TYPE HABITUEL DU DEVELOPPEMENT DU PANCREAS
Goeppert chez la Truite, par Kupfïer chez les Cyclostomes, par Laguesse chez les Sélaciens.
Janosik, qui vient d’étudier différents Vertébrés et surtout le Lézard, est arrivé à des résultats assez spéciaux pour que nous ne puissions le ranger dans la série des auteurs précédents. Là en effet, comme chez le Lézard et le Poulet, où il a trouvé trois ébauches pancréatiques distinctes, celles-ci ne sont pas, l’une dorsale, les deux autres ventrales. S’il retrouve en effet une ébauche dorsale, d’origine intestinale directe, qui fournit la partie primitive du pancréas, les deux autres sont, de par leur situation, non pas ventrales, mais l’une proximale, l’autre distale. Ces rudiments apparaissent d’ailleurs successivement, dans l’ordre suivant : dorsal, proximal et distal (fig. 368).
Exception faite des résultats de Janosik et d’Endres (voir plus loin), les schémas A delafigure 370 montrent le processus général du développement du pancréas communément admis. On y voit l’ébauche dorsale (pd) s’étendre vers la droite principalement. Sur la face ventrale du duodénum s’ouvre un large conduit hépatique primitif (A, 1, h), destiné à devenir le cholédoque. Ce conduit porte deux diverticules latéraux à paroi épaissie, qui sont les pancréas ventraux droit et gauche (pv, pv ) ; ils se forment après que l'ébauche dorsale a paru, chez les Téléostéens longtemps après. Le foie, en se développant, surtout du côté droit, entraîne dans ce sens son canal excréteur ch, et avec celui-ci les deux ébauches pancréatiques ventrales (fig. 370, 2 et 3). L’ébauche ventrale droite, amenée par ce déplacement au contact de l'ébauche dorsale, se fusionne avec elle, en même temps que se confondent les deux pancréas ventraux. lien résulte une masse glandulaire unique (3), dans laquelle la part des éléments composants ne peut plus être faite, et deux canaux excréteurs : l’un dorsal, qui appartenait au bourgeon pancréatique dorsal, est le canal de Santorini ; l’autre, ventral, formé par la réunion des conduits des deux bourgeons ventraux, est le futur canal de Wirsung.
« C’est là du moins, dit Laguesse, une sorte de schéma applicable aux Vertébrés en général,avec de nombreuses variétés, dans les dispositions définitives des canaux notamment. C’est ainsi que chez certains animaux adultes (Amphibiens urodèles, Cheval, Chien, etc.), les deux canaux conservent une importance à peuprès
APPENDICE AU TUBE DIGESTIF
égale, et que même, chez le Poulet, les trois canaux primitifs persistent. Chez d’autres, et c’est le cas le plus fréquent, le canal de Santorini s’atrophie de très bonne heure (quelquefois immédiatement après la fusion des ébauches primitives), et le canal de Wirsung recueille la sécrétion des trois parties fusionnées de la glande (Truite, Esturgeon, Amphibiens, Anoures, etc.). »
Fig. 370. — Figures demi-schématiques pour le développement du pancréas (d’après Laguesse et d’après
Kupefer).
A. Vertébrés en général (d’après Laguesse). — B. Cyclostomes (d’après Kupffer). — C. Sélaciens (d’après les dessins on les données de Laguesse).
1, 2, 3, 4, stades successifs du développement. Le pancréas est représenté partout avec une teinte plus foncée. — pd, pancréas dorsal. — pv, pv, pancréas ventraux. — i, intestin duodénal. — h, diverticule hépatique primitif ou ramifications des tubes hépatiques. — ch, canal cholédoque. — vb,- vésicule biliaire. — cic, canal de Wirsung. — es, canal de Santorini.
Les résultats que Hamburger a obtenus chez l’Homme sont parfaitement conciliables avec le schéma général. Il décrit chez l’embryon de la quatrième semaine deux ébauches pancréatiques (fig. 371 A) : l’une plus petite située vis-à-vis de l’embouchure du cholédoque (pmi) ; l’autre, plus volumineuse, rapprochée du pylore, ayant déjà la forme et la direction de la glande définitive (pmj). A la cinquième semaine, la petite ébauche s’ouvre en commun avec le cholédoque dans l’intestin et s’est rapprochée par son extrémité libre de l’ébauche principale. Chez l’embryon de la sixième semaine, les deux rudiments pancréatiques se sont fusionnés (fig. 370 B). Il conclut des résultats précédents : que le pancréas humain dérive de deux ébauches, l’une indépendante du cholédoque, et plus volumineuse, l’autre,