INTRODUCTION
L’intestin chez les embryons des Vertébrés supérieurs a d’abord la forme d’une gouttière dont la concavité est tournée du côté ventral, et qui s’ouvre dans la cavité de l’œuf ou sac vitellin interne, remplie ou non par le vitellus (1). Cette gouttière, largement ouverte au début, tend à se resserrer de plus en plus par l’accroissement des replis qui délimitent l’ébauche embryonnaire, et de la sorte à se transformer en un tube.
Cette transformation s’effectue de très bonne heure et rapidement aux extrémités antérieure et postérieure de l’embryon, tandis que vers le milieu de la longueur de l’intestin elle ne s’opère que tardivement et d’une façon lente. Il en résulte qu’il persiste longtemps une libre communication entre la cavité digestive et la cavité du sac vitellin ou de la vésicule ombilicale ; le passage de
(1) L’origine de la cavité intestinale et de ses parois n’est pas parfaitement connue, en particulier pour ce qui concerne les Mammifères. On ne sait pas exactement la part que prend l’intestin primitif à la constitution de la cavité intestinale secondaire non plus que la proportion dans laquelle l’entoderme cordai intervient pour constituer les parois épithéliales de l’intestin. Le trait d’union entre l’organe primitif de l’embryon (l’intestin primitif) et l’ébauche de l’organe définitif de l'adulte (de l’intestin secondaire) nous fait défaut. Rappelons cependant que nous avons été amenés à considérer chez les Mammifères l’épithélium intestinal comme d’origine entodermo-vitelline, et la cavité intestinale comme une partie de la cavité blastodermique ou vitelline (t. I, p. 207 et 214, et t. II, ch. I, p. 16).
éléments d’embryologie.
LE TUBE DIGESTIF ET SES ANNEXES
plus en plus étroit qui assure cette communication est le conduit vitello-intestinal, encore appelé conduit vitellin ou omphalo-mésentérique, pédicule vitellin ou ombilical.
A cette époque, les régions intestinales antérieure et postérieure seules tubuleuses ont la forme de deux culs-de-sac dont l’extrémité est tournée respectivement en avant et en arrière ; on appelle ces culs-de-sac l’intestin céphalique ou antérieur (fig. 41, ia) et l’intestin terminal ou postérieur (ip.)
Chacun de ces cæcums communique avec la région intestinale demeurée à l’état de gouttière par une ouverture qui porte le nom de porte ou aditus ; on distinque la porte intestinale antérieure (adi~
Fig. 41. — Coupe longitudinale schématique d'un embryon de Poulet (d’après O. Hertwig).
cm, canal médullaire. — ch, corde dorsale. — ia, ip, intestins antérieur et postérieur. — nia, aip, aditus intestinalis anterior, aditus intestinalis posterior. — gV, gl", gouttières limitantes antérieure et postérieure. — en, canal neurentérique. — cgl , cg 2, parties embryonnaire et extraembryonnaire de la cavité générale. — ml, m2, feuillets somatique et splanchnique du mésoderme. — ra, rp, replis antérieur et
postérieur de l’amnios. — Le feuillet moyen est indiqué par les traits ; le feuillet interne l’est
par le trait xxxxxxx ; le feuillet externe est marqué par un trait simple et continu.
tus anterior ad intestinum ) (aia) et la porte intestinale postérieure {aditus posterior ad intestinum) {aip). La région intestinale intermédiaire à l’intestin céphalique et à l’intestin terminal peut être appelée intestin moyen.
Il n’y a au début d’autre communication de l’intestin avec l’extérieur que la bouche primitive ou blastopore. Mais d’assez bonne heure, des orifices nouveaux, dont nous étudierons le mode de formation dans un premier chapitre, donnent accès dans le tube digestif : ce sont la bouche ou bouche définitive qui mène de l’extérieur dans l’extrémité antérieure de l’intestin céphalique, et l’anus qui fait communiquer avec l’extérieur l’extrémité postérieure de l’intestin terminal. La situation du blastopore, dans une région voisine de celle où plus tard se formera l’anus, suggère l’idée que l’anus pourrait bien n’être que le blastopore persistant