‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrés (volume 2)Chapitre 72 sur 284 · DÉVELOPPEMENT HISTOLOGIQUE DU PHARYNGO-ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT HISTOLOGIQUE DU PHARYNGO-ŒSOPHAGE

œsophage. Mais nous possédons des faits nombreux et importants sur l’évolution de l’épithélium.

L’épithélium qui revêt la muqueuse du pharyngo-œsophage est constitué au début, comme celui de la muqueuse du tube digestif tout entier, par une couche simple de cellules cylindriques. Typiquement et originairement, comme on l’observe encore chez l’Amphioxus adulte ou chez les larves des Cyclostomes (J. Müller) et des Batraciens (Sacchi), ces cellules étaient ciliées, sur toute la longueur du tube digestif; et nous verrons plus loin que plusieurs auteurs ont retrouvé çà et là dans la région stomaco-intestinale des plages d’épithélium vibratile. On sait que, sauf dans la partie supérieure, respiratoire, du pharynx, l’épithélium du pharyngo-œsophage est chez l’adulte un épithélium stratifié à cellules superficielles plates. Cet état paraît procéder d’une période où l’épithélium est vibratile : ainsi Neumann a trouvé chez l’embryon humain du 4e mois, un épithélium cilié dans l’œsophage; Tourneux, cité par Betterer, a vu l’épithélium de la région amygdalienne du pharynx revêtu de cils vibratiles.

Outre les invaginations glandulaires fournies par l’épithélium du pharyngo-œsophage, lesquelles donnent lieu à des glandes vraies, il se produit en beaucoup de points des culs-de-sac épithéliaux, qui pénètrent dans le derme sous-jacent, lequel en même temps éprouve certaines modifications. La combinaison de ces deux processus, dont l’épithélium et le derme de la muqueuse sont le siège, donne lieu, en se localisant à certains points, à des amas plus ou moins limités de véritables follicules clos, que l’on peut distinguer dans la région bucco-pharyngienne sous le nom générique d 'amygdales ou tonsilles. On a surtout examiné le développement anatomique et l’histogénèse de la tonsille pharyngienne et de la tonsille palatine ou amygdale proprement dite.

Nous examinerons en premier lieu le développement de celle-ci, connu par les recherches de Schmidt, Kolliker et surtout de Betterer, auquel nous empruntons notre description.

Le lieu de formation de l’amygdale est une dépression, la fossette amygdalienne , qui se montre limitée par l’arc palatin antérieur et l’arc palatin postérieur, le premier saillant sous forme d’un « pli triangulaire » allant du voile du palais aux parties laté-

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN RESPIRATOIRE

raies de la langue; la fossette amygdalienne n'est autre par conséquent que l’espace qui sépare les 2e et 3e arcs pharyngiens (His). La muqueuse qui tapisse la fossette amygdalienne s’invagine au 4° mois chez l’Homme pour former un cul-de-sac s’ouvrant dans la cavité du pharynx par un orifice fusiforme et qui est la première ébauche de l’amygdale (Kolliker, Retterer).

Vers le 5° mois, ce cul-de-sac primitif pousse des invaginations secondaires, lesquelles à leur tour produisent des bourgeons pleins, en somme l’ébauche se ramifie. A l’encontre de ce qui se passe quand se forment des glandes, alors que la couche profonde de l’épithélium stratifié seule bourgeonne, les involutions épithéliales desquelles dérive l’amygdale sont constituées par toutes les couches de l’épithélium. En même temps on remarque dans la couche superficielle du chorion de la région amygdalienne la production autour des bourgeons épithéliaux d’amas connectifs vasculaires, dus à une active prolifération en ces points. Jusqu’ici nous avons en présence deux ébauches : l’une épithéliale, l’autre connective, qui se touchent mais ne se pénètrent point. Au 6e mois, les bourgeons épithéliaux ont perdu leur membrane basilaire, et les éléments conjonctifs viennent s’interposer entre eux et plus tard pénétrer entre leurs éléments, s’enchevêtrer avec chacun d’eux sous forme de trabécules lamineuses. Retterer propose, pour le tissu complexe qui résulte de la pénétration intime, élément à élément, de l’épithélium par le conjonctif vascularisé, le nom de « tissu angiothélial ». — Dans une seconde période, l’augmentation des nodules conjonctifs amène peu à peu la séparation de la portion terminale des bourgeons d’avec l’involution originelle, qui persiste sous forme d’un diverticule creux et forme l’une des cryptes de l’amygdale adulte. Les bourgeons épithéliaux, séparés de l’involution qui les a produits, forment des îlots dont chacun est le point de départ de la formation d’un follicule clos, ou lobule amygdalien. Chaque îlot est envahi sur toute sa périphérie par du tissu conjonctif d’abord privé, puis pourvu de vaisseaux, et de purement épithélial qu’il était, se transforme ainsi de dehors en dedans en tissu angiothélial.

Vers la 5e année de la vie, les lobules amygdaliens sont constitués dans toute leur épaisseur par du tissu angiothélial. Ces

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