‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 71 sur 284 · III. — Œsophage · texte numérisé non relu

III. — Œsophage

On ne connaît que peu de choses sur le développement de l’oesophage. Nous avons vu que ce conduit résulte de la division de la région postérieure du pharynx en deux tubes parallèles dont l’un est le tube pulmonaire, l’autre le canal œsophagien (voy. fîg. 77). Le canal ainsi formé est d’abord extrêmement court, comme la région du cou dont il fait partie. C'est seulement quand l’embryon s’allonge, quand le cou et le thorax se délimitent, que l’œsophage devient plus long. Les circonstances dont s'accompagne cet allongement du conduit œsophagien sont encore assez obscures.

On a montré cependant que la lumière du tube œsophagien s’oblitère en un stade assez avancé dû développement. Balfour a découvert ce fait intéressant chez les Sélaciens. De Meuron l’a confirmé pour les autres Vertébrés, sauf les Mammifères : chez les Amphibiens anoures, cette disposition peut être constatée sur des larves qui viennent de quitter les enveloppes gélatineuses de l’œuf; chez les Lézards, les parois antérieure et postérieure de l’œsophage s’accolent ; il persiste toutefois, sur les bords de la coupe aplatie de l’œsophage et de chaque côté, une lumière minime ; chez l’embryon de Poulet de 5 jours 1/2, l’œsophage est oblitéré sur une longueur de 115 fj. derrière l’orifice du larynx (fig. 89, oe) ; dans la partie inférieure du cou, il est remarquable de voir que l’œsophage présente deux lumières juxtaposées. L’état oblitéré de l’œsophage est du reste dans tous les cas transitoire et bientôt ce conduit recouvre son lumen central.

Des observations analogues à celles que nous venons de rapporter ont été peut-être, par suite d’une fausse interprétation, l’origine des manières de voir que Robin d’une part, Reichert de l’autre ont émises sur le modo de développement et le processus d’allongement de l’œsophage. Pour ces auteurs, l’œsophage, c’est-à-dire la partie du tube pharyngo-œsophagien située au-dessous (en arrière) de la naissance du conduit aérien, serait de formation secondaire. Robin invoque à cet égard le bourgeonnement plein du pharynx. Pour Reichert, l’œsophage se formerait aux dépens du blastème céphalique étendu depuis la région pharyngo-laryngienne jusqu’à la région stomacale de l’intestin; d’abord plein, l’œsophage s’ouvrirait secondairement ensuite dans le pharynx et dans l’estomac.

Les particularités du développement normal constatées par Balfour et de Meuron sont pour nous intéressantes à noter, parce qu’avec leur secours nous pouvons expliquer certains cas de malformation de l’œsophage. Les anomalies, dont l’œsophage peut être le siège, sont les suivantes : absence

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE

complète du conduit, rétrécissement, oblitération complète et terminaison en cul-de-sac du tube phayyngo-œsophagien, abouchement anormal dans la trachée, duplicité du tube œsophagien. Les cas les plus fréquents, rap-

Fig. 89. — Coupe transversale de la région du cou chez un embryon de Poulet de 122 heures.

ce, œsophage sans lumière. — tr, trachée. — 3 A, 4 A, 5 A, troisième, quatrième et cinquième arcs aortiques. — n, nerf hypoglosse. — nerf vague. — u, prolongement operculaire du 2° rc br anchial. — t, extrémité inférieure du thymus. — y, corps formé par la 5® poche entodermique branchiale ou fundus subbranchialis (corps y de Mail). - — x , corps formé par la 4e poche entodermique branchiale (corps x de Mail). (Comp. Mail, fig. 25.)

portés par Reynier, sont des cas complexes, où il y a en même temps oblitération de l’œsophage, et ouverture du bout inférieur dans la trachée; l’oblitération porte sur la partie supérieure ou moyenne du conduit œsophagien ; le bout supérieur terminé en cul-de-sac et le bout inférieur ouvert dans la trachée sont habituellement réunis par un cordon musculo-fibreux plus ou moins développé. L’abouchement anormal dans la trachée peut s’expliquer par un défaut de séparation des conduits œsophagien et respiratoire, lorsque se forme ce dernier, ainsi que nous l’avons vu au paragraphe consacré à l’appareil pulmonaire. Quant au rétrécissement et surtout à l’oblitération de l’œsophage, elle peut avoir son origine dans la persistance en un certain point de l’état plein de l’ébauche œsophagienne.

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