RAPPORTS DES DENTS TEMPORAIRES
ment par l’intermédiaire d'un tissu fibro-cartilagineux; y. Brünn au contraire nie l’existence d’un état fibro-cartilagineux intermédiaire.
D’après Legros et Magitot et d'après v. Brünn, le tissu fibreux, de la transformation duquel résulte en définitive le cément coronaire, doit être considéré comme un organe du cément spécial, au même titre que l’organe de l’émail et l’organe de l’ivoire.
Le cément radiculaire a pour origine le tissu fibreux des couches les plus internes du sac dentaire, dont il dérive directement par ossification.
Le processus d’ossification ne diffère en rien des autres cas de formation de l’os aux dépens du tissu fibreux. Le dépôt de sels calcaires se fait autour de cellules du tissu conjonctif spéciales, ou ostéoblastes, de telle sorte que les différents territoires de calcification arrivent à se souder ensemble en une substance fondamentale continue. Il peut y avoir cependant des accidents de calcification, consistant en ce que la soudure ne se fait pas entre les différents centres de calcification, dont chacun alors, complètement isolé des autres, entoure un ostéoblaste; il se forme ainsi ce qu'on appelle les « lacunes encapsulées ».
§ 3. Rapports et moyens de fixation des dents temporaires. — A l’époque où ils sont bien constitués déjà, individualisés dans un sac dentaire différencié, les germes dentaires sont situés dans une gouttière osseuse, la gouttière alvéolaire du maxillaire, qui n’est fermée du côté de la cavité buccale que par la muqueuse buccale. Pour le maxillaire inférieur, la gouttière alvéolaire est située au-dessus du cartilage de Meckel, qui demeure en dedans d’elle, et elle contient, outre les germes dentaires, les vaisseaux et nerf dentaires inférieurs.
A la naissance, la gouttière alvéolaire se montre subdivisée par des cloisons osseuses transversales en un certain nombre délogés indépendantes, dont chacune renferme une dent, et porte le nom d’alvéole dentaire (h g. 97) ; cette séparation est plus complète dans les régions antérieures de la bouche qu’en arrière. Toute la masse du tissu connectif du sac dentaire, qui est emprisonnée dans l’alvéole, entre lui et la dent, forme le périoste alvéolodentaire (fig. 97, B, pe), lequel sert à la fois d’organe nutritif pour l’os et pour la dent et de moyen de fixation de l’une à l’autre. La formation du périoste alvéolo-dentaire, ou en d’autres termes l’établissement des connexions de la dent avec son alvéole, se fait d’ailleurs différemment dans les régions pourvues d’émail et dans celles qui en sont privées (v. Brünn). Dans celles-ci (racines des
APPAREIL DENTAIRE
dents, faces antérieures des incisives des Rongeurs, bandes revêtues de cément dans les molaires des Rongeurs) on peut admettre que les connexions entre la dent et l’alvéole sont primitives, et qu’aucun tissu ne venant s’interposer entre l’ivoire dentaire et
Fig. 97. — Coupes des ébauches de la dent de lait et de la dent de remplacement du Chat en deux stades différents (d’après Kolliker, avec quelques modifications).
A. Embryon. — B. Animal jeune.
En A, bg, bourrelet gingival. — epx, épithélium externe de l’émail de la dent de lait. — epi, épithélium interne. — pe, pulpe de l’émail. — e, émail. — p, pédicule de l’organe de l’émail de la dent de lait. — pd, papille dentaire. — i, ivoire. — pr, pédicule de l’émail de la dent de remplacement. — dr, organe de l’émail de la dent de remplacement. — pdr , la papille dentaire de cette dent. — sd, sd , sac dentaire général, enveloppant l’une et l’autre dents. — mx, mâchoire inférieure. — c, cartilage de Meckel. — En B, mêmes lettres et de plus : pe) périoste alvéolo-dentaire, se continuant avec g, la gencive. — s, sertissure. — a, cloison osseuse alvéolaire séparant les alvéoles de la dent de lait et de la dent de remplacement.
l’alvéole osseux, si ce n’est le tissu conjonctif embryonnaire qui les rattache l’un à l’autre, le périoste alvéolo-dentaire peut se différencier dès le début aux dépens de ce tissu conjonctif (1). Dans
(1) Pour y. Brünn, qui, nous l’avons vu plus haut, admet autour de la racine, l’existence d’une gaine d’épithélium adamantin, séparant la papille dentaire du sac dentaire,