici deux diverticules distincts naissant aux dépens du cerveau intermédiaire d’une façon indépendante. Gequ’on a trouvé, c’est deux vésicules entées l’une sur l’autre, l’une d’elles seulement, l’épiphyse future, s’implantant directement sur le cerveau intermédiaire, tandis que l’autre, le futur organe pariétal, s’ouvrait dans l’épiphyse. Cet aspect, il est vrai, peut être dû à ce que l’on s’est adressé à des stades trop âgés, et il est possible qu’en des stades plus jeunes, les deux formations prennent naissance toutes deux directement sur le cerveau intermédiaire, tout au plus côte à côte (comme Fa admis Leydig), mais tout à fait isolées l’une de l’autre. Nous retrouvons en somme les deux organes dans les mêmes relations réciproques que Hill a décrites chez les Téléostéens ; et ici aussi, nous pouvons supposer avec beaucoup de vraisem-
Fig. 280. — Coupe sagittale de l’épiphyse et de l’organe pariétal d’un embryon d’Iguana tuberculata de neuf jours (d’après de Klinckowstrom).
ep , épiphyse. — op, organe pariétal. — ci, paroi du cerveau intermédiaire. — e, épiderme.
blance que l’état, où les deux vésicules paraissent n’être que les deux segments proximal et distal d’un même organe, n’est que secondaire, et a été précédé par une autre disposition, où toutes deux prenaient origine directement sur la voûte du thalamencéphale.
L’origine directe et indépendante des deux organes sur la voûte cérébrale n’est du reste pas inconciliable avec le fait de leur connexion réciproque plus ou moins intime. On peut, en effet, trouver (fîg. 281) l’épiphyse (ep) et l’organe pariétal ( op ) d’une part réunis Tune à l’autre, et d’autre part l’épiphyse s’ouvrant dans la cavité cérébrale et se continuant avec la paroi {ci) du cerveau intermé-
Fig. 281. — Coupe sagittale de l’ épiphyse et de l’organe pariétal d'un embryon d’Anguis fragilis de
10 millim. de long.
ep, épiphyse. — op, organe pariétal. — ci, paroi du cerveau intermédiaire. — a, connexion pariéto- » épiphysaire. — np, cp, lieu de soudure de l’organe pariétal avec la paroi cérébrale.
diaire, tandis que l’organe pariétal est relié à cette même paroi par un pont cellulaire (np, cp), dont nous allons voir la destinée probable. Ce pont serait le dernier indice de l’évagination cérébrale indépendante ayant donné lieu à l’organe pariétal, dans le processus primitif, palingénétique; cœnogénétiquement la connexion de l’organe pariétal avec l’épiphyse se serait substituée en grande partie à la connexion cérébrale préexistante.
Plus tard, les deux organes se séparent l’un de l’autre d’une façon définitive. C'est alors que paraît le nerf pariétal. La genèse de ce nerf, déjà décrit par Spencer, nié par Leydig, a été étudiée