DÉVELOPPEMENT DES CELLULES PYRAMIDALES
sentée dans le corps godronné par le stratum granulosum. La couche moléculaire de la corne d’Ammon est complexe, décomposable en trois strates, dites de dehors en dedans stratum moleculare, stratum lacunosum , stratum radiatum : la première doit son aspect moléculaire aux innombrables sections des branches terminales des prolongements protoplasmatiques des cellules pyramidales ; la deuxième est caractérisée par l’existence de cylindres d’axe à direction tangentielle et parallèle ; la troisième doit sa constitution radiée à la juxtaposition des troncs principaux des prolongements protoplasmatiques des cellules pyramidales.
Parmi les éléments de l’écorce cérébrale, ceux dont le développement est le plus intéressant à connaître sont les cellules pyramidales, aussi nommées cellules psychiques à cause de leur rôle dans l’activité psycho-
Fig. 341. — Développement de la formation ammonique chez le Lapin (d’après Du val).
A. Embryon de 17 millim. de long. — B. Embryon de 36 millim. — C. Lapin presque à terme. — sap , sillon arqué postérieur. — sh, sillon de l’hippocampe (ou sillon arqué postérieur). — ca, corne d’Ammon. — ch, corps bordant. — gr, stratum granulosum. — vl, ventricule latéral. — ch, plexus choroïde. — vm, ventricule moyen. — cc, corps calleux.
motrice du cerveau. D’après les recherches de Vignal, ces cellules apparaîtraient chez l’embryon humain au sixième mois et deviendraient tout à fait nettes au huitième ; Magalhaès e Lemos ne les a vues complètement développées qu’à la naissance. L'emploi de la méthode de Golgi permet de reculer beaucoup ces dates, pour les cellules pyramidales comme pour les autres éléments nerveux de l’encéphale et de la moelle.
Des recherches effectuées à l’aide de cette méthode sur des embryons de divers âges ont montré à plusieurs auteurs, et principalement à R. y Cajal, les différentes étapes de l’histogenèse des cellules pyramidales. Ces éléments possèdent d’abord un prolongement, qui n’est autre que le futur cylindre d’axe (fig. 342, a) ; puis ils gagnent un rudiment de prolongement protoplasmique principal ou « prolongement primordial » avec
HÉMISPHÈRES CEREBRAUX
un bouquet de courtes expansions (b) ; ensuite ces expansions s’allongent (c); des « branches latérales » se détachent du prolongement protoplasmique primordial (d) ; des « expansions basilaires » protoplasmiques naissent enfin du corps même de la cellule, tandis que des « collatérales » sont poussées par le cylindre d’axe. La cellule pyramidale a atteint alors son maximum de complication.
Un coup d'œil jeté sur l’évolution phylogénétique de ces cellules dans la série des Vertébrés a permis encore d’assister à leur complication graduelle. Chez la Grenouille (fig. 342, a), ces cellules n’ont, outre le cylindre
Fig. 342. — Diagramme du développement ontogénique et de l’évolution phylogénique des cellules pyramidales ou psychiques, d’après Ca. J al.
a, b, c, dt e, stades du développement ontogénique. — A, B, C, D, phases de l’évolution phylogénique A. Grenouille. — B. Lézard. — C. Souris. — D. Homme.
d’axe, que des branches protoplasmatiques ramifiées à leur extrémité. Chez les Reptiles {b), ces branches se concentrent en un tronc principal, et il se forme un prolongement basilaire rudimentaire. La Souris (c) présente des prolongements basilaires nombreux, des branches collatérales du prolongement protoplasmique principal, des collatérales du cylindre d’axe; la cellule pyramidale offre donc ici tous ses éléments constituants. Ces éléments, chez l’Homme ( d ), atteignent leur maximum de développement. B. — Développement des trajets fibreux. — Les trajets fibreux qui