DÉVELOPPEMENT PHYLOGENETIQUE DES COMMISSURES
dont les fibres forment un chiasma, est la pars olfactoria ; 2° l’autre faisceau, étendu horizontalement vers les parties latérales de la base du cerveau, est homologué à lapa?^s temporalis ; un troisième faisceau, situé en arrière et en dessous des précédents, ne peut être comparé à aucune partie de la commissure antérieure des Mammifères. — Bellonci trouve deux tractus olfactifs interne et externe : 1° le tractus interne forme deux faisceaux, dont l’un se dirige en arrière dans l’hémisphère du même côté, tandis que l’autre forme un chiasma olfactif avec le faisceau correspondant du côté opposé ; 2° le tractus externe se divise lui aussi en deux faisceaux, dont l’un s’épuise dans l’hémisphère correspondant, l’autre formant au contraire une vraie commissure, pars olfactoria, unissant les deux bulbes olfactifs ; en outre, au-dessous de ces deux faisceaux règne la commissure propre des hémisphères, que l’auteur nomme commissura transversa. — Les données d’Osborn se rapprochent beaucoup de celles de Bellonci ; il a observé chez les Poissons osseux deux tractus olfactifs externe et interne ; le tractus interne est une racine olfactive prenant naissance sur l’hémisphère du côté opposé ; le tractus externe est une commissure interolfactive, ou pars olfactoria ; indépendamment de ces tractus olfactifs, il y a des fibres commissurales des hémisphères, qui représentent dans leur ensemble le prototype du système commissural interhémisphérique, que l’on pourrait appeler avec Gottsche commissura interlobularis . — Herrick prétend que les Ganoïdes et les Téléostéens possèdent un corps calleux véritable, dont la position à côté de la commissure antérieure s’explique par l’absence d’écorce cérébrale chez ces animaux.
B. — Chez les Amphibiens et Dipnoï, on sait depuis longtemps (Reissner, Stieda) qu’il existe deux faisceaux commissuraux, soit juxtaposés {Rana), soit éloignés l’un de l’autre (Protée, Ménobranche). Les commissures cérébrales occupent d’ailleurs chez les Amphibiens deux situations différentes. Tantôt (Rana, Dipnoï) elles sont situées, comme chez les Vertébrés supérieurs, dans l’épaisseur même ou au niveau de la lame terminale (fig. 321, cc, ca). Tantôt au contraire, comme chez les Urodèles inférieurs, les commissures sont placées dans un repli du plancher cérébral en avant du chiasma optique, dans une situation semblable à celle de la bande commissurale qui unit les lobes cérébraux des Téléostéens. L’interprétation de ces faisceaux commissuraux a beaucoup varié. D’après Reissner, le faisceau supérieur représenterait un corps calleux, dont Leuret et Blattmann avaient déjà soupçonné la présence ; Fulliquet pour le Protoptère, Osborn pour le Ceratodus et les Amphibiens ont admis l’existence de ce corps calleux . Le faisceau inférieur est divisé lui-même en deux tractus correspondant à la pars olfactoria et à la pars temporalis de la commissure antérieure (Osborn) (fig. 322, pol , pt). — Stieda a considéré ces deux faisceaux comme correspondant à la commissure antérieure, le faisceau supérieur constituant la partie olfactive, le faisceau inférieur la partie temporale de cette
HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
commissure. Bellonci ne diffère de Stieda qu’en ce qu’il décompose le faisceau supérieur en deux tractus, calquant ainsi le schéma des Amphibiens sur celui des Poissons osseux. Tandis donc que Reissner, Fulliquet et surtout Osborn accordent un corps calleux aux Amphibiens, Stieda, Bellonci, Wilder et Fish se refusent à considérer comme tel le faisceau supérieur commissural de ces animaux. Stieda et Fish disent en effet que le prétendu corps calleux des Amphibiens a une situation anormale, différente de celle qu’il occupe chez les autres Vertébrés ; au lieu de former la voûte du ventricule latéral, il est logé dans le plancher du ventricule commun, de l’aula; au lieu d’être situé en avant et au-dessus du trou de Monro, il est placé en
Fig. 322. — Coupes sagittale et vertico-transversale du cerveau de Rana mugiens (d’après Osborn).
A, coupe sagittale. B, coupe vertico-transversale. — - cc, corps calleux. — ca, commissure antérieure. — pol, partie olfactive. — pt, partie temporale. — spl, supraplexus (partie supérieure, non ventriculaire, des plexus choroïdes). — es, commissure supérieure. — pn, glande pinéale. — cp, commissure postérieure. — ch, chiasma optique. — vl, ventricule latéral. — nis, nii, noyaux internes supérieur et inférieur de l’hémisphère. — ped, pédoncule cérébral. — vm, ventricule moyen. — II, nerf optique.
arrière et au-dessous. Fish a décrit alors chez Desmognathus comme corps calleux tout autre chose que le corps calleux d’Osborn ; pour lui, en effet, toutes les fibres qui occupent l’épaisseur de la lame terminale représentent la commissure antérieure, décomp.osable en deux parties, olfactive et temporale-; au-dessus, se trouve un forni-callosum, constitué par des fibres dont les unes vont aux parties caudales des hémisphères (fornix ou commissure de l’hippocampe), tandis que les autres (corps calleux) relient les faces internes des hémisphères et forment le plafond du ventricule latéral.
C. — Avec les Reptiles nous retrouvons la même controverse. Existe-t-il ou non dans ce groupe un corps calleux? Stieda, décrivant des faisceaux commissuraux supérieur et inférieur dans la lame terminale des Chéloniens, compare le faisceau inférieur à la commissure antérieure, le faisceau supé-