‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 26 sur 284 · BOURGEONNEMENT LOCALISÉ · texte numérisé non relu

BOURGEONNEMENT LOCALISÉ

de l’extérieur ou vers l’intérieur du corps. On pourra appeler, parallèlement à l’invagination et à l’évagination, bourgeonnement interne et bourgeonnement externe la production de bourgeons pleins, selon qu’ils sont poussés dans les tissus et organes voisins ou bien en sens inverse. Si nous avons distingué les bourgeons creux des bourgeons pleins, en employant pour désigner les premiers les termes d’invagination et d’évagination, et réservant aux seconds la dénomination de bourgeons proprement dits, il faut néanmoins reconnaître qu’il n’y a pas entre les uns et les autres de différence essentielle ; car des bourgeons peuvent être pleins au début et se creuser ensuite secondairement d’une lumière. Ces processus sont très répandus et jouent un rôle considérable dans l’organogenèse. C’est ainsi que le tube intestinal s’invagine en beaucoup d’endroits pour donner les glandes annexes du tube digestif, tandis que d’autre part il envoie vers l’intérieur de sa cavité des bourgeons connus sous le nom de papilles et de villosités. On peut trouver côte à côte, comme dans l’intestin, l’invagination (glande de Lieberkühn) et le bourgeon plein (villosité). C’est encore par un processus de bourgeonnement interne ou d’invagination que l’épiderme forme des glandes et des organes des sens tels que le cristallin, la vésicule auditive. Pour prendre un exemple bien différent, c’est par bourgeonnement de la somatopleure que se forment les membres. Il est important de savoir que le bourgeon peut rester en connexion avec sa matrice comme dans les glandes, ou s’en séparer définitivement, comme c’est le cas pour le cristallin, la vésicule auditive, qui deviennent indépendants de l’épiderme qui les a produits (fig. 32, a , b , c).

Les processus d’invagination et d’évagination, le bourgeonnement d’une manière générale se compliquent de plusieurs façons. On comprend d’abord que, si le bourgeon, au lieu d’être simple, bourgeonne à son tour, s’il y a en un mot ramification du bourgeon, l’on puisse arriver à une complication très grande. Ainsi se

ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE

Fig. 32. — Invagination avec séparation de la partie invaginée.

Fig. 31. — Invagination et évagination, a, invagination. — b évagination.

PRINCIPES DE L’ORGANOGENÈSE

forment des glandes dites ramifiées et des papilles dites composées. Les invaginations ramifiées ou glandes rameuses sont très répandues dans forganisme ; à ce groupe appartiennent les glandes salivaires, l’appareil respiratoire (fig. 33, 4 et 5). Les membres,

Fig. 33. — Schéma de la formation des glandes (d’après O. Hertwig, modifié).

1, 2, 3, Glandes simples 'de diverses formes. — 4, 5, Glandes ramifiées. — 6. Glande ramifiée compliquée

d’anastomose des ramifications.

avec les rayons digitaux qui les terminent, ne sont pas autre chose que des bourgeons ramifiés de la somatopleure.

Il peut d’ailleurs arriver, et c’est le plus souvent le cas pour le dernier des exemples qui précèdent, que les rameaux du bourgeon primitif ne se séparent que secondairement les uns des autres et encore qu’ils ne le fassent que partiellement. Ces rameaux, par un phénomène de concrescence , naissent et s’accroissent longtemps confondus ensemble et en continuité de tissu ; ils ne se distinguent les uns des autres que plus tard.

U anastomose des branches de ramification entre elles vient parfois compliquer encore les dispositions ; c’est ce qui se passe pour le foie (6), c’est encore le cas, bien que le point de départ soit ici différent, pour ces tubes, développés aux dépens de fentes creusées dans la masse connectivo-sanguine, qui se ramifiant à l’infini forment le système vasculaire, de figure arborescente, et dont les branches en s’anastomosant forment dans tout le corps un vaste réseau.

Le bourgeonnement peut, s’il s’étend à une région en forme de bande, produire un bourgeon allongé en forme de carène (dont la

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