APERÇU GÉNÉRAL SUR L’APPAREIL BRANCHIAL
chiai » ainsi formé, et que l’eau, après avoir baigné cette cavité, en sort par un pore, le « pore abdominal » (fi g. 55),
Fig. 55. — Âmphioxus lanceolatus, grossi 2 fois 1/2 (d’après de Quatrefages, emprunté à Gegexbaur) .
a, ouverture buccale entourée par des cirrh.es. — b, anus. — c, pore abdominal. — d, intestin respiratoire. — e, intestin renflé à la manière d'un estomac. — f, cæcum hépatique. — g, rectum. — br, sac branchial formé par l’intestin respiratoire. — h, cavité générale. — i, corde dorsale accompagnée d’une aorte sur presque toute sa longueur. — k, arcs aortiques. — l, cœur aortique. — m , renflements des artères branchiales. — n, cœur veineux. W* o , cœur de la veine porte.
Les Tuniciers et le Balanoglosse présentent des dispositions essentiellement pareilles.
Chez les Vertébrés terrestres, c’est-à-dire dans les groupes supérieurs de la série, l’ébauche des sillons branchiaux externes et internes ainsi que celle des arcs branchiaux se fait bien comme précédemment. Cependant jamais ces organes ne se développent pour remplir une fonction respiratoire. Ils demeurent à cet égard rudimentaires et ne prennent un certain développement qu'au prix d'un changement de fonction, et par conséquent aussi d’une transformation morphologique.
§ 2. — Constitution de l’appareil branchial. — a) Nombre des fentes branchiales. Fentes branchiales transformées. Métamérie branchiale. — Le nombre des fentes branchiales est variable dans les différentes classes de Vertébrés. Chez un Sélacien pris comme type, on voit se former d’avant en arrière, par disparition de la membrane interposée aux sillons branchiaux externes et internes, six fentes branchiales comprises entre sept arcs branchiaux. Le 1er arc, qui sépare la première fente branchiale de la fente buccale, est V arc maxillaire ; le 2° arc est appelé arc hyoïdien ; on peut appliquer plus particulièrement aux cinq derniers arcs le nom d’arcs branchiaux et les désigner par les numéros 1-5 ; ou bien,
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE
si l’on fait rentrer dans la série des arcs branchiaux les arcs maxillaire et hyoïdien, le premier arc branchial deviendra en réalité troisième, et ainsi de suite. Des six fentes branchiales, la première, dite fente hyo-mandibulaire , parce qu'elle est comprise entre l’arc hyoïdien et Tare maxillaire, ou encore évent , ne porte pas de branchie et ne sert pas à la respiration. Souvent il se forme chez l’embryon une branchie, la « branchie de l’évent » des Sélaciens, qui du reste habituellement ne tarde pas à s’atrophier, bien qu'elle puisse persister chez certains Ganoïdes et remplir une fonction respiratoire, ou bien se transformer chez les Téléostéens en un corps particulier, la « pseudo-branchie ou glande choroïdienne ». En tant qu’il borde une fente encore capable de jouer le rôle d’organe branchial, et en raison aussi de son mode de formation, l’arc maxillaire est un arc branchial détourné de sa fonction primitive.
Chez certains Sélaciens, les Notidanides (Hexanchus, Heptanchus), il s’ajoute une ou deux fentes branchiales en arrière de celles qui existent déjà, ce qui porte le nombre total des fentes à 7 ou 8, et celui des branchies fonctionnant à 6 ou 7 (abstraction faite de l’évent).
Dans nombre de genres de Sélaciens van Bemmelen a trouvé derrière le dernier arc branchial une formation qu’il considère comme un dérivé branchial, comme une fente branchiale qui, ne s'ouvrant pas à l'extérieur, aurait perdu sa signification primitive. C/est un diverticule sacciforme de l'épithélium de la paroi ventrale de l’intestin, faisant saillie du côté de la paroi de la cavité péricardique. Le diverticule commence à se former à l’époque où vient de s’ouvrir la dernière paire de fentes branchiales. L’extrémité borgne du diverticule se dilate, pousse des bourgeons acineux, qui s’allongent en canalicules pelotonnés.
Le corps ainsi formé a une structure comparable à celle de la glande thyroïde, et peut être appelé pour cette raison « glande thyroïde accessoire » ; eu égard à sa situation il a reçu de van Bemmelen le nom de « corps suprapéricardique ». Le corps suprapéricardique persiste ou s’atrophie chez l’adulte suivant les cas examinés.
Gomme maintenant la première fente branchiale se réduit et s’atrophie jusqu’à disparaître complètement ou se transforme au