COMMISSURES DU CERVEAU ANTERIEUR
devenir de plus en plus étendues, contenant ainsi un nombre de fibres unitives de plus en plus grand.
Chez les Poissons il existe une commissure du cerveau antérieur, à laquelle on a parfois donné le nom de commissure antérieure, la comparant à la formation qui porte ce nom chez les Mammifères. Mais il n’est pas certain qu’il y ait parfaite homologie entre ces deux organes, et l’appellation de commissure interlobaire et interlobulaire (Gottsche, Osborn, Goronowitsch), indiquant seulement une commissure jetéè entre les lobes cérébraux des Poissons, est certainement plus convenable. Du reste, si l’on tient compte que les aboutissants des fibres commissurales sont très différents dans l’un et l’autre cas, puisque chez les Vertébrés supérieurs et spécialement les Mammifères ce sont les deux moitiés du pallium, tandis que ce sont chez les Poissons les lobes cérébraux qui jusqu’à plus ample informé n’ont rien de commun a\rec un pallium, on se prendra à douter de la possibilité d’une telle homologie.
A la commissure antérieure des Vertébrés supérieurs et à la commissure interlobaire des Poissons s’ajoute une autre formation commissurale, ne manquant peut-être à aucun Grâniote, mais pouvant être très rudimentaire; c'est la commissure du fornix ou trigone, dite aussi commissure de V hippocampe, commissure de la corne d'Ammon, qui réunit les faces internes des deux hémisphères et particulièrement les parties appelées lobes de fhippocampe.
En troisième lieu, à partir des Dipnoï et des Amphibiens, selon l’opinion généralement adoptée, paraît un nouveau pont interhémisphérique, le corps calleux, qui, développé d’une façon insignifiante dans les groupes inférieurs, devient tout à fait prépondérant chez les Mammifères, que l’on croyait autrefois être seuls à le posséder. Les opinions sont du reste très partagées quant à l’existence du corps calleux chez les divers groupes de Vertébrés; très différents sont en effet les critériums exigés d’un corps calleux. Les uns se refusent à voir un corps calleux dans une formation donnée des Poissons, située à un endroit déterminé, parce que, disent-ils, ces Poissons n’ont pas d’écorce cérébrale; les autres au contraire prétendent que c’est faute d’écorce céré-
HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
braie que cette formation calleuse se trouve reléguée en cet endroit où on la trouve; pour les uns donc, il n’y a pas de corps calleux sans écorce cérébrale; pour les autres l’écorëe cérébrale n’est pas indispensable à l’existence du corps calleux. Pour certains auteurs, un corps calleux, situé dans l’épaisseur de la lame terminale, tel qu’on le décrit chez les Vertébrés inférieurs, n’est pas un corps calleux véritable ; selon d’autres cette situation exceptionnelle ne s’oppose pas à une homologie.
Le développement phylogénétique de ces diverses commissures cérébrales a été tracé brièvement dans ses grandes lignes par Fish de la façon suivante. La commissure antérieure paraît la première. Le corps calleux et le fornix se forment simultanément et sont d’importance morphologique égale. Là où le corps calleux n’existe pas, on trouve toujours la commissure antérieure et le fornix; la commissure antérieure et le fornix ne manquent jamais quand existe le corps calleux. Ajoutons que, bien entendu, ces règles ne sont valables que pour une certaine interprétation des commissures cérébrales, et qu’elles cessent de l’être dès que varie cette interprétation et que l’on change les étiquettes mises sur les commissures; or c’est ce qui est arrivé très souvent, comme on le verra ci-dessous.
Peu de points, dans l’anatomie comparée du cerveau, sont aussi discutés que celui des homologies des commissures interhémisphériques. Nous venons d’exposer les résultats généraux qui paraissent acceptés. Mais il ne sera pas inutile, comme il s’agit d’un sujet très controversé, de rapporter les opinions principales qui ont été soutenues pour les différents Vertébrés.
A. — Chez les Poissons , Micklucho-Maclay, l’un de ceux qui ont étudié les premiers le cerveau des Sélaciens d’une façon détaillée, décrit un faisceau commissural qui représenterait à la fois la commissure antérieure, le corps calleux et le fornix des Vertébrés supérieurs. — Mayser distingue dans la commissure antérieure des Cyprinoïdes une partie dorsale ou commissure interhémisphérique et une partie ventrale ou partie olfactive équivalente à la pars olfactoria de la commissure antérieure des Mammifères. — Dans cet auteur, ainsi que dans Fritsch et Rabl se révèle une tendance marquée à vouloir retrouver dans la commissure antérieure des Poissons les mêmes parties que dans celle de l’Homme, savoir une pars olfactoria et une pars temporalis. Fritsch et Rabl décrivent en effet deux faisceaux : 1° le faisceau supérieur ou dorsal (tractus olfactif interne),