PAPILLE ET SAC DENTAIRES
brane basale qui partout ailleurs sépare Fépithélium du derme sous-jacent.
De bonne heure les cellules connectives les plus superficielles du bulbe, sous-jacentes à la membrane de l’émail, prennent des caractères spéciaux et se différencient en une sorte d’épithélium, la membrane de l’ivoire, composée d’éléments serrés les uns contre les autres, et disposés en une seule rangée, que nous avons appelés déjà odontoblastes, et qui vont produire l’ivoire ou dentine. Les odontoblastes (fig. 96) sont des cellules volumineuses, piriformes, émettant trois ordres de prolongements : un ou plusieurs prolongements périphériques, prolongements de Vivoire , fibres de Tomes , plongés dans la coucheamorphe superficielle ; des prolongements latéraux, par lesquels elles s’anastomosent entre elles ; des prolongements centraux ou profonds au moyen desquels elles s’unissent avec les cellules du bulbe immédiatement sous-jacentes. Celles-ci forment une couche assez distincte du reste du bulbe, a laquelle Legros et Magitof ont donné le nom de « stratum des cellules de l’ivoire ». La membrane de l’ivoire et la papille dentaire tout entière s’accroissent de plus en plus par suite d’une division active de leurs cellules constitutives (Canalis).
Toute la masse centrale de la papille dentaire, revêtue par la membrane de l’ivoire, représente un tissu conjonctif muqueux riche en vaisseaux, la pulpe dentaire.
d) Sac dentaire. — De la base ou collet de la papille dentaire s’élève une sorte de bourrelet circulaire qui entoure à la fois l’or gane de l’émail et la papille dentaire. Ce bourrelet n'est autre qu’un produit de condensation du tissu connectif; ce serait par conséquent s’en faire une idée fausse que de vouloir le trouver parfaitement délimité vis-à-vis des tissus conjonctifs ambiants, de même qu’il faut le considérer comme continu avec la base même de la papille dentaire. S'étendant de plus en plus vers la surface alvéolaire, ce bourrelet arrive bientôt à envelopper complètement les ébauches épithéliale et connective de la dent d’une sorte de sac ou follicule, comparable au follicule pileux, le sac ou follicule dentaire (fig. 97, B, sd). Le sac dentaire est encore à ce moment ouvert par en haut, et son orifice donne passage au collet de l’organe de l’émail, que les bords du sac dentaire entourent d’une sorte
APPAREIL DENTAIRE
d’anneau. Quand ce collet s’est rompu, le follicule se complète, et la cavité folliculaire se clôt, contenant l’ébauche de la dent isolée définitivement de sa matrice épithéliale et connective. Les parois du sac dentaire, minces et molles d’abord, formées qu’elles sont par du tissu connectif embryonnaire simplement condensé, s’épaississent et se durcissent plus tard, et deviennent fibreuses.
Nous verrons plus loin leur destinée ultérieure, qui est en partie la formation du cément dentaire.
En résumé, nous avons vu que l’ébauche de la dent est constituée par deux organes primordiaux, l’un épithélial, l’organe de l’émail, l’autre connectif, la papille dentaire ou organe de l’ivoire; l’ébauche totale est entourée d’un follicule ou sac dentaire. Jusqu’alors comparable à l’évolution du poil, l’évolution dentaire va maintenant se distinguer par des processus de calcification qu’il nous faut maintenant étudier.
§ 2. Calcification de l’ébauche dentaire. — La calcification du germe dentaire comprend : 1° la formation de l’ivoire ; 2° la formation de l’émail ; 3° la formation du cément. En d’autres termes, elle comporte l’étude du fonctionnement de la membrane de l’émail, de la membrane de l’ivoire, et celle des transformations du sac dentaire.
D’une manière générale, « le phénomène de la calcification peut s’opérer suivant deux processus : dans le premier cas, le dépôt de sels se fait au sein même de la substance de l’organe formateur, qui se trouve ainsi transformé en tissu calcifié ; dans le second, l’organe formateur rejette à sa surface les matériaux organiques et inorganiques, et excrète, pour ainsi dire, le tissu nouveau qui en résulte » (Tomes). La première théorie est celle de la calcification par substitution; la deuxième, celle de la calcification par sécrétion. Les deux théories ont été soutenues pour la formation de l’ivoire et pour celle de l’émail. Quant à la calcification qui donne naissance au cément, elle est une véritable ossification.
A. Phénomènes généraux de la calcification . — Il n’est pas inutile de faire précéder l’étude des phénomènes de calcification de la dent de quelques données générales sur la calcification en général, que nous empruntons à Tomes, et qui sont utilisées