TYPES SPÉCIAUX DE DEVELOPPEMENT
plus souvent ils se combinent les uns avec les autres. Le recessus intermésocôlique transverse et le recessus duodéno-jéjunal postérieur seuls ne sont pas le siège de hernies connues.
4° Recessus parajèjunal ou mésentérico-pariétal. — Brœsike nomme ainsi une fosse péritonéale qui dépend de la fixation plus ou moins étendue de la partie initiale du jéjunum (et par conséquent du mésentère) sur le duodénum ascendant et sur le péritoine pariétal. Cela étant, et la ligne de soudure du mésentère commun primitif ou ligne d’insertion de la racine du mésentère étant d’autre part déviée de sa rectitude en une légère courbure à convexité supérieure, si cette portion déviée du mésentère n’est pas soudée au péritoine pariétal, il en résultera un recessus mésentéricopariétal. C’est, selon Brœsike, dans ce recessus que s’engage la « hernie parajéjunale » ou « hernie rétro-péritonéale droite » des auteurs, dont le siège exact n’était pas connu jusqu’alors.
§ 4. — Types spéciaux de développement de 1 intestin digestif. — Bien que nous n’ayons pas l’intention d’étudier ici les formations si variées que peut présenter l’intestin digestif dans toute la série des Vertébrés,
Fig. 117. — Formes du tube digestif en voie de développement chez la Truite (d’après Laguesse).
A. Alevin qui vient d’éclore (stade ÏT de Laguesse). — B, Alevin plus âgé (stade 0).
d, duodénum. — py, pylore. — e, estomac. — vn, vessie natatoire. — m, mésentère. — r, rate, — p, pancréas et canal pancréatique. — ch, canal cholédoque. — vb, vésicule biliaire. — F, foie. — ap, appendices pyloriques. — i, intestin. — si, veine sous-intestinale. — ps, veine pancréatico-splénique.
nous ne pouvons nous dispenser d’indiquer le développement de certaines productions anatomiques caractéristiques de quelques types spéciaux.
L’intestin digestif des Poissons osseux et des Sélaciens se distingue chez l’adulte par la simplicité de sa constitution et par la rectitude de son trajet, plus grandes que chez n’importe quel autre Vertébré.
Chez l’alevin ou l’embryon, ces caractères sont plus nettement exprimés encore, ainsi que l’on pourra le constater par la comparaison des deux des-
DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTIN DIGESTIF
sins A et B de la figure 117. Dans le premier, l’intestin est presque droit, et ne présente d’autre particularité que l’existence d’une légère dilatation stomacale. Dans le second, outre que la dilatation stomacale s’est accentuée, il s’est fait une double inflexion, en S, du tube digestif; la courbure proximale est le futur estomac ; la courbure distale correspond au duodénum. Le long de cette dernière se montrent des rangées de saillies, qui correspondent à autant de diverticules intestinaux, et qui sont les ébauches des appendices pyloriques.
L’intestin digestif des Sélaciens et aussi celui des Ganoïdes et des Cyclostomes a pour attribut distinctif la valvule spirale, peu saillante chez les derniers, puissamment développée chez les Sélaciens. Chez la larve de Petromyzon (l’Ammocète), la valvule spirale a pour ébauche une plaque cellulaire spéciale, la « plaque spirale » de Gôtte, qui correspond à l’endroit où existait la lumière primitive de l’intestin, actuellement effacée ou en voie de disparition. Cette plaque présente une direction spirale qui a pour cause une torsion de l’intestin par rapport à son plan médian, telle que sa face dorsale se tourne à gauche (Gôtte). La plaque spirale se développe en hauteur et devient alors le « pli spiral » de l’adulte (fig. 118). On peutdési-
al
Fig. 118. — Développement du repli spiral de l’Ammocbte ( Petromyzon fluviatilis ) (coupes demi-scliématiques de l’intestin, d’après Goette, un peu modifiées).
A, stade le moins avancé. — ip, lumière de l’intestin primitif. — id, lumière de l’intestin secondaire. — ps, plaque spirale et pli spiral. — si, veine sous-intestinale. — ai, artère intestinale. Observer le déplacement de ces diverses formations par rapport au plan médian de l’intestin, c’est-à-dire la torsion de l’intestin.
gner sous le nom de « valvule spirale » le degré le plus parfait de cette formation ; on le trouve chez les Sélaciens par exemple, s’ébauchant chez l’embryon de la même façon (Balfour) que nous venons de le voir pour les Cyclostomes, et se transformant ensuite en une crête spirale épaisse et fortement saillante dans la lumière de l’intestin, dont les tours deviennent avec l’âge de plus en plus serrés.
Nous ajouterons quelques mots sur l’intestin digestif des Oiseaux. Indépendamment de la différenciation d’un estomac succenturié et d’une dila-