DIFFÉRENCIATION DES TISSUS ET LEUR CLASSIFICATION
sinon le tissu conjonclif tout entier, qui doit son origine à l’épithélium mésodermique, c’est-à-dire à l’archiblaste.
Les Hertwig ont distingué, au-dessus des tissus adultes, deux groupes bien tranchés : le tissu épithélial et le mésenchyme. Les
Fig-. 28. — Schéma des différenciations variées des éléments épithéliaux, fait d’après le principe
que Rabl a donné.
a. Cellules épithéliales typiques de forme régulière et unies étroitement par des ponts intercellulaires. bb’. Cellules épithéliales dont la face superficielle a différencié des cils ou des bâtonnets (épithélium
cilié, épithélium rétinien).
c. Cellules épithéliales, dont les connexions sont devenues très intimes par disparition des ponts intercellulaires ou même (en bas de la figure) par effacement des limites cellulaires ; la face profonde ou base de ces cellules a différencié des fibrilles musculaires de plus en plus abondantes à partir du haut de la figure ; le complexus épithélial se trouve ainsi transformé en un faisceau de fibrilles musculaires dirigées perpendiculairement à l'axe de leurs cellules formatrices.
d. Cellules épithéliales dont les ponts intercellulaires se sont agrandis beaucoup, formant des prolongements cellulaires qui iinissent les cellules à grande distance ; l’extrémité profonde de la cellule a poussé un prolongement rectiligne ; le corps de la cellule même s’est renflé (formation de la cellule nerveuse avec ses prolongements protoplasmiques et sa fibre cylindre-axile) .
La cellule épithéliale devient irrégulière de forme, en même temps que les ponts intercellulaires s’allongent beaucoup et forment des prolongements cellulaires anastomosés (cellules connectives).
éléments mésenchymateux sont ceux qui, à un moment quelconque du développement embryonnaire, se détachent d’une membrane épithéliale et perdent les caractères de cellules épithéliales. La formation des éléments mésenchymateux peut être très précoce
PRINCIPES DE l’oRGANOGENESE
(mésenchyme primaire) ; c’est ainsi que des cellules peuvent, déjà au stade de blastula, se détacher de la paroi épithéliale de cette blastula. Ou bien elle est très tardive (mésenchyme secondaire) ; ainsi naissent des cellules mésenchymateuses aux dépens du mésoderme. Bien qu’ils présentent des caractères histologiques tranchés, les deux tissus fondamentaux, l’épithélium et le mésenchyme, pourront donner des produits analogues. C’est ainsi qu’il existe, soit chez des animaux différents soit chez un même animal, des muscles qui sont d’origine épithéliale et d’autres d’origine mésenchymateuse, lesquels présentent des caractères de structure différentiels il est vrai, mais n’en font pas moins partie d’un seul et même type histologique.
Si l’on remarque que la distinction entre épithélium et mésenchyme ne s’établit que secondairement, puisque le mésenchyme est lui-même le produitd’un épithélium, on comprendra que Rabl ait été tenté d’unifier l’origine de tous les tissus et d’en chercher la source dans un type commun, le type épithélial. Rabl, en effet, précédé dans cette voie par Kôlliker, Haeckel et par Renaut, a montré comment proviennent de simples cellules épithéliales les cellules nerveuses, les cellules musculaires et même les cellules connectives.Tous ces tissus, qui dérivent d’épithéliums, sont des tissus apothéliaux( Haeckel) ou paraépithéliaux (Renaut). Se plaçant sur le terrain de l’histogenèse pure, Rabl a précisé les processus variés à l’aide desquels se différencient les cellules épithéliales primitives (fig. 28) : c’est par différenciation de l’une ou l’autre de leurs faces (profonde ou superficielle), production sur leur face profonde ou base par exemple de fibrilles musculaires ou encore d’une fibre nerveuse; ou bien c’est par allongement des ponts de substance, dits ponts intercellulaires, qui unissent les cellules entre elles, d’ou résulte une forme cellulaire étoilée, qui est celle de l’élément conjonctif et des éléments dérivés (cellules osseuse, cartilagineuse, etc.) (1).
(1) Bien qu’il nous semble à la fois heureux et légitime de faire dériver toutes les formes cellulaires de la forme épithéliale, nous ne pouvons cependant nous empêcher de faire observer qu’il est une partie du germe embryonnaire qui d’emblée, dans les œufs chargés de vitellus, ne présente pas la disposition épithéliale ; c'est celle qui correspond au parablaste de His, qui doit bien être cependant pour quelque chose dans la produc-