‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 24 sur 284 · PROCESSUS GÉNÉRAUX DU DEVELOPPEMENT ORGANIQUE · texte numérisé non relu

PROCESSUS GÉNÉRAUX DU DEVELOPPEMENT ORGANIQUE

§ 2. — Principes de l’Organogenèse proprement dite ou Morphogenèse. Processus généraux du développement organique. — Ce sont les mêmes processus de développement organique qui interviennent dans la constitution des organes primordiaux de l’embryon et dans l’édification des organes définitifs de l’adulte; ils sont seulement plus complexes et plus diversifiés dans la seconde grande période du développement embryonnaire.

Nous étudierons d’abord les principes généraux qui président à la constitution de la forme des organes, ainsi que les principales modalités suivant lesquelles ces principes s’appliquent dans l’organogenèse. Nous verrons, en second lieu, après avoir établi les conditions de l’homologie et de l’analogie, après avoir défini la palingenèseetlacœnogenèse, comment les phénomènes organogéniques sont soumis à un plan général d’organisation qui régit le développement du Vertébré. Nous montrerons ensuite comment la différenciation histologique des organes ou différenciation organique vient compliquer les processus de la morphogenèse pure. Nous terminerons en disant un mot des principes de la tératogénèse.

tion des tissus de l’adulte. Pour demeurer fidèle à la doctrine de Rabl, il faut alors admettre, ce qui est d’ailleurs parfaitement compatible avec ce que l’on sait du développement phylogénétique des œufs des Vertébrés, que cette partie du germe dérive elle-même phylogénétiquement d’une région de structure épithéliale, et qu’elle a perdu secondairement cette structure dans le cours de l’évolution, en se chargeant de vitellus.

Il est un principe tout autre de différenciation histologique, qui, quoique dépourvu de toute base objective et ne reposant sur aucun fait d’observation microscopique, doit cependant être indiqué ici.

Dans toute individualité cellulaire, il y a lieu de distinguer, selon Weismann, un (( plasma germinatif » et un cc plasma histogène » ; le premier est le substratum des caractères spécifiques et individuels ; le second préside aux destinées de la cellule , commande son évolution, dirige ses divisions et ses différenciations. Celui-ci est périssable et ne dure que la vie des cellules. Celui-là est impérissable au contraire et se continue à travers les générations pour perpétuer les caractères de l’espèce et de l'individu.

Dans un individu composé d’un certain nombre de cellules, le corps du Vertébré en voie de développement par exemple, il en sera absolument de même (Nussbaum, Weismann, Zendl). Des cellules, les cellules germinatives , seront particulièrement chargées du plasma germinatif, qui assure la reproduction des caractères de l'individu et de l’espèce ; d’autres cellules, les cellules somatiques , riches en plasma histogène, subiront les différenciations variées que rend nécessaire la diversité des fonctions qui s’exercent dans la vie du Vertébré.

PRINCIPES DE l’oRGANOGENESE

A) La multiplication cellulaire est la base de tous les phénomènes embryogéniques : après avoir fourni la matière de tous les processus embryogéniques, elle est le facteur essentiel de l’accroissement et de la complication des organes déjà existants, ainsi que de la création d'organes nouveaux. Mais cette multiplication cellulaire peut, ainsi que Font exprimé His, Kolliker et O. Hertwig, se manifester de deux manières différentes.

Elle peut s’exercer en effet d’une manière régulière sur un organe embryonnaire, sur le plus primitif de tous par exemple, sur le blastoderme, en donnant lieu à l’accroissement régulier et égal de cet organe (principe de V accroissement égal de His).

Mais le plus souvent, la multiplication cellulaire, au lieu de se faire d’une manière régulière sur touteTétenduedelorgane considéré, s'opérera irrégulièrement, se localisant ou bien devenant plus active en certains points de l’organe, la croissance de celui-ci deviendra irrégulière et inégale (principe de V accroissement inégal de His). C’est qu'en effet cet organe, le blastoderme primordial par exemple, contient préformées en lui, bien qu’indistinctes et en apparence confondues en une membrane partout identique à ellemême, toutes les ébauches des organes futurs qui doivent en dériver, de sorte que chaque région de ce blastoderme doit se retrouver plus tard dans un organe futur, et que l’on peut par conséquent établir en principe l'existence des régions blastodermiques formatrices d’organes distincts. Or chacune de ces régions va se comporter dans son accroissement d’une manière qui lui est propre ; en d’autres termes l’accroissement sera inégal pour les différentes régions, et, peut-on ajouter, s’y fera d’une façon différente. Les différences de croissance de deux régions voisines du blastoderme donneront, représentées graphiquement, une certaine courbe qui mesure la « pente d’accroissement suivant l’espace ».

De plus chaque région s’accroîtra avec une rapidité variable suivant l’époque à laquelle on la considère. On pourra donc dans un graphique trouver, pour une même région considérée à deux époques successives de son évolution, une « pente d’accroissement suivant le temps ». La loi de croissance d'un organisme et

Page 1