CONSTITUTION DES FENTES BRANCHIALES
tion de la perméabilité des fentes branchiales tenir grand compte des régions différentes d’une fente branchiale donnée. Ainsi chez le Poulet, la première fente branchiale n’est ouverte qu’en un seul endroit situé à son extrémité dorsale, qui figure un « trou branchial ou pharyngien », tandis que partout ailleurs elle se présente comme un sillon épidermique; la deuxième et la troisième fentes sont également perforées à leurs extrémités dorsales en un trou branchial, mais elles le sont aussi sur une certaine longueur au-dessous de ce trou de manière à présenter une fente branchiale ou pharyngienne (fig. 56, t] , t 2).
c ) Rapports des fentes et des arcs branchiaux. — Les arcs branchiaux et les sillons qui leur sont interposés, que ces sillons soient ou non de véritables fentes, sont au début placés les uns au-dessus des autres, de telle façon que leurs coupes transversales sont de chaque côté situées à peu près sur une même ligne droite. Les arcs et les sillons ne sont pas cependant superposés verticalement, mais ils forment dans leur ensemble deux séries qui convergent vers le bas, de telle sorte que l’espace bucco-pharyngien se rétrécit en entonnoir en se continuant avec le tube intestinal (fig.60).Le premier arc ou arc maxillaire est le plus développé et dépasse en dehors quelque peu les autres; le deuxième arc ou arc hyoïdien est à son tour plus volumineux que ceux qui le suivent. La deuxième paire de fentes branchiales, ou si l’on veut la deuxième paire de poches épidermiques et pharyngiennes, est la plus considérable.
Les arcs ont une forme générale très simple, grossièrement cylindroïde. Cependant pour les deux premiers arcs, cette forme ne tarde pas à se compliquer. Le premier arc en effet envoie, comme nous le verrons plus tard, un prolongement maxillaire supérieur, dont il a été question déjà à la page 80. Le deuxième arc à son tour émet en arrière, c’est-à-dire du côté du 3° arc, un prolongement que Rathke a comparé à l'opercule des Poissons et qui pour cette raison a reçu le nom de « prolongement operculaire » ; ce prolongement est plus développé chez les Oiseaux que chez les Mammifères, et chez ceux-ci c’est chez l’Homme qu’il est le moins apparent.
Quant aux fentes, leur forme varie évidemment, selon qu’elles sont ouvertes ou fermées. Piersol, qui d’ailleurs les considère toutes
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE
comme fermées, composées par conséquent de poches épidermiques et de poches pharyngiennes indépendantes, a pu reconstituer la forme de ces dernières, qui sont les plus intéressantes à considérer, et a donné des moules de l’ensemble du pharynx et de ses diverticules branchiaux (fig. 59) : il distingue en particulier sur
chacune des poches un « diverticule dorsal » et une
« expansion aliforme ventrale »
Les dispositions respectives des arcs et des fentes que nous avons indiquées ci-dessus ne tardent pas à se modifier chez les Vertébrés supérieurs. Chez l’Homme par exemple, à partir de la 4e semaine, les arcs se déplacent les uns sur les autres, par suite du développement prépondérant des deux premiers d’entre eux, à la manière des tubes d’une lorgnette, selon la comparaison de His. Il en résulte que si, de l’extérieur, on examine les parois latérales du cou, on voit le 2° arc recouvrir le 3° et celui-ci le 4e, si bien que finalement le 3° et le 4e arcs sont complètement mas* qués par le 2° arc qui les recouvre d’au tant mieux que nous le savons pourvu d’un prolongement operculaire. S’affaissant ainsi les uns sur les autres, et se retirant dans la profondeur, du côté du pharynx, les derniers arcs viennent s’appuyer contre la paroi supérieure du thorax (fig. 58, C, D, E, fig. 60, B). Il se forme de la sorte une profonde dépression à la limite postérieure de la région cervicale ; c’est le sinus prœcervicalis de His, sinus cervicalis de Rabl (fig. 60, B, sprc). Le fond de cette dépression présente entre
"Fig. 59. — Moule de la région bucco- pharyngienne du tube intestinal chez un embryon de lapin de 11 jours (d’après Piersol).
pR, poche de Rathke. — pS, poche de Seessel. — gp, gouttière pharyngienne. — b, surface sectionnée de la cavité buccale. — th, diverticule thyroïdien de la cavité bucco-pharyngienne. — a1-»4, expansions alif ormes des poches entodermiques des fentes branchiales, par lesquelles ces poches se mettent en continuité avec les poches entodermiques. — Pi-pi, pointes dorsales des poches entodermiques