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MÉCANISME DE LERUPTION DES DENTS

et de là sur cette dent elle-même, dont il forme le sac dentaire. Celui-ci est placé en arrière du sac de la dent de lait, et à l’intérieur du même alvéole osseux que ce dernier (fig. 97). Plus tard il se fait une cloison osseuse qui sépare l’alvéole commun en deux loges, Tune pour la dent temporaire, l’autre pour la dent permanente (fig. 98, A, a). Cette dernière est ainsi enfermée dans une coque osseuse propre, complète de toutes parts, sauf inférieurement où elle est perforée pour laisser passer les nerfs et vaisseaux de la dent, et supérieurement où il existe un orifice osseux, Yiter denlis (98, A, ici), qui donne passage au cordon épithélial de l’organe adamantin de la dent permanente, entouré par une gaine de tissu fibreux, [q gubernaculum dentis. Ce gubernaculum dentis est le prolongement du follicule dentaire; delà dent permanente il va s’attacher à la gencive, tout près du collet de la dent de lait, en dedans duquel il est placé, et se continue en partie avec le sac dentaire de la dent de lait. Quand le collet épithélial de l’organe de l’émail de la dent permanente a été rompu, on en trouve dans le gubernaculum des restes sous forme de tractus épithéliaux (98, A, i), plus nombreux vers la profondeur, unis en un réseau, présentant des prolongements latéraux, et continus avec l’organe de l’émail (Verneuil, Magitot, Legros et Magitot, Malassez). Malassez a montré que quand la dent définitive, suivant la voie tracée par le gubernaculum, fera éruption au dehors, les tractus épithéliaux réticulés entoureront sa racine à la manière de « débris épithéliaux paradentaires ».

Certains de ces débris épithéliaux offrent des cavités, et cellesci peuvent devenir le point de départ de formations kystiques (Malassez).

§5. Mécanisme de l’éruption des dents. Les dentitions. —

A. Eruption des dents temporaires. — Les dents sont d’abord constituées uniquement par la couronne ; ce n’est qu’ensuite que, la dent continuant de s’accroître, se forme la racine, qui s’allonge peu à peu et finit par atteindre le fond de l’alvéole. « Une conséquence directe, dit Kolliker, de l’apparition de la racine, c’est de soulever la couronne de la dent, qui commence dès lors à presser contre la paroi supérieure du sac dentaire et la

APPAREIL DENTAIRE

muqueuse gingivale qui adhère intimement à ce dernier. Elle se fait donc jour peu à peu à travers ces parties, qui subissent ellesmêmes de leur côté une atrophie. La muqueuse gingivale se resserre autour de la couronne de la dent, pendant qu’au-dessous d’elle la partie du sac dentaire qui n’a pas été détruite s’applique étroitement sur la racine et devient le périoste de l’alvéole. » L’anneau de la muqueuse gingivale, qui enserre le collet de la couronne dentaire, s’appelle la sertissure (fig. 97, B, s).

L’atrophie, déterminée par la poussée de la dent en voie d’éruption, ne porte pas seulement sur les parties molles, mais encore sur les os ; il se produit une résorption active de l’os environnant, particulièrement de la paroi antérieure ou externe de l’alvéole, la paroi postérieure demeurant pour constituer une partie de la loge de la dent permanente correspondante. Quand la couronne de la dent s’est fait jour au dehors, la résorption osseuse s’arrête et fait place au contraire à une production osseuse qui entoure complètement la racine et embrasse étroitement le collet de la dent.

Tandis que, pour expliquer l’éruption de la dent de lait, l’on fait intervenir d’habitude uniquement l’allongement de la racine et la poussée de la dent qui en est la conséquence, ce mécanisme, pour plusieurs raisons, ne paraît pas à Tomes donner de l’éruption dentaire une explication suffisante : en effet, on trouve souvent des dents à racines atrophiées, qui cependant peuvent faire leur éruption ; en outre, une dent peut avoir toute la longueur de ses racines et demeurer renfermée dans le maxillaire pendant la moitié de la vie, pour faire son éruption dans un âge avancé ; enfin, quand une dent parfaitement normale a fait son éruption, la distance parcourue par la couronne est matériellement plus grande, dans un temps donné, que le total de l’allongement des racines, opéré dans le même temps. En somme, Tomes conclut que le mécanisme par lequel les dents, et en particulier les dents temporaires, sont poussées au dehors, à l’époque de leur éruption, est loin d’être parfaitement élucidé.

B. Éruption des dents permanentes. — Nous avons vu que primitivement les sacs des dents permanentes sont contenus dans les alvéoles des dents provisoires ; ce n’est qu’au bout d’un certain temps qu’ils en sont peu à peu séparés par une cloison qui

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