FOSSE BUCCALE PRIMITIVE ET CAVITE BUCCALE DEFINITIVE
qui limite par en haut et surplombe l'orifice buccal ; cette saillie est le bourgeon frontal, dont le développement est lié à celui du tube nerveux dilaté antérieurement pour former les vésicules cérébrales. Le bourgeon frontal transforme l’orifice buccal en une ouverture pentagonale. Enfin l’orifice de la bouche est complété par en bas par la soudure des bourgeons maxillaires inférieurs sur la ligne médiane (fig. 48, I-IV).
Fia. 48. — Quatre stades différents du développement de la face chez l’emhryon humain. Modifications de
forme de la fosse buccale (d’après Ecker, dessinés d’après les modèles de Ziegler).
I, stade le moins! avancé. — IV, dernier stade. — b, fosse buccale. — mx, arc maxillaire inférieur. — hy, arc hyoïdien. — B3, B4, 3e et 4« arc branchiaux. — m, bourgeon maxillaire supérieur. — bf, bourgeon frontal. — ni, ne, bourgeons nasaux interne et externe. — fis, fossette olfactive. — fl, fente lacrymale.
La forme de la fossette buccale ne varie pas moins que celle de l’orifice de la bouche. En effet, grâce à l’inflexion à angle droit que subit chez tous les Vertébrés amniotes et aussi chez les Sélaciens l’extrémité antérieure de la tête, inflexion qui reconnaît pour cause le grand développement des vésicules cérébrales (voy. p. 21), il arrive que la fossette buccale gagne de plus en plus en hauteur et en profondeur, en se prolongeant à la face inférieure de la dépression en coup de hache qui correspond intérieurement à la saillie extérieure de la tête ou vertex. Plus tard, la cavité buccale se trouve chez les Vertébrés supérieurs (Chéloniens, Grocodiliens, Mammifères) considérablement amoindrie par le développement de deux lames qui partent de la face interne des bourgeons maxillaires supérieurs et se dirigent horizontalement de dehors en dedans à l’intérieur de la cavité buccale, vont au-devant l’une de l’autre et finissent par se souder par leurs bords libres, formant
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
82 DÉVELOPPEMENT DE LA BOÜGHE ET DE L ANUS
ainsi une cloison horizontale, le palais , qui subdivise la cavité buccale primitive en deux étages supérieur et inférieur, dont le dernier représente seul la cavité buccale définitive.
D. Développement des glandes salivaires. — Le développement des glandes salivaires a été suivi chez l’Homme par His, et chez l’Homme et chez plusieurs Mammifères par Ghiewitz, dont les résultats confirment essentiellement ceux de His. Nous résumons ci-après les données de ces auteurs.
Si l’on fait une coupe frontale (verticale et transversale) un peu oblique de la cavité buccale et de son plancher chez un embryon humain de 2 cent, de longueur environ, on constate que le plancher de la bouche, de chaque côté de la saillie qui répond à la langue, présente un bourrelet latéral, séparé du maxillaire inférieur aussi bien que de la langue par un sillon ; il y a donc un sillon externe et un sillon interne. Plus la langue devient proéminente, plus le bourrelet s’enfonce entre elle et le maxillaire, et plus aussi les sillons interposés deviennent profonds. Il arrive alors que ces sillons, et notamment l’interne, s'isolent, par coalescence de leurs bords, de la cavité buccale. Déjà chez un embryon de 13mm,8 de long, l’extrémité postérieure du sillon interne se prolonge en un tube fermé à son extrémité, qui est l’ébauche de la glande sous-maxillaire. Chez l’embryon de 2 centim., cette ébauche (fig. 49, gm) est déjà considérable et lobée. Le
Fia. 49. — Coupe frontale un peu oblique de la cavité buccale et du plancher de la bouche , chez un embryon humain d’environ 2 centim. de long (d’après His).
si, septum lingual. — l, langue. — b, cavité buccale. — ni, nerf lingual. — nh, nerf hypoglosse. — nm, nerf mandibulaire. — cm, cartilage de Meckel (axe de la mâchoire inférieure). — gm, glande sous-maxillaire. — gs, glande sublinguale. — gp, glande parotide. — eus, canal de Wharton. — d, d, ébauches des dents.
canal de Wharton se constitue grâce à la fermeture progressive du sillon interne, effectuée d’arrière en avant, de telle sorte que l’orifice du canal finit par se trouver reporté très en avant. Le nerf lingual doit donc, pour parvenir à la langue, passer au-dessous du sillon, ce qui explique le croisement ultérieur du nerf et du canal de Wharton chez l’adulte.
L’ébauche de la glande sublinguale (fig. 49, gs) se forme plus tard que celle de la sous-maxillaire, et vraisemblablement aux dépens du sillon externe.