‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 51 sur 284 · FORME ET RAPPORTS DES FENTES ET DES ARCS BRANCHIAUX · texte numérisé non relu

FORME ET RAPPORTS DES FENTES ET DES ARCS BRANCHIAUX

les 3e et 4e arcs des fossettes qui ne sont autres que les poches ectodermiques des 3e et 4e fentes branchiales. Le 2e arc, l’arc hyoïdien, qui jusqu’à présent surplombait l'entrée du sinus præcervical et la bordait concurremment avec la paroi thoracique, s’abaisse à son tour en se développant, et vient appuyer son prolongement operculaire sur la paroi du corps. Le sinus præcervical est dès lors divisé en deux parties ; une partie initiale, superficielle, en forme d’entonnoir, infundibulum prœcervicale dans laquelle débouche la 2e poche ectodermique et une partie terminale, profonde, qui a une forme irrégulière, fundus prcecervicalis. Plus

Fia. 60. — A. Coupe frontale de l’espace bucco-pharyngien d’un embryon humain (Embr. B 1 de His). — B. Vue frontale et en partie section frontale d'un embryon humain plus âgé (Embr. Rg de His) (d’après His).

En A. — Ao2-Ao 5, 2e- 5e arcs aortiques contenus dans les arcs branchiaux correspondants. — p, tubes

pulmonaires. — pl, sacs pleuraux.

En B. — br^mx, premier arc branchial ou arc maxillaire. — brz hy, 2e arc ou hyoïdien, br3, br i, 3° et 4e arcs branchiaux. — spre, sinus præcervicalis. — hp, orifice du diverticule hypophysaire. — bj, bourgeon frontal. — ne, ni, bourgeons nasaux externe et interne. — mx, bourgeon maxillaire supérieur du 1er arc. — son , sillon oculo-nasal. — si, sillon lacrymal. — fn, fossette nasale. — p, tubes pulmonaires. — pl, sacs pleuraux.

tard le 2e arc se soude à la paroi du thorax, dès lors le fundus prœcervicalis est isolé de toutes parts et ne communique plus avec l’extérieur, mais est relié simplement à Y infundibulum prœcervicale par un tractus épithélial, trace de la communication effacée.

Plus tard, alors que définitivement les 3e et 4e arcs branchiaux ont définitivement disparu de la surface du corps, le 2e arc ou arc

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE

hyoïdien s’enfonce à son tour profondément, le 1er arc ou arc mandibulaire (mâchoire inférieure future) demeurant seul superficiel et se développant beaucoup. Il en résulte que Yinfundibulum prœcervicale s’est transformé en un espace limité en avant par l’arc mandibulaire, en arrière et en dedans par l’arc hyoïdien qui forme tout à la fois le bord postérieur et le fond de cet espace. His a donné à cette cavité le nom de fossette rétromandibidaire, que lui vaut sa situation ; elle n’est autre que la future excavation parotidienne.

Fistules congénitales du cou ( fistules branchiales).

L’existence des fentes branchiales chez l’embryon des -Vertébrés supérieurs et chez l’embryon humain en particulier rend compte de la présence accidentelle de fistules congénitales du cou chez les Mammifères et chez l’Homme. Ces fistules doivent être considérées comme dues à la persistance totale ou partielle de la communication établie entre le pharynx et l’extérieur par une fente branchiale, et méritent par conséquent le nom de fistules branchiales.

Découvertes par Hunczowsky, les fistules congénitales du cou ont été interprétées de la façon que nous venons de dire par Ascherson pour la première fois et depuis par Heusinger. Dès lors elles ont été l’objet d’un grand nombre de travaux (1), qui, l’interprétation générale étant désormais admise, ont eu le plus souvent pour but de préciser l’explication propre à chaque cas particulier, mais qui aussi ne l’ont pas toujours fait avec une fidélité suffisante aux données de l’embryologie.

Les fistules congénitales du cou sont ou bien primitives, ou bien secondaires (Duplay). Les premières sont celles que le nouveau-né offre en venant au monde. Les autres ne se développent en général qu’après la naissance; elles sont consécutives à l’ouverture d’un kyste branchial, ce kyste étant dû lui-même à l’oblitération des deux extrémités interne et externe d’une fente branchiale (Roser).

Les fistules branchiales sont, comme toutes les fistules, complètes , borgnes internes, borgnes externes ; elles ont donc deux orifices (interne et externe), ou bien un seulement, soit interne, soit externe.

L’orifice externe de la fistule a une situation très variable, tant par le niveau plus ou moins élevé auquel on le trouve que par la distance plus ou moins grande qui le sépare de la ligne médiane. On peut le rencontrer au niveau du lobule de l’oreille et de l’angle de la mâchoire inférieure (fistules lobulaires ou sub auriculaires et fistules rétro - ou infra-maxillaires) ; on peut le trouver ensuite dans toute la hauteur de la région com-

(1) Lire particulièrement les travaux français de Cusset et de Guzman, et surtout le mémoire de Kostanecki et Mielecki (voir l’index bibliographique).

Page 1