‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 36 sur 284 · RAPPORTS DE LA CORDE ET DE LA MEMBRANE PHARYNGIENNE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE LA CORDE ET DE LA MEMBRANE PHARYNGIENNE

épaisseur et se montre dès lors interposée entre ses deux lames ecto- et entodermiques. Or on ne trouve pas trace de la corde dorsale dans la membrane pharyngienne.

La corde dorsale ne peut en tout cas pas, au moins primitivement, quitter le plan même du blastoderme, pour dépasser la base d'implantation de la membrane pharyngienne, et aller s’attacher à l’ectoderme de la fossette buccale, en particulier au fond de la dépression de cette fossette qui constitue la poche hypophysaire.

Cependant un tel rapport de contiguïté, de continuité même, entre la poche hypophysaire ou tout au moins l’ectoderme et l’extrémité antérieure de la corde dorsale peut sans doute se produire secondairement, au moins dans certains cas. Il a été figuré en effet par Reichert, Dursy, Mihalkovics, Romiti, par Duval chez le Poulet, par Sasse chez tous les Vertébrés. Duval fait aboutir l’extrémité antérieure de la corde au fond de la poche de Rathke sans adhérence de l’une avec l’autre. Romiti admet cette adhérence et croit même que la corde, exerçant une traction sur l’ectoderme auquel elle est soudée, a pu déterminer le diverticule hypophysaire et l’allonger ensuite. Enfin, selon l’opinion plus ancienne de Reichert et de Dursy, ce serait l’extrémité antérieure de la corde elle-même qui serait employée à la formation de l’hypophyse.

Pour d’autres auteurs au contraire (Selenka, Kann), l’extrémité anté rieure de la corde dorsale ne va pas jusqu’à la membrane pharyngienne, mais demeure en connexion avec l’entoderme, avec l’épithélium du pharynx, auquel elle se soude dans la région de la poche de Seessel.

D’après les figures données par Patilish, Bonnet et surtout Keibel, et d’après ce que nous avons pu observer, la corde dorsale, chez les Mammifères, ne dépasse pas la membrane pharyngienne, mais d'autre part s’avance jusqu’à elle, et son extrémité s’insinue jusqu a une certain e distance dans l’épaisseur de la membrane entre ses deux lames ecto- et entodermiques (fig. 46).

Plus tard, il est généralement reconnu que la corde dorsale subit dans cette région les modifications suivantes : Son extrémité se détache des membranes épithéliales auxquelles elle était soudée ou simplement accolée, et devient libre. D’autre part la corde obéit au mouvement d’inflexion que subit la tête tout entière; elle se coude en genou, formant une anse ouverte en bas, à sommet de plus en plus aigu à mesure que l’inflexion céphalique s’accentue (fig. 46). Enfin, toute l’extrémité antérieure de la corde s’épaissit, perd ses limites, ses cellules se désagrégeant, en même

DÉVELOPPEMENT DE LA BOUCHE ET DE L’ANUS

temps qu’elle peut pousser des bourgeons, prendre même l’aspect d’une glande creuse ramifiée, que Selenka et Kann ont surtout décrite non seulement chez les Mammifères, mais encore dans

l’ensemble des Vertébrés, et qu’ils ont appelée « poche palatine » ; ce sont tous là des phénomènes de régression ou tout au moins de mutation de fonction.

Nous devons ajouter que la corde, en outre des connexions dont il vient d’être question, se montre soudée constamment et manifestement à l’entoderme en un point assez reculé de la paroi postérieure du pharynx (fig. 46, o:) ; c’est qu’en cet endroit l’isolement de la corde dorsale et de l’entoderme, tel que nous l’avons décrit dans le tome Ior et au chapitre 1er du tome II, ne s’est pas fait.

B. Mode de formation et signification de la poche hypophysaire.— Bien qu’on ait discuté sur la nature ectodermique ou entodermique du diverticule hypophysaire, bien que l’on ait mis en doute même son existence (Albrecht), il existe bien réellement un diverticule hypophysaire de l’ectoderme. Mais on ne connaît pas encore bien la nature du mécanisme qui préside à sa formation.

Fig. 46. — Coupe longitudinale et médiane d’un embryon de Lapin d’un peu moins de 9 jours , pour faire voir les rapports cle l’extrémité antérieure de la corde dorsale avec la membrane pharyngienne.

e, ectoderme ou plutôt épiderme. — C, cavité cérébrale.— mp, membrane pharyngienne. — en, entoderme ou plutôt épithélium de l’intestin céphalique. — ch, corde dorsale recourbée en anse à son extrémité et venant s’appuyer contre la base de la membrane pharyngienne. — x, lieu de soudure de la corde et de l’épithélium intestinal. — I, intestin céphalique.

Laissant de côté la genèse de ce diverticule, et par suite de l’hypophyse qui en dérive partiellement, aux dépens de l’extrémité de la corde dorsale (Reichert, Dursy), abandonnant même la théorie mécanique de la formation du diverticule hypophysaire (Romiti) mentionnée plus haut, il reste encore deux moyens d’expliquer la production de ce diverticule. On peut

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