NOMBRE DES FENTES BRANCHIALES
point de devenir, méconnaissable, et que d’autre part derrière la dernière fente qui fonctionne comme branchie on trouve une formation que l’on peut avec une grande vraisemblance considérer comme une fente branchiale modifiée, on s’est demandé tout naturellement si la région occupée par les fentes branchiales, le territoire branchial en un mot, n’était pas plus considérable chez les prototypes des Vertébrés actuels et en particulier des Sélaciens, si en avant et en arrière des branchies ou formations dûment reconnues pour telles, il n’existait pas d’autres fentes branchiales encore, et si ces fentes disparues n’étaient pas représentées aujourd’hui par des organes situés au-devant et en arrière de la région branchiale actuelle.
En faveur d’abord de l’existence des branchies en arrière des limites de la région fonctionnellement branchiale, de branchies post-branchiales en un mot, on peut rappeler ce fait que dans des groupes qui ont précédé la série des Vertébrés, chez les Tuniciers, l’Amphioxus, l’antichambre respiratoire, garnie sur ses faces latérales de fentes branchiales, s’étendait au delà de l’endroit où finissent les branchies d’un Sélacien, et encore cet autre fait que le territoire du nerf vague ou pneumogastrique, le véritable nerf des branchies, s’étend chez les Vertébrés jusqu’à l’estomac inclusivement.
D’autre part l’idée de l’existence de fentes branchiales pré-branchiales a été exprimée le plus nettement et développée surtout par Dohrn, et partagée par d’autres auteurs tels que M. Marshall, Beard, Froriep, van Bemmelen, Kastschenko, Houssay, etc. Chez les Sélaciens, van Bemmelen a considéré comme des fentes branchiales rudimentaires non seulement des formations, les « follicules de l’évent » qui représentent des transformations de la lre fente branchiale, mais encore des « follicules de l’angle de la bouche» appartenant à la fossette buccale même. Celle-ci n’est à son tour, suivant Dohrn, que le résultat de la confluence de deux branchies paires fusionnées sur la ligne médiane (branchies orales). Il y aurait même eu des branchies préorales (fig. 56). C’est ainsi que pour Dohrn, Marshall, Beard, Houssay, la fossette olfactive est elle aussi une fente branchiale transformée. Il a dû exister, suivant Dohrn, un certain nombre de fentes branchiales
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE
dans la région de la cavité oculaire, et les muscles de l’œil ne seraient que des vestiges des muscles branchiaux correspondants (van Wyhe). Enfin, Kastschenko, en avant (et aussi en arrière) de la région des branchies proprement dites, a trouvé chez le Poulet un certain nombre de formations qu’il considère comme des fentes branchiales rudimentaires. Elles se présentent comme des sillons peu accentués de l’épiderme et de la paroi intestinale.
Il appelle « gouttières céphaliques » (fig. 56, gc ) les gouttières épidermiques situées en avant de la région branchiale.
Fia. 56. — Vue extérieure de la région des fentes branchiales d’un embryon de Poulet de la fin du 3° jour de l’incubation (d’après Kastschenko, un peu modifiée).
Z1-/5, l®r-fte sillons branchiaux. — P-P, ler et 2e trous branchiaux. — gc% gouttières céphaliques.
Non seulement il existe des branchies transformées, les unes pré-branchiales et les autres post-branchiales, mais encore il faut admettre l’existence de branchies intercalaires qui, placées entre les fentes branchiales vraies, se sont modifiées elles aussi profondément. C’est ainsi qu’Houssay a montré chez l’Axolotl l’existence d’une fente branchiale auriculaire (fig. 57, a) correspondant par conséquentà l’oreille qui n’en est qu’une simple dépendance. Cette branchie auriculaire occupe en effet, dans la série des branchies placées derrière la bouche, le n° 4, bien qu’elle soit la première formée, et qu’elle soit aussi la première qui disparaisse, ne laissant comme traces de son existence que son organe sensoriel branchial qui devient l’oreille.
L’hypothèse, d’après laquelle nombre d’organes situés tant en avant qu’en arrière du territoire branchial ou bien compris dans ce territoire même ne seraient autres que d’anciennes fentes branchiales, cette hypothèse fait corps avec la théorie de la méta-