MARCHE DE LA DIFFERENCIATION HISTOLOGIQUE
autrement dit, i’organogenèse de l'embryon? Quels seront ensuite les processus généraux à l’aide desquels aux dépens des organes primitifs du corps embryonnaire se constitueront les organes définitifs de l’adulte, quels seront, en d’autres termes, les principes de l’organogénie ?
En réalité les lois qui commandent les processus organogéniques sont les mêmes que celles qui président aux premiers phénomènes du développement embryonnaire, ainsi que l’on pouvait s’y attendre, puisque l’organogénie et l’embryogénie proprement dite ne sont que des périodes artificiellement séparées d'une évolution parfaitement continue. C’est l’examen succinct de ces lois, ou principes de l’organogenèse, applicables à toutes les périodes du développement embryonnaire et même de la vie post-embryonnaire de l’individu-Vertébré, qui fait l’objet du présent chapitre (1).
Dans cet aperçu nous nous placerons successivement à deux points de vue différents. Nous verrons d’abord comment on peut comprendre au point de vue histo-physiologique les processus à l’aide desquels les élémentsdu corps embryonnaireatteignent l’état de différenciation histologique le plus parfait en même temps que le degré le plus élevé de spécialisation physiologique ; nous examinerons en un mot les principes de l’histogenèse. Nous rechercherons ensuite comment, au pointde vue morphologique, les formes diverses représentéesdanslesorganesdel’adulte se sontproduitesaux dépens des formes plus simples des organes fondamentaux de l’embryon ; nous nous occuperons en d’autres termes des principes de l’organogenèse proprement dite ou même de la morphogenèse.
§ 1. -—Principes de l’histogenèse. Marche générale de la différènciation histologique. — A. Si l’on considère un organe de l’organisme adulte du Vertébré, le tube digestif par exemple, on trouvera qu’il entre dans sa constitution plusieurs formes de cellules bien différentes, à chacune desquelles, la physiologie nous
(1) Ce chapitre s'applique donc rétrospectivement au premier volume de cet ouvrage aussi bien qu’au second. Néanmoins, pour comprendre la valeur des considérations qui y sont développées, il faut faire appel à des faits exposés dans le premier volume. C’est pourquoi nous avons reporté ces considérations au début du tome second.
PPINCIPES DE L’ORGANOGENÈSE
l’apprend, il revient une fonction distincte : telle la cellule intestinale, la cellule musculaire. Examinant d’autres organes, nous y rencontrerons de nouvelles formes cellulaires, douées de propriétés différentes de celles que nous avions vues se manifester dans les précédentes, mais aussi nous pourrons y retrouver les mêmes formes de cellules que le tube digestif nous avait présentées, par exemple la cellule musculaire. Nous en conclurons qu’il existe dans l'organisme du Vertébré un certain nombre de groupes cellulaires distincts, propres à un seul organe ou communs à plusieurs, dans chacun desquels les éléments composants auront les mêmes formes et rempliront le même rôle ; ces groupes seront les tissus.
Si nous remontons dans le développement embryonnaire, jusqu’à atteindre par exemple le moment où nous avons laissé l’ébauche embryonnaire à la fin du chapitre Ier, nous ne trouverons, dans chacun des organes primordiaux dont se compose cette ébauche, dans le tube digestif, par exemple, que des cellules toutes semblableset douéesdes mêmes fonctions, autant queces fonctions peuvent s’exercer ; ce sont les cellules intestinales, dont l’ensemble formera un tissu et un seul tissu. La notion de tissu se confondra avec celle d’organe.
Plus haut encore, à la période de gastrula, nous verrons que chacun des feuillets dont se constitue le germe gastruléen est formé de cellules toutes pareilles et remplissant les mêmes fonctions, si obscurément que ce soit; chaque feuillet n’est qu’un tissu. La notion de feuillet et celle de tissu coïncident.
A la période de blastula nous n’aurons plus qu'un seul groupe histologique de cellules, un seul tissu pour constituer le germe blastuléen tout entier. La notion de tissu se confondra avec celle du germe embryonnaire même.
La conclusion que nous tirerons de cet aperçu histogénétique est que les différenciations si tranchées qui caractérisent les tissus adultes ont été atteintes successivement, par degrés, lors des étapes successives parcourues par l’ébauche embryonnaire, étapes à chacune desquelles correspond un certain degré de différenciation des éléments constitutifs des organes.
Ces différenciations de plus en plus précises n’étaient d’ailleurs