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LES TISSUS ET LA SIGNIFICATION DES FEUILLETS

que l’expression de la spécialisation de plus en plus grande des fonctions cellulaires . La fonction faisait la cellule, et deux fonctions différentes faisaient deux tissus.

Pour consacrer cette conclusion, il suffirait de diviser les cellulesen espèces, genres, familles, de dresser unarbre histogénétique et de prononcer le mot de spécificité cellulaire (Renaut, Bard, Hillemandj. Les cellules musculaires formeraient une espèce, les cellules de l’épithélium du cœlome un genre, celles du feuillet interne primaire une famille.

Cette conception, en apparence si satisfaisante, rencontre cependant certaines difficultés.

Si le développement ontogénétique et le développement phylogénétique coïncident, comme nous l’avons posé au début de ce chapitre, de telle sorte qu’un Vertébré à une certaine période de son développement embryonnaire, au stade de gastrula par exemple, se présente transitoirement en un état qui nous est offert fixé et définitif par des animaux inférieurs tels que les Hydroméduses, et que l’on peut rapprocher et distinguer à la fois de la gastrula en l’appelant gastraea, ne devient-il pas nécessaire alors que les feuillets de la gastrula éprouvent dans le développement individuel du Vertébré les mêmes différenciations que les feuillets de la gastraea chez l’Hydroméduse, que les produits de l’un ou de l’autre feuillet soient les mêmes dans la gastrula et dans la gastraea, que des éléments tels que les éléments nerveux dérivent du même feuillet dans l’un et l’autre cas ? Or il n’en est pas absolument ainsi.

En outre, il arrive qu’un tel arbre peut porter à l’extrémité de deux de ses rameaux terminaux des produits analogues. Parexemple, tandis que le plus grand nombre des cellules musculaires lisses terminent les rameaux fournis par la branche-mère mésodermique, il est aussi des cellules musculaires lisses qui couronnent les rameaux terminaux émanant de la branche épidermique, supportée elle-même par la branche-mère ectodermique (fibres lisses des glandes sudoripares vues par Kolliker, Leydig, Ranvier). On en est réduit alors à dire que les feuillets et les organes embryonnaires, qui forment les branches principales de l’arbre histogénétique, ne sont pas différenciés, puisque leurs produits terminaux peuvent se ressembler.

C’est en présence de ces difficultés que Gôtte, les Hertwig, et surtout Kolliker ont été amenés à soutenir que les feuillets ne sont que des organes morphologiques, c’est-à-dire des formes que prennent des groupes de cellules d'ailleurs indifférentes et pouvant donner dans des cas divers des éléments dissemblables, et que, dépourvus de toute signification histophysiologique ils ne représentent nullement des organes histologiquement différenciés et physiologiquement spécialisés (1).

(1) La première objection doit être réservée.

Quant à la seconde, ne peut-on pas, renversant la proposition de Kolliker, juger non

PRINCIPES DE l’oRGANOGENESE

B. — Après avoir mené de front lesconsidérations physiologiques et les données de l’histologie, en confondant dans un exposé parallèle le perfectionnement de la fonction et la précision de la différenciation, nous devons chercher, à un point de vue spécialement histologique, à la suite de quelles différenciations se sont constitués les principaux tissus, épithélial, nerveux, musculaire, conjonctif, qui composent l’organisme adulte du Vertébré, et si ces tissus ne peuvent pas être ramenés à un plus petit nombre de types, lorsqu’on remonte dans le développement embryonnaire pour arriver à l’ensemble des cellules embryonnaires, cellules toutes homœmorphes, issues de la segmentation. Trois essais surtout ont été faits dans ce sens.

Pour His, les tissus de l’organisme adulte du Vertébré ont leur origine dans deux parties distinctes delà sphère ovulaire. Les cellules des tissus épithéliaux et nerveux et les muscles dérivent d’éléments épithéliaux, dont l’ensemble est formé aux dépens de l’hémisphère supérieur de l’œuf et porte le nom d’archiblaste. Les cellules du tissu conjonctif, auxquelles on peut ajouter les éléments du sang, proviennent d’éléments dépourvus du caractère épithélial, dont l’ensemble constitué dans l’hémisphère inférieur de l’œuf est appelé parablaste. Ainsi Indifférenciation histologique que l’on observe à l’état adulte ou même chez un embryon suffisamment âgé est précédée d’une distinction entre tissus archiblastiques (épithéliaux) et tissus par abiastiques (non épithéliaux). Cette distinction, dans la pensée de son auteur, a sa raison d’être dans l’origine de l’archiblaste et du parablaste aux dépens de régions difîéréntes de l’œuf. Elle comporte, toutefois, dans l’état actuel de la science, deux importantes corrections, qui en diminuent beaucoup la valeur. D’abord il est un épithélium, l’épithélium intestinal, qui dérive d’une membrane, l’entoderme vitellin, d’origine parablastique. En outre, il est une partie du tissu conjonctif,

pas les feuillets par les tissus, mais, ce qui paraît plus conforme aux faits actuels, ce qui tout au moins est légitime pour l’embryologiste, les tissus par les feuillets ? On dira alors que les tissus ne sont que des agrégats de formes cellulaires semblables que peuvent revêtir des éléments d’origine différente, et que, les formes cellulaires qui les caractérisent étant dépourvues de toute signification morphologique à cause de la diversité possible de leur origine, ils ne représentent pas des entités morphologiquement distinctes.

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