FORMATION ET RAPPORTS DES DENTS PERMANENTES
les régions pourvues d’émail, qui cependant sont fixées à l’alvéole, telles qu’en présentent les molaires des Rongeurs, le tissu conjonctif ambiant se différencie en cément, et le cément formé comprimant l’épithélium de l’émail le détruit, et vient ainsi au contact de l’émail; étant d’autre part en connexion avec l’alvéole, il rattache directement la dent à la paroi alvéolaire (v. Brünn).
Remarquons en passant que le mode d’implantation des dents dans des alvéoles, s’il est très répandu, est loin d’être général. Les dents peuvent n’être rattachées à la mâchoire que par la muqueuse buccale seule, de manière à pouvoir glisser sur le maxillaire ; elles offrent alors une très grande mobilité (Sélaciens). Au contraire elles peuvent être immobilisées sur la mâchoire, en s’ankylosant complètement avec le tissu osseux de celle-ci (Poissons osseux, Amphibiens, Reptiles).
§ 4. Formation et rapports des dents permanentes. —
Les processus odontogéniques décrits plus haut ne s’appliquent aux dents permanentes que pour ce qui concerne un développement déjà avancé, mais nullement pour les premiers stades de l’évolution de ces dents.
Comme les dents de lait, les dents permanentes dérivent de plusieurs organes primordiaux, organe de l’émail, organe de l’ivoire, sac dentaire, dont le premier en date et aussi le plus important à considérer est l’organe de l'émail.
La formation de l’organe de l’émail doit être étudiée séparément pour les dents permanentes, dites de remplacement, qui succèdent aux dents de lait, et pour les dents permanentes (molaires vraies) qui ne sont pas précédées de dents de lait.
Pour ce qui est des premières, on dit habituellement que leur organe de l’émail naît du cordon suspenseur, pédicule ou collet de l’organe de l’émail de la dent de lait, sous la forme d’un bourgeon qui bientôt se renfle en massue à son extrémité libre, et qui vient se placer au fond de la gouttière alvéolaire, au-dessous et
la pénétration réciproque du tissu conjonctif de l’une et de l’autre qui assurent leur continuité et la fixation de la dent ne peut être obtenue qu’au prix de la destruction préalable de la gaine épithéliale et par suite doit être regardée comme secondaire.
APPAREIL DENTAIRE
en arrière du sac des dents provisoires. Pour Pouchet et Ghabry il n’en est pas ainsi, et les organes adamantins des dents de remplacement ne proviennent pas de bourgeons secondaires des pédicules de l’émail des dents de lait correspondantes, mais sont formés aux dépens des lobes descendants ou festons que nous avons signalés sur le bord profond et libre de la lame dentaire (voy. p. 185), contrairement à l’opinion généralement adoptée qui veut que ces lobes aient pour destinée de fournir les germes adamantins de la première dentition.
Pour ce qui est des dernières ou vraies molaires, non précédées par des dents temporaires, leur mode de formation est différent. On le décrit d’habitude comme il suit : la première molaire naît directement de l’extrémité postérieure de la lame dentaire, la deuxième molaire du cordon de la première, la troisième du cordon de la seconde. Pouchet et Chabry, Morgenstern ont modifié ce schéma. Pour les premiers, un prolongement de la lame dentaire en arrière donne naissance à l’organe adamantin de la première molaire ; celui des deuxième et troisième molaires dérive, comme pour les dents permanentes précédées de dents temporaires, des lobes descendants de la lame dentaire. D’après Morgenstern, l’organe adamantin de la première grosse molaire naît de la partie postérieure de la lame dentaire, tout comme l’organe adamantin d'une dent de lait ; l’organe de l’émail de la deuxième molaire prend origine sur le collet de celui de la première molaire, sous la forme d’un prolongement transversal ou germe secondaire, de la même façon que partout ailleurs l’organe de l’émail d’une dent de remplacement dériverait du collet de l’organe adamantin de sa dentde lait ; quant au germe de l’émail de la dent de sagesse ou troisième grosse molaire, ce serait un prolongement postérieur direct de la lame dentaire même, et non pas un bourgeon du collet de l’organe de l’émail de la deuxième molaire.
La formation des organes de l’ivoire des dents permanentes ne présente aucune particularité digne d’être notée.
Quant aux sacs dentaires des dents définitives, ils adhèrent à ceux des dents de lait correspondantes. En effet, le sac dentaire de la dent de lait se prolonge sous la forme d’une gaine connective sur le pédicule épithélial adamantin delà dent de remplacement