LA MULTIPLICATION CELLULAIRE ET SES FORMES PRINCIPALES
par suite la détermination de la forme de cet organisme sont la résultante de ces puissances d’accroissement partielles, variables suivant l’espace, suivant le temps, et, il faut bien le dire encore, selon les circonstances extérieures. Tels sont les principes généraux dont His a fait la base du problème de la forme du corps animal.
a) De l’accroissement égal résultera l 'extension en tous sens d’un organe membraneux tel que le blastoderme ou l’un de ses feuillets, la dilatation et Y allongement réguliers ou à peu
près réguliers d’un organe cylindrique creux comme le tube nerveux ou le tube digestif (fig. 29, e).
Si maintenant l’organe ne trouve pas la place nécessaire à son expansion, il est obligé de se plisser , de se replier en anses , de se pelotonner (fig. 29, ig), comme le fait le tube intestinal (1).
Ces processus sont assurés par une orientation particulière des figures de division cellulaire, qui sont dirigées de telle façon que leur axe soit parallèle à la surface de l’organe ; de la sorte les cellules-filles de la division seront nécessairement placées côte à côte, et l’organe s’étendra, s’allongera d’une cellule (fig. 30,
A, partie gauche (a) de la figure).
Dans le cas au contraire où l’axe des divisions cellulaires sera oblique sur la surface de l’organe (A, b) ou même lui deviendra perpendiculaire, il en résultera que les cellules-filles seront placées plus ou moins directement l’une au-dessous de l’autre, et par conséquent que la membrane ou la paroi du tube où s’opèrent ces divisions se trouvera épaissie d’une ou de plusieurs cellules, en un mot se stratifiera (fig. 30, A, partie droite (c) de la figure).
b ) Il nous faut maintenant examiner les cas d’accroissement
Fig. 29. — Allongement et pelotonnement (ig )• Dilatation (e).
(1) Ces phénomènes de plissement, de reploiement, de pelotonnement, dont la cause première réside bien, il est vrai, dans la croissance de l’organe, mais dont l’apparition n'est déterminée que par des causes d’ordre mécanique, doivent être distingués de phénomènes en apparence semblables, que nous verrons tout à l’heure et qui sont entièrement dus à l’exagération de la puissance prolifêratrice des éléments cellulaires.
PRINCIPES DE l’oRGANOGENESE
inégal d’un organe, dans lesquels la multiplication cellulaire est plus active en certains points de cet organe.
C’est alors que nous voyons se former sur une membrane, un cordon plein ou un tube, soit des bourgeons pleins ou creux de forme variée, soit des replis de la membrane ou de la paroi du tube (fîg. 30, B). On appel le bourgeonnement, plissement, ces processus (1).
Fig. 30- — Multiplication cellulaire et apposition cellulaire.
A . Multiplication cellulaire égale et régulière. En a, les divisions cellulaires ont leur axe parallèle à la surface de la membrane qui s’étend sans s’épaissir. En b, l’axe des divisions est oblique ou normal à la surface de la membrane qui tend à se stratifier. En c, la membrane est stratifiée.
B. Multiplication cellulaire inégale. Bourgeonnement.
C. Apposition cellulaire. Du côté gaucbe de la figure, des cellules s’ajoutent à la membrane pour
l’épaissir.
Quand le bourgeon produit est creux et peut être considéré comme un plissement d’une membrane, on dit qu’il y a invagination ou évagination , selon la direction dans laquelle le pli, le bourgeon creux est émis. On comprend en effet que, dans le cas d’un organe tubuleux par exemple, cet organe peut bourgeonner dans l’intérieur de sa cavité ou bien enfoncer son bourgeon dans les organes et tissus avoisinants (fig. 31, a et b) ; de même s’il s’agit d’une membrane superficielle, cette membrane peut se plisser du côté
(1)11 faut, rappelons-le, distinguer le plissement qui est l’effet de la végétation localisée d’une membrane de celui qui reconnaît une cause purement mécanique et qui est dû à ce qu’une membrane est gênée dans son expansion régulière.