DÉVELOPPEMENT HISTOLOGIQUE DU CERVEAU INTERMEDIAIRE
Chez les Vertébrés inférieurs, ce développement se trouve très simplifié, parce que les couches optiques sont très réduites ou même font totalement défaut, comme l’ont constaté par exemple Rabl-Rückhard pour les Téléostéens, Goronovitsch et Edinger pour les Sélaciens. Le cerveau intermédiaire ne comprend guère alors que le pédoncule cérébral et les ganglions de Vhabenula .
Le pédoncule cérébral est l’ensemble des fibres venant du cerveau antérieur ou s’y rendant; il se présente sous la forme d’une masse blanche occupant les parois latérales de la vésicule intermédiaire.
Les ganglions de l’habenula (« tubercules intermédiaires » de Gottsche, « couches optiques » de Balfour), auxquels correspond chez les Mammifères la région désignée comme « triangle de l’habenula » sont deux masses parfois très puissantes ; elles représentent chez les Vertébrés inférieurs la partie ganglionnaire principale des parois du thalamencéphale. Nous avons vu plus haut les relations étroites qui les unissent aux organes de la région pinéale (épiphyse et organe pariétal). Nous avons vu aussi que dans nombre de cas, chez les Cyclostomes et les Ganoïdes à l’état adulte par exemple et aussi chez les embryons des Téléos-' téens, ils sont asymétriques, le droit étant plus développé que le gauche.
VIL — Développement histologique du cerveau intermédiaire
Le développement histologique des parties du cerveau intermédiaire qui, comme finfundibulum et ses annexes et comme la voûte cérébrale avec la région pinéale, prennent une conformation histologique spéciale, a déjà été traité (p. 559 et 605) et ne nous occupera plus. Il ne sera question ici que de l’apparition dans le cerveau intermédiaire des masses ganglionnaires d’une part, des trajets fibreux et particulièrement des commissures d’autre part (1).
(1) Comme le développement histologique du cerveau intermédiaire chez les Vertébrés supérieurs n’est encore que très incomplètement connu, nous suppléerons à cette insuffisance de documents sur le développement ontogénétique par un aperçu des données que l'on possède sur la texture du cerveau intermédiaire chez les Vertébrés inférieurs. Nous montrons quels sont, chez ces derniers, les masses ganglionnaires essentielles, les trajets fibreux fondamentaux, les commissures principales, dans l’espoir que
Parties ganglionnaires. — Les masses ganglionnaires sont très réduites chez les Vertébrés inférieurs, comme nous l’avons déjà brièvementindiqué, et la plupart des noyaux gris, que les Mammifères et l'Homme présentent dans leur cerveau intermédiaire, sont rudimentaires ou même absents dans les types inférieurs de la série. Toutefois, il semble que certaines formations ne fassent défaut à aucun Vertébré. Il en est ainsi, nous le rappelons, des ganglions de l’habenula. Les corps genouillés ne manqueraient jamais non plus, d’après Bellonci. Le « ganglion interpédonculaire » (v. Gudden) serait aussi une formation constante (1).
Du reste les opinions sont partagées sur l’état de la masse ganglionnaire du thalamencéphale chez les Vertébrés inférieurs.
Les Sélaciens par exemple, d’après les observations d’Edinger, ne présentent, outre les ganglions de l’habenula, qu’une « masse grise centrale» de peu d’importance et un noyau gris comparable à un corps genouillé.
Herrick, au contraire, décrit et figure chez les Téléostéens, dans l’épaisseur des lobes infundibulaires ou hypoaria, une série de noyaux ( nidulus niger, nidulus ruber , nidulus subthalamïcus ), qu’il homologue en partie aux formations de même nom existant chez les Vertébrés plus élevés; ces noyaux sont, du reste, de véritables relais, différenciés sur le trajet du pédoncule cérébral, pour les fibres qui se rendent du cerveau à la moelle ou réciproquement.
Chez lesDipnoï, Fulliquet et Burckhardt, chez les Amphibiens, Edinger et Oyarzun ont trouvé la paroi latérale du cerveau intermédiaire en un état très simple, comparable à celui qu’offrent les embryons des Vertébrés plus élevés: une zone interne cellulaire compacte, une zone externe cellulaire lâche, une couche fibreuse périphérique composent cette paroi. Il n’y a pas de ganglions différenciés, mais seulement des saillies de la couche cellulaire s’enfonçant dans la zone fibreuse (Edinger).
Pour Kôppen, Osborn, Burckhardt au contraire, le cerveau intermédiaire des Amphibiens serait plus parfaitement organisé, surtout chez les Anoures; on y pourrait distinguer un « noyau du cerveau intermédiaire » et un corps genouillé, celui-ci en partie plongé dans l’épaisseur du cerveau moyen.
Avec les Reptiles, la complication devient plus grande, comme il résulte des recherches de Herrick et de A. Meyer.
Le cerveau intermédiaire des Oiseaux a montré à Bellonci et à L. H. Turner : un corps genouillé représentant le corps genouillé externe des Mammifères : le nidulus posterius ou corpus posterius ; situé en arrière
des formations analogues se retrouveront dans les stades du développement des Vertébrés supérieurs, et que le plan d'organisation offert par l’anatomie comparée ne sera pas démenti, dans ses grandes lignes du moins, par l'ontogénie.
(1) Le ganglion interpédonculaire, « corps interpédonculaire» d'Edinger, qui est à la limite des cerveaux intermédiaire et moyen, appartient plutôt à ce dernier.