FORMATION DES GERMES ADAMANTINS
dentaires, mais sculemeut des productions cornées (Fraisse, Braun). Quant aux « dents ovulaires », dont se servent les embryons des Sauropsidés pour perforer la coquille de l’œuf, les unes, découvertes par J. Müller et étudiées récemment par Sluiter, sont de vraies dents pourvues de dentine, situées sur l’os intermaxillaire, et se présentent chez les Reptiles dont les œufs ont une coquille parcheminée. Les autres, décrites tout d’abord par Yarrel, sont des productions épithéliales cornées, que l’on trouve chez les Oiseaux, les Crocodiles, les Tortues; elles n’ont aucune ressemblance avec des dents, car leur développement est passablement différent (Gardiner) et bien qu’elles ne se calcifient pas, elles deviennent très dures, méritant ainsi le nom de « durillons ovulaires » que Rose leur a donné.
Etant donnée maintenant une crête dentaire, comment se produisentles premiers germes adamantins à son niveau? C’est encore Rose qui a définitivement tixé, par la méthode des reconstructions de coupes, au moins pour certains cas spéciaux, la forme exacte de la crête dentaire et la façon dont elle procède à la genèse des germes de l’émail. La crête dentaire a la forme d’une lame verticale régnant le long de la mâchoire; elle présente deux faces, l’une interne ou linguale, l’autre externe, un bord supérieur adhérent à l’épithélium buccal duquel elle s’est détachée, un bord inférieur libre, plongeant dans les tissus sous-jacents. Celui-ci est festonné et épaissi, les épaississements étant le plus marqués au niveau des saillies du feston. Ce n’est pas directement au sommet de ces saillies épaissies que se produiront les germes dentaires, mais quelque peu au-devant d’elles et sur leur face interne, de telle façon qu’ils paraîtront appendus à la crête dentaire comme des nids d’hirondelle à une poutre. Leche chez l’Iguane et chez de nombreux Mammifères a vu aussi que ce n’est pas sur le bord libre, sur le fond même de la crête dentaire, mais sur ses côtés que les germes paraissent, et nous savons qu’il en est de même dans le cas des Sélaciens éludiépar Hertwig pour les dents de remplacement. Maisoncomprend que ce peutn’être là qu’une conséquence de la forme de la crête dentaire. Dans tous les cas dont il vient d’être question, celle-ci est étroite; mais si elle est large, comme cela se présente chez les Poissons osseux, les germes dentaires pourront se former aux dépens du fond même de la crête, et même plusieurs germes pourront aisément prendre là naissance côte à côte (Carlsson).
APPENDICE AU TUBE DIGESTIF
Une- question se présente encore au sujet de la lame ou crête dentaire.
Est-elle continue, régnant sans interruption tout le long du maxillaire, existant même là où plus tard aucune dent ne se développera? Ou au contraire présente-t-elle des solutions de continuité correspondant aux endroits qui plus tard seront dépourvus de dents? C’est dans le sens de la première question qu’il faut répondre. La lame dentaire, en effet, peut ne pas manifester son activité par la production de germes dentaires et de dents fonctionnantes, sans pour cela être absente, ainsi qu’on l’a constaté dans plusieurs cas. L’étude des régions adentées des mâchoires chez certains animaux, l'examen en d’autres termes des intervalles appelés « barres » ou « diastèmes », a montré l’existence d’une crêtedentaire et même de germes adamantins en ces endroits qui chez l’adulte ne seront pas dentés. C’est ce que Pouchet et Chabry, Schwink et Mayo ont établi pour le diastème 'de l’in termaxillaire des Ruminants. C’est aussi ce que Pouchet et Chabry ont vu pour les vastes régions des mâchoires des Edentés qui sont privées de dents. C’est enfin ce que les mêmes auteurs, ainsi que Freund, ont constaté pour les Rongeurs; le diastème entre incisives et molaires de la mâchoire supérieure présente chez Lepus , Cavia, Sciurus, une crête dentaire bien développée et même chez ce dernier animal des organes adamantins; le diastème de la mâchoire inférieure de Sciurus en offrirait aussi une, d’après Pouchet et Chabry. D’ailleurs, ces phénomènes suivent la loi générale posée par Fleischmann, d’après laquelle la crête dentaire et les ébauches dentaires qui en dérivent sont plus inconstantes et plus caduques dans la mâchoire inférieure que dans la mâchoire supérieure.
11 peut se faire même que là où il n’y a pas de dents du tout chez l’adulte, il se forme tout de même une lame dentaire; c’est ainsi que chez un Édenté, le Manis, où M. Weber avait nié l’indication de toute ébauche dentaire, Rose a retrouvé une lame dentaire et même une ébauche de dent.
Quand maintenant, ce qui arrive parfois, la crête dentaire est discontinue, cette discontinuité peut tenir à une absence réelle, à ce que jamais cette crête ne s’est forméeà ce niveau. Cette lacune,