‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 49 sur 284 · CONSTITUTION DES FENTES BRANCHIALES · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DES FENTES BRANCHIALES

du 3e jour il s’y ajoute une quatrième paire. Chez l’embryon de Lapin, les gouttières branchiales se montrent dans le cours des 3e et 10e jours. Chez l’embryon humain, c’est quand celui-ci a atteint une longueur de 3 ou 4 millim. que les sillons branchiaux sont les plus évidents.

b) Constitution des fentes branchiales . — Mais ce qu’il faut noter chez les Vertébrés supérieurs c’est moins, ainsi que nous l’avons indiqué déjà, une réduction numérique des fentes branchiales que la perte qu’elles font de l’importance fonctionnelle qu’elles avaient ailleurs. A peine ébauchées chez l’embryon, les fentes branchiales s’emploient à tout autre chose qu’à devenir des organes de respiration, ou même disparaissent sans laisser de traces.

Une condition indispensable au fonctionnement des fentes branchiales est en effet que celles-ci soient perméables, de telle sorte qu’une libre communication soit établie entre l’extérieur et l’intérieur du tube digestif. Or cette condition ne paraît pas être réalisée chez les Vertébrés supérieurs, au moins pour la majorité des fentes branchiales, parce qu’entre les différents arcs la membrane ecto-entodermique obturatrice se conserve au fond des sillons cutanés et pharyngiens.

Les opinions sont d’ailleurs très différentes sur cette question. Les uns (His, Born, Kolliker, Mail, Piersol) ont prétendu que les fentes ne sont que des sillons et ne sont jamais réellement ouvertes ; les autres (Fol, de Meuron, Rückert, Kastschenko, van Bemmelen) ont trouvé un certain nombre de fentes véritables, ce nombre variant d’ailleurs suivant les animaux étudiés.

On a discuté aussi sur la nature des couches qui constituent la membrane obturatrice des fentes, les uns lui reconnaissant seulement deux feuillets épithéliaux, ecto- et entodermique, les autres admettant l’existence d’une mince couche de mésoderme interposée entre ces deux feuillets.

Liessner est arrivé à cette conclusion générale intéressante, qu’à mesure que l'on s’élève dans la série des Vertébrés, on voit s’accentuer la réduction du nombre des fentes branchiales perméables, cette réduction marchant d’arrière en avant. Ainsi chez les Reptiles les deux premières paires de fentes sont seules constamment ouvertes ; la troisième paire ne l’est que rarement, la

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE

quatrième tout à fait exceptionnellement, la cinquième jamais. Chez le Poulet, les deux premières paires sont seules constamment perforées, la troisième très rarement, la quatrième et la cinquième jamais. Chez les Brebis enfin les deux premières paires seules se sont montrées ouvertes; encore le fait était-il exception-

Fig. 58. — Reconstitutions de la paroi bucco-pharyngienne antérieure d'embryons humains (d’après

W. His).

A. Embryon bb de His (3, 2 mm.). — B. Embryon B l (4,25 mm.). — C. Embryon B (7 mm.). — D. Embryon pr (10 mm.). — E. Embryon si (12,5 mm.). — B mx, lor arc branchial ou arc maxillaire. — B hy, 2e arc branchial ou arc hyoïdien. — B3, B4, B5, 3e, 4e, 5e arcs branchiaux. — ti, tüberculum impar. — /, furcula ; — fb, fundus branchialis. — l, orifice laryngien. — mb, champ mésobranchial. — lo, invagination de la thyroïde médiane. — e, épiglotte. — bl, base ou racine de la langue. — pl, pointe ou corps de la langue. — sp, sinus præcervicalis.

net. En outre, Liessner pense avoir montré que la fermeture des fentes est plus complète chez les Mammifères que chez les Oiseaux et les Reptiles ; car chez ces derniers la membrane obturatrice est purement épithéliale et didermique, au lieu qu’elle renferme en outre chez les Mammifères une couche intermédiaire de mésoderme et présente ainsi une constitution tridermique.

Kastschenko a fait voir maintenant qu’il fallait dans cette ques-

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