‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 259 sur 284 · REMPLACEMENT DENTAIRE · texte numérisé non relu

REMPLACEMENT DENTAIRE

même mode de fusion des socles dentaires en une pièce unique.

On peut placer ici quelques considérations intéressantes développées par Rose au sujet de la valeur du cément et des formations similaires. L’auteur montre que les productions dures, ivoire, cément et os, ne sont que des modifications d’une seule et même espèce de tissu. Si les cellules formatives de ce tissu, savoir les odontoblastes et ostéoblastes, sont entourées par leurs produits, on obtient de l’os. Si elles s’éloignent de ce produit en y laissant enfouis leurs prolongements protoplasmiques, on a l’ivoire. Si elles se retirent totalement de ce produit sans y laisser quoi que ce soit de leur substance, le cément est formé, ou encore le socle dentaire des Sélaciens dans lequel il n’y a pas d’éléments cellulaires. Entre ces trois sortes de tissus, il y a toute une série d’intermédiaires.

5° Remplacement dentaire . — Le schéma que l’on donne actuellement du remplacement dentaire et des rapports des dents permanentes avec les dents de lait est différent de ce qu’il était autrefois. On admettait, conformément aux vues de Kôlliker, de Waldeyer, et de Kollmann, que du collet de la dent de lait part de très bonne heure un prolongement qui devient le bourgeon adamantin de la dent permanente. Hertz, à ce mode de développement de la dent de remplacement, en ajoute un autre qu’il aurait observé chez les embryons de divers Mammifères ; lors de l’ébauche de la crête dentaire, il a vu se faire une végétation double et non pas simple, donnant lieu aux germes adamantins de la dent de lait et de la dent permanente. Baume, Pouchet et Ghabry, Schwink, ensuite affirmèrent catégoriquement l’existence exclusive du second mode admis par Hertz ; les deux ébauches dentaires sont indépendantes et la dent permanente n’est pas un bourgeon de la dent temporaire. Pouchet et Ghabry, chez divers Mammifères, placèrent dans les » prolongements descendants de la lame dentaire » l’ébauche des germes adamantins des dents permanentes. Mais ce sont surtout Kükenthal, Leche et Rose qui mirent bien en évidence l’indépendance des deux séries temporaire et définitive. Rose, par des reconstructions de la dentition humaine, montra que les dents des deux séries prennent, il est vrai, naissance du même côté, du côté externe ou labial, sur la crête dentaire,

APPENDICE AU TUBE DIGESTIF

sans confondre cependant leurs insertions sur cette crête, et d’une façon absolument indépendante.

Par une autre voie que la voie embryologique, Scheidta cherché à prouver l’indépendance des deux dentitions. En comparant entre eux chez le Châties éléments de la première dentition et les éléments correspondants de la seconde, quant à leur forme, il pense avoir montré que les termes de même ordre de l’une et de l’autre ne se ressemblent pas.

Quant aux germes des molaires (v. p. 202), Magitot les faisait provenir l’un de l’autre, celui de la deuxième molaire du collet de la première, celui de la troisième du collet de la seconde. Kollmann attribua au germe de la première molaire seul la genèse des deux autres. Morgenstern fit naître les premier et troisième germes isolément et directement aux dépens de la lame dentaire, tandis que le deuxième au contraire proviendrait du premier. Wortman admit l’existence de trois dentitions : la première représentée par les dents qui viennent directement de la lame dentaire, c’est-à-dire par les dents temporaires I, C, Pm et parM1; la deuxième par les dents permanentes I, C, Pm et par M2, qui dérivent du collet des organes adamantins des dents correspondantes; la troisième par M3. Pour Kôlliker au contraire, les trois molaires naissent indépendantes l’une de l’autre et des autres dents, sur la partie postérieure de la crête dentaire: opinion que les recherches de Rose ont confirmée.

6° Dents rudimentaires et surnuméraires. — L’existence de dents rudimentaires et surnuméraires, qui demeurent incapables de fonctionner, est très répandue, et de nouvelles trouvailles sont faites tous les jours à ce sujet. Nous nous bornerons à quelques exemples variés. Tout d’abord il peut se produire normalement des germes dentaires dans un endroit donné en nombre beaucoup plus considérable qu’il n’en existe chez l’adulte ; un certain nombre donc demeurent rudimentaires et même disparaissent. C’est ce que Lilljeborg et Carlsson ont observé sur la langue du Brochet, où il y a chez le jeune animal sept germes dentaires qui se réduisent à trois chez l’adulte.

Il se forme une « dent ovulaire » rudimentaire chez certains Reptiles (1).

(1) Une dent ovidaire est destinée à permettre à l’embryon de briser la coquille de

l’œuf.

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