RENFLEMENT STOMACAL ET ANSE DUODENALE
(rng). La dilatation stomacale est d’abord dirigée longitudinalement, de telle façon que son grand axe coïncide avec Taxe longitudinal du corps de l’embryon. Puis, l’estomac augmentant de volume et de longueur, et ne trouvant pas la place nécessaire à son accroissement, s’incurvera, si bien que son grand axe, de longitudinal qu’il était, deviendra oblique ou même transversal. Ce changement de situation, grâce auquel l’axe de l’estomac, de longitudinal qu’il était, devient à peu près transversal, se compliquera d’un mouvement de rotation de l’organe autour de son axe; par cette rotation, qui est d’environ un quart de cercle, le bord postérieur, avec l’insertion du mésogastre, se trouvera reporté à gauche, et le bord antérieur sera naturellement déplacé d’autant vers la droite. Ces déplacements, qui, comme on le conçoit, s’accompagnent de déplacements semblables du mésogastre, seront d’ailleurs examinés plus tard.
Les différentes portions de l’estomac composé des Ruminants se montrent de très bonne heure (Bonnet), sous forme de renflements de l’intestin digestif placés les uns au dessous des autres (fig. 106, A). Le renflement distal, la caillette, prend seul une position transversale et éprouve des déplacements comparables à ce qui existe et se passe pour l’estomac simple.
b. — La courbure duodénale (fig. 105, d) n’est pas autrement intéressante, si l’on n’envisage que la forme de l’intestin digestif, qu’en ce qu’elle constitue la région de passage entre le renflement stomacal et l’anse intestinale ; elle s’unit au premier par le pylore , et à la seconde par la courbure ou inflexion duodéno-jéjunale ( fd ), d’abord peu marquée, puis de plus en plus accentuée. Elle est au contraire remarquable par les organes glandulaires (foie et pancréas) auxquels elle donne naissance, et par les importants changements qu’elle éprouve ultérieurement dans ses rapports. Attachée au péritoine pariétal par un mésentère duodénal très étendu, mais longtemps ignoré, tant qu’on n’avait pas étudié de stade suffisamment jeune, la courbure duodénale est convexe en avant, et concave en arrière.
c. — L’anse intestinale (fig. 104, as et ai; 105, da et aa ) est destinée à former la plus grande partie de l’intestin digestif, savoir tout rintestin grêle (jéjunum et iléon) proprement dit, et
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN DIGESTIF
une portion du gros intestin (cæcum et côlons ascendant et transverse). Au sommet de l’anse, tourné en avant, se trouve le conduit viiellm dont l’orifice intestinal, d’abord très large, est ensuite de plus en plus rétréci. L’anse intestinale commence à la courbure duodéno-jéjunale et se termine par un coude, la courbure ou inflexion côlico- splénique (105, /s), qui la réunit à l’intestin terminal (it) ou gros intestin proprement dit. Elle se compose de deux branches, l’une descendante , à calibre d’abord plus gros puis plus grêle que celui de la seconde branche ; celle-ci ascendante , d’un diamètre d’abord inférieur, puis supérieur à celui de la branche descendante. La branche descendante, jointe au sommet de l’anse intestinale et à la portion initiale de la branche ascendante, constituera l’intestin grêle (jéjuno-iléon). Le reste, c’est-à-dire la majeure partie de la branche ascendante, formera le cæcum et les côlons ascendant et transverse. Les deux branches sont d’abord l’une supérieure, l’autre inférieure (104, B et 10, as, ai). Puis elles se déplacent l’une et l’autre de telle façon que la première prend place à droite, tandis que la seconde se trouve située à gauche. Ce déplacement est le début d’une série de modifications importantes dans les rapports des branches de l’anse de l’intestin, modifications dont il sera question plus loin. L’anse intestinale est reliée au péritoine pariétal par un mésentère, le mésentère au sens étroit du mot, commun aux branches ascendante et descendante (mesenterium commune) (105, ms). Les branches qui constituent l’anse intestinale s’allongent de plus en plus, trouvant pendant quelque temps la place nécessaire à cet allongement, sans changer leur rapport primitif, grâce à l’accroissement du dia-
Fig. 10.5. — Intestin digestif d’un embryon humain de 6 semaines (demi-schématique, d’après Toldt).
pc, petite courbure de l’estomac. — mg, mésogastre inséré à la grande courbure de l’estomac. — r, rate. — d, duodénum. — fd, courbure duodéno-jéjunale. — p, pancréas. — da, aa, branches descendante et ascendante de l’anse intestinale. — ■ coe, cæcum. — ms, artère mésentérique supérieure et mésentère commun. — fs, courbure splénique de l’intestin. — it, intestin terminal. — mi, artère mésentérique inférieure. — ao, aorte.