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BOURGEONNEMENT DIFFUS

fig. 34, A donne la coupe transversale). C’est ce qu’on observe dans le développement du système nerveux de certains types, les Poissons osseux par exemple ; le bourgeon se creuse alors ultérieurement d’une lumière, pour devenir un tube nerveux. Chez la majorité des Vertébrés le tube nerveux est d’abord une plaque épaissie de tissu, c’est-à-dire un bourgeon allongé très surbaissé, puis cette plaque se déprime en une gouttière par un processus d’invagination, de plissement (fig. 34, B). Enfin les lèvres de la

Fig. 34. — Bourgeonnements plein et creux, suture (développement du système nerveux, coupes transversales schématiques).

A. Poissons osseux. — 6, bourgeon. — B. Vertébrés supérieurs. Plaque médullaire.’ — B\ Invagination de la plaque médullaire en gouttière. — B”. Rapprochement des lèvres de la gouttière. — B’”. Fusion de ces lèvres, et fermeture de la gouttière en un tube.

gouttière, au niveau desquelles les cellules prolifèrent activement, tendent à se rapprocher et finalement s'accolent ; la gouttière est dès lors transformée en un tube, grâce à une véritable suture de ses bords, qui reconnaît pour cause, elle aussi, une multiplication cellulaire localisée, c’est-à-dire un processus de bourgeonnement. Ce ne sont évidemment là que deux modalités d'un même processus : le bourgeon est plein dans le premier cas (Poissons osseux) et se creuse secondairement d’une lumière : dans le deuxième cas (la plupart des Vertébrés), il est creux à peu près d’emblée et se présente comme une invagination.

Dans les cas précédents, le bourgeon a une forme bien déterminée, variable du reste, à cause que le bourgeonnement s’est produit en une région bien limitée. Mais si le bourgeonnement est diffus , il n’en résultera pas un organe de figure définie, mais seulement une masse cellulaire irrégulière. On peut donner à ce processus le nom de « végétation », ou même l’appeler d’une façon plus significative « délamination » ; la membrane productrice en

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effet se délamine pour ainsi dire en détachant des cellules de sa masse.

Nous venons d’observer les aspects différents que revêt la multiplication cellulaire inégalement active d’une membrane ou d’un organe quelconque. Nous avons distingué principalement un bourgeonnement localisé, et une végétation diffuse ; le bourgeonnement localisé pouvait donner lieu à son tour à un bourgeon plein ou à un bourgeon creux variables de forme d’ailleurs (1).

B) Tous les phénomènes que nous venons de décrire ne sont que des formes de la multiplication cellulaire. C’est par elle que s’accroissent et se compliquent les ébauches primitives pour devenir des organes définitifs, et que se créent des organes nouveaux. Malgré le rôle très prépondérant qu’elle joue dans les phénomènes d’accroissement des organes, nous devons encore, dans l’état actuel de la science, admettre à côté d’elle un autre processus, comme intervenant quelquefois pour allonger, épaissir et, en général, accroître un organe, ou le régénérer en réparant les pertes qu’il fait incessamment ; c’est V apposition cellulaire . Un organe peut en effet s’accroître à ses propres dépens ou emprunter à un autre organe le matériel cellulaire nécessaire à son accroissement. On voit alors des cellules étrangères à l’organe ou au système considéré venir s’ajouter aux cellules qui constituent cet organe, ce système, prendre rang parmi elles en revêtant leur forme (fig. 30, C). C’est ainsi que, chez l’embryon, la corde dorsale paraît recevoir de l’entoderme un contingent cellulaire, qui l’augmente d’autant. C’est encore de la même façon que, chez l’adulte, à nombre d’épithéliums, comme celui des grandes séreuses, s’incorporeront des cellules lymphoïdes, migratrices, remplaçant les cellules épithéliales disparues.

Les processus organogéniques qui ont pour base la multiplication cellulaire peuvent eux- mêmes se compliquer d’un phénomène

(1) On s’est demandé quelle est, des trois formes principales de la végétation, la plus ancienne, et celle dont par conséquent les autres ont dû dériver. La majorité des embryologistes, bien que quelques auteurs (Metschnikoff, Ziegler) aient accordé à la végétation diffuse, à la délamination, la priorité de date, ont pensé que le bourgeonnement creux, l’invagination ou l’évagination, avait précédé les autres processus et leur avait donné naissance.

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